Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays », arrêté le président sortant et suspendu le processus électoral, alors que le pays attendait les résultats de la présidentielle et des législatives de dimanche.
Le putsch a eu lieu à la mi-journée, après que des tirs ont été entendus près du palais présidentiel dans la capitale Bissau et que des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais, ont constaté sur place des journalistes de l’AFP.
Des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient alors fui la zone du palais présidentiel pour se mettre à l’abri tandis que des tirs nourris avaient retenti à plusieurs reprises.
En début d’après-midi, le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, assis derrière une table et entouré de militaires armés, a annoncé à la presse au siège de l’état-major, qu’un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’armée » prenait « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre », ont constaté les journalistes de l’AFP.
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, qui était donné favori à la présidentielle de dimanche, est détenu mercredi « en prison à l’état-major » par des militaires et est « bien traité », a indiqué à l’AFP un officier de l’armée.
Une autre source militaire a confirmé à l’AFP l’arrestation du président Embalo aux côtés du « chef d’état-major et du ministre de l’Intérieur ».
« Ce qui nous a poussé à le faire (le putsch, ndlr), c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre », a ajouté le général N’Canha, évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».
La Guinée-Bissau, pays très pauvre de 2,2 millions d’habitants, un peu plus grand que la Belgique, est affectée par des problèmes de corruption et est réputée pour être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.
Les renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel », a ajouté le général N’Canha.
Il a également annoncé la suspension de « tout le processus électoral », la fermeture des frontières « terrestres, aériennes et maritimes » et l’instauration d’un « couvre-feu obligatoire ».








