La Tunisie a été frappée, mardi, par des intempéries d’une rare violence qui ont fait au moins quatre morts, provoqué des inondations massives, des coupures de routes et paralysé plusieurs secteurs vitaux, dont les transports, l’éducation, la justice et les services publics. Face à l’ampleur de la crise, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu sur le terrain à Ben Arous et Nabeul pour constater la situation.
Le Président Kaïs Saïed s’est déplacé dans les zones critiques pour évaluer la crise. Il s’est rendu à Radès (Ben Arous) pour s’enquérir de la situation de l’oued Meliane et échanger avec les habitants, avant de se diriger vers Bou Argoub (gouvernorat de Nabeul), l’un des foyers les plus durement affectées par des précipitations record.
Selon l’Institut national de la météorologie (INM), certaines régions ont enregistré en 24 heures des cumuls exceptionnels : 242 mm à Sayada-Lamta-Bou Hjar, 230 mm à Monastir et plus de 200 mm à Nabeul. Ces pluies torrentielles ont déclenché des crues soudaines, submergé des quartiers entiers et coupé de nombreuses voies de communication.
En réaction, l’INM a placé mardi matin les gouvernorats du Grand Tunis, de Nabeul et de Monastir en vigilance rouge, tandis que ceux de Bizerte, Zaghouan, Sousse, Mahdia et Sfax étaient maintenus en vigilance orange.
Face à l’urgence, la présidence du gouvernement a annoncé en fin de journée la suspension des cours, mercredi 21 janvier, dans tous les établissements scolaires, universitaires et de formation des 15 gouvernorats les plus touchés, incluant l’ensemble du Grand Tunis, le Sahel et le nord-ouest du pays.
Les transports ont été gravement perturbés : la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a interrompu plusieurs lignes, notamment celles du Réseau Ferroviaire Rapide (RFR), bien qu’une reprise soit prévue dès mercredi matin. À Tunis, le métro léger et le TGM ont suspendu leur service, tout comme de nombreuses lignes de bus dans la banlieue sud.
Sur le réseau routier, la situation reste critique. L’autoroute A1 a été coupée entre les points kilométriques 33 et 34, la RN1 à Enfidha, la route régionale n°33 près de l’ambassade des États-Unis à Tunis, ainsi que de nombreux axes à Ben Arous, Nabeul et Sousse ont été rendus impraticables. Seule l’A1 a vu sa circulation partiellement rétablie en fin d’après-midi, grâce aux interventions rapides de la Société Tunisie Autoroutes.
Plusieurs services publics ont également été paralysés : les audiences judiciaires ont été reportées dans les tribunaux du Grand Tunis et de Mahdia, tandis que plusieurs représentations diplomatiques, dont celles de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Canada, de l’Égypte et le Consulat général de France, ont fermé leurs portes au public.
Mobilisés en urgence, les services de la protection civile ont mené des centaines d’interventions : évacuation de citoyens bloqués, pompage d’eau dans plus de 100 habitations, dégagement de véhicules et sécurisation des axes. À Ben Arous seulement, plus de 200 personnes ont été secourues.
Par ailleurs, le ministre des Affaires sociales a ordonné la mise en place immédiate de structures d’hébergement d’urgence et le renforcement des stocks stratégiques dans les zones sinistrées.
Ces intempéries sont liées à l’extension de la dépression méditerranéenne « Harry », un système à basse pression qui affecte actuellement le sud de l’Europe et le Maghreb. Sur la Tunisie, il génère des pluies orageuses continues, des vents violents dépassant 90 km/h et des chutes de grêle. L’INM prévoit toutefois une atténuation progressive des perturbations à partir de cet après-midi.
Les autorités appellent les citoyens à la plus grande prudence, en évitant les déplacements non essentiels, les oueds, les sous-sols et les zones inondables. Il est recommandé de suivre les consignes des autorités et de se tenir informé via les bulletins météorologiques, mis à jour deux fois par jour.
Intempéries : Vigilance rouge décrétée, le président Saïed sur le terrain
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