L’Office des céréales, importateur national de céréales en Tunisie, a conclu un appel d’offres international portant sur l’achat de 100 000 tonnes de blé tendre meunier et de 100 000 tonnes de blé dur, à livrer début 2026, selon des sources commerciales européennes et des rapports de marché.
Cet appel d’offres, lancé le 28 janvier 2026, témoigne de la poursuite des importations dans un contexte de fluctuations de l’offre et des prix intérieurs.
Pour le blé tendre meunier, le prix le plus bas a été proposé par la société de négoce Finagrit, qui a livré quatre lots de 25 000 tonnes chacun à un prix compris entre 256,16 et 256,60 dollars américains la tonne, coût et fret (C&F) inclus, vers la Tunisie. Pour le blé dur, l’offre la plus compétitive provenait d’Amber, à 323,89 USD la tonne C&F pour des volumes équivalents. Les expéditions sont prévues entre le 1er mars et le 15 avril pour le blé tendre, et entre le 20 février et le 5 avril pour le blé dur, conformément aux termes de l’appel d’offres.
Ces niveaux sont légèrement inférieurs à ceux des précédents appels d’offres à l’importation, ce qui laisse présager une légère pression à la baisse sur les prix du blé meunier pour la seconde moitié de la campagne, estime le site spécialisé Milling.
Les besoins d’importation de céréales de la Tunisie demeurent un élément clé de sa stratégie en matière de sécurité alimentaire et de secteur meunier.
Selon la note de pays du GIEWS de la FAO, la récolte de blé de 2025 a été supérieure à la moyenne, à environ 1,7 million de tonnes, réduisant ainsi la dépendance aux importations sans toutefois l’éliminer.
Les besoins totaux d’importation de blé pour la campagne de commercialisation 2025/26 sont estimés à environ 2 millions de tonnes, soit environ 4 % de moins que la moyenne récente en raison de l’abondance de la récolte nationale.
La réglementation gouvernementale des importations de blé et les politiques de prix subventionnés visent à stabiliser les marchés locaux de la farine, malgré la persistance de la volatilité des prix mondiaux. Les statistiques agricoles tunisiennes pour 2025 montrent également une baisse des volumes d’importation de céréales, malgré un ralentissement des exportations dans d’autres catégories de produits alimentaires, reflétant des tendances structurelles de consommation et de production.
Le blé, dur et meunier, moins cher
À noter que les prix à l’importation du blé dur et du blé meunier ont diminué respectivement d’environ 18,5 % et 3,5 % sur un an, tandis que les prix de l’orge et des autres céréales ont connu des fluctuations contrastées.
La décision de couvrir les besoins en blé tendre et en blé dur par le biais d’appels d’offres internationaux souligne le rôle de l’ODC dans la gestion de l’approvisionnement aux moments critiques.
Le blé tendre meunier alimente les minoteries locales qui fournissent les boulangeries artisanales et industrielles, tandis que le blé dur est essentiel à la production de pâtes et de couscous, aliments de base de l’alimentation nord-africaine.
Forte dépendance vis-à-vis de la Russie et de la France
Il est notoire que la Tunisie importe une part significative de ses besoins en céréales (blé tendre, blé dur, orge), la valeur des importations ayant baissé de 16,5 % pour atteindre 3054,1 MD, sous l’effet de la baisse des cours mondiaux. Le blé domine les achats, avec une forte dépendance notamment de la Russie et de la France.
À fin novembre 2024, les importations de céréales représentent 48,2 % du total des importations alimentaires, contre 53,5 % l’année précédente, sachant que le blé dur et le blé tendre (pour le pain) sont les principales denrées importées, avec une baisse des prix à l’importation variant entre 15 % et 23 % en 2024.
La Tunisie est fortement dépendante des importations, avec des taux atteignant parfois plus de 85 % pour le blé tendre, la production locale étant très soumise aux aléas climatiques.
La Russie est devenue un fournisseur majeur, représentant près de 50 % des importations céréalières, suivie par d’autres partenaires comme la France.








