AccueilMondeLa réforme de la politique migratoire européenne est entrée en vigueur 

La réforme de la politique migratoire européenne est entrée en vigueur 

Une grande réforme de la politique migratoire européenne est entrée en vigueur vendredi. Deux ans après avoir été adoptée, elle entend modifier en profondeur la gestion des demandes d’asile dans l’UE.

« Nous disposons pour la première fois d’un vrai système européen, et c’était nécessaire », a souligné le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner.

Ainsi, à partir du 12 juin, l’UE met en place une nouvelle procédure de « filtrage » des migrants arrivant aux frontières extérieures de l’UE. Les empreintes digitales, la photo et les documents d’identité des demandeurs d’asile et des migrants seront enregistrés dans une base de données, qui n’est pas encore complètement opérationnelle.

Ces personnes seront sujettes à des contrôles d’identification et de sécurité, qui peuvent durer jusqu’à sept jours. Ensuite de quoi elles seront orientées vers une procédure d’asile — classique ou accélérée — ou renvoyées dans leur pays d’origine ou de transit.

Certaines demandes d’asile pourront être traitées directement à la frontière, dès lors qu’elles seront considérées comme peu susceptible d’aboutir. Cela concernera notamment les ressortissants de pays à qui l’UE accorde rarement le statut de réfugié, comme le Maroc, la Tunisie ou le Bangladesh. Ou les personnes faisant « courir un risque à la sécurité ».

Les examens des demandes d’asile à la frontière peuvent durer jusqu’à douze semaines. Pour les autres demandeurs d’asile, la procédure classique continuera de s’appliquer.

L’idée derrière cette réforme est « de répondre à la prise de conscience résultant de la crise migratoire de 2015-2016, avec de fortes tensions entre Etats membres sur qui doit être responsable de qui », explique Camille Le Coz, du centre de réflexion Migration Policy Institute Europe.

Le nouveau système réforme donc aussi comment les demandeurs d’asile sont répartis entre pays de l’UE.

Afin de soulager les pays se situant le long des routes migratoires, comme la Grèce ou l’Italie, les autres Etats membres devront désormais s’engager chaque année à relocaliser un certain nombre de demandeurs d’asile sur leur sol. Ou, à défaut, à verser une contribution financière de 20.000 euros par demandeur d’asile aux pays sous pression.

Un minimum de 30.000 relocalisations sont exigées chaque année.

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