L’économiste Ridha Chkoundali a mis en garde contre la trajectoire dangereuse que suit l’économie tunisienne. Il a affirmé que le pays est entré depuis plusieurs années dans un modèle financier non soutenable, fondé sur l’endettement et la pression fiscale plutôt que sur la création de richesse et l’investissement, faisant de l’année 2026 une étape décisive susceptible de révéler les limites de ce modèle économique.
Il a expliqué, au micro d’Expresso,lundi 23 février 2026, que le débat actuel sur la situation économique en Tunisie soulève plusieurs problématiques majeures qui méritent une attention particulière, notamment la question de l’endettement, du déficit budgétaire de l’État et de l’inflation.
Il a indiqué que le produit intérieur brut (PIB) est passé d’environ 63 milliards de dinars en 2010 à plus de 170 milliards de dinars en 2025. Toutefois, cette évolution ne reflète pas une réelle amélioration de la création de richesse, mais s’explique en grande partie par l’inflation. Il a précisé que le taux d’inflation est passé d’environ 3 % en 2010 à plus de 7 % ces dernières années, tandis que la croissance économique réelle est restée faible, autour de 1 à 2 %, ce qui met en évidence un écart profond entre les chiffres nominaux et la réalité économique effective.
Chkoundali a également souligné que le budget de l’État a augmenté à un rythme plus rapide que celui de la croissance économique, passant de 16 milliards de dinars en 2010 à plus de 76 milliards de dinars en 2025, pour atteindre environ 44 % du PIB, contre seulement 26 % en 2010.








