L’Institut national de la consommation (INC) envisage d’organiser, les 10 et 17 juin 2026, deux ateliers de travail, dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, devenu un véritable fléau aux conséquences multiples en Tunisie.
Après un premier atelier, tenu le 3 juin et consacré à la finalisation du diagnostic et à l’identification des priorités stratégiques, les deux prochains ateliers, porteront sur la définition des piliers fondamentaux de la stratégie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ils viseront à formuler les thèmes clés et les mécanismes opérationnels retenus, à élaborer un plan de mise en œuvre ainsi qu’à mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation de son exécution.
« Le gaspillage alimentaire constitue un véritable fléau aux conséquences multiples et représente un défi économique, environnemental et social majeur pour le pays », a déclaré à l’agence TAP, le directeur général de l’INC, Mohamed Chokri Rejeb.
Des millions de tonnes d’aliments encore consommables sont perdues ou jetées chaque année tout au long de la chaîne alimentaire, depuis la production agricole jusqu’à la consommation des ménages, a développé le responsable.
Il a affirmé que ce phénomène engendre des pertes considérables pour l’économie nationale et exerce une pression croissante sur les ressources naturelles du pays.
« La production d’aliments gaspillés, qui n’atteignent jamais les consommateurs, entraîne un gaspillage inutile des terres, de l’eau et de l’énergie, tout en contribuant à des émissions évitables de gaz à effet de serre », a-t-il ajouté.
Lancée en février 2025 sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec l’Institut national de la consommation (INC) et la FAO, la stratégie nationale de réduction du gaspillage alimentaire vise à mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, renforcer la sensibilisation des consommateurs, mettre en place un cadre réglementaire adapté et élaborer un plan d’action national assorti d’un mécanisme de suivi et d’évaluation.
Elle ambitionne également de promouvoir des changements durables des comportements de consommation afin de réduire les pertes alimentaires et leur impact économique, social et environnemental.
La réunion de lancement de cette stratégie s’est tenue le 28 octobre 2025 en présence des membres du comité de pilotage, composé de représentants des ministères, des organismes administratifs et des organisations de la société civile engagées dans la réduction du gaspillage alimentaire.
La deuxième réunion du comité de pilotage s’est déroulée le 13 mai 2026. Elle a été consacrée à l’examen du rapport initial sur le diagnostic du gaspillage alimentaire en Tunisie, au recueil des observations et recommandations des différentes parties prenantes, à l’approbation des orientations générales ainsi qu’à la discussion des prochaines étapes, notamment l’organisation des ateliers stratégiques.
Selon les statistiques de l’INC publiées en mai 2024, 5 % des dépenses mensuelles des ménages sont consacrées au gaspillage alimentaire. La valeur du gaspillage alimentaire en Tunisie est estimée à 570 millions de dinars par an.
Selon la directrice de l’INC, Darine Doggui, qui s’exprimait à l’occasion d’une conférence sur « Sécurité alimentaire face au changement climatique », un ménage tunisien moyen gaspille 42 kilogrammes de pain par an, soit une valeur estimée à près de 300 000 dinars par jour et à 100 millions de dinars par an.
Ces mêmes ménages gaspillent également 6,5 % des légumes qu’ils achètent, 10 % de leurs céréales et pâtes, ainsi que 16 % de leur pain.
Le gaspillage alimentaire des familles durant le mois de Ramadan concerne notamment les plats cuisinés, dont 66,6 % sont jetés, le pain (46 %), les sucreries (20 %) et les fruits (30 %), d’après la même source.
Gaspillage alimentaire : la Tunisie affine sa stratégie
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