Le député de la région de Sfax à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Chokri Bahri, a souligné que les délégations de l’axe sud du gouvernorat de Sfax, notamment Agareb, El Mahres, Skhira, Bir Ali Ben Khalifa et Ghraïba, continuent de souffrir de pénuries récurrentes d’eau potable, malgré l’existence de plusieurs projets en cours, dont celui de la station de dessalement de Gargour.
Lors de son intervention dans le cadre de la programmation spéciale consacrée à la région de Sfax et diffusée, ce mercredi 10 juin 2026, par Express FM, Chokri Bahri a expliqué que le projet de réhabilitation du réseau d’alimentation en eau d’Agareb, dont le taux d’avancement atteint 60 % pour un coût d’environ 18 millions de dinars, constitue l’un des principaux chantiers destinés à améliorer l’approvisionnement en eau. Il a également évoqué deux autres projets majeurs portant sur la rénovation des anciens réseaux gérés auparavant par des associations hydrauliques et leur transfert à la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), avec une finalisation des travaux prévue dans les prochains mois.
Le député a ajouté que le projet visant à alimenter certaines zones en eau dessalée provenant de la station de Gargour devrait entrer en service prochainement. Selon lui, ces initiatives constituent des solutions partielles mais indispensables pour faire face à la crise actuelle. Il a toutefois estimé que Sfax, comme l’ensemble de la Tunisie, souffre d’un problème structurel de gouvernance du secteur de l’eau, lié à la coexistence des associations hydrauliques dans les zones rurales et de l’opérateur national dans les zones urbaines. Il a ainsi appelé à une réforme globale passant par l’adoption d’un nouveau Code des eaux et l’unification du cadre législatif régissant le secteur.
Bahri a également affirmé que les défis actuels imposent une réflexion stratégique portant notamment sur la valorisation des eaux usées traitées, une meilleure régulation de l’exploitation des ressources souterraines et la lutte contre le forage anarchique des puits agricoles, souvent réalisé en dehors du cadre légal. Cette situation crée, selon lui, des difficultés pour les agriculteurs, partagés entre les exigences de production et la complexité des procédures administratives.








