Les prévisions concernant le marché pharmaceutique tunisien sont à la hausse d’ici 2035, portées par l’expansion de la production locale et le fardeau des maladies chroniques. Selon le dernier rapport d’IndexBox sur le marché pharmaceutique tunisien , ce dernier aborde l’année 2026 avec des fondamentaux de demande plus solides, un comportement d’approvisionnement plus rigoureux et une architecture d’approvisionnement plus diversifiée au niveau régional. Le marché pharmaceutique tunisien occupe une position stratégique, au carrefour d’une demande intérieure croissante en matière de soins de santé et d’un pôle d’exportation régional pour l’Afrique et le Moyen-Orient.
En 2026, ce marché se caractérise par une structure duale : un secteur public dominant, géré par la Pharmacie centrale, qui s’approvisionne par appels d’offres et applique un contrôle des prix, et un segment privé dynamique, alimenté par les dépenses directes des patients et l’extension de la couverture d’assurance maladie. La production locale de médicaments génériques est robuste, mais le secteur reste fortement dépendant des importations de principes actifs pharmaceutiques (API), ce qui engendre des fragilités au niveau de la chaîne d’approvisionnement. Les pressions démographiques – notamment le vieillissement de la population et la prévalence croissante de maladies non transmissibles telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer – alimentent une croissance soutenue de la demande.
La politique industrielle du gouvernement vise à stimuler la production locale, à réduire la dépendance aux importations et à attirer les investissements étrangers pour les produits biologiques et les vaccins à forte valeur ajoutée. Sur la période 2026-2035, le marché devrait croître à un rythme modéré mais régulier, soutenu par la modernisation de la réglementation, les dépenses de santé publique et la diversification des exportations. Cette analyse offre une vision fondée sur les données de la taille du marché, de sa segmentation, de la dynamique concurrentielle et des principales tendances, essentielle pour les fabricants, les distributeurs, les investisseurs et les décideurs politiques qui évoluent dans ce paysage en constante évolution.
Une modernisation industrielle progressive
Le scénario de référence pour le marché pharmaceutique tunisien de 2026 à 2035 prévoit une croissance soutenue, portée par une demande structurelle croissante et une modernisation industrielle progressive. Le marché devrait progresser à un taux de croissance annuel composé (TCAC) d’environ 4,2 % sur la période de prévision, l’indice atteignant 145 en 2035 (2025 = 100). Cette croissance est alimentée par l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques, l’essor d’une classe moyenne bénéficiant d’un meilleur accès aux soins de santé privés et les initiatives gouvernementales visant à renforcer la production pharmaceutique locale. Le secteur public continuera de dominer le volume grâce à des achats centralisés, mais le segment privé devrait croître plus rapidement, porté par la demande de médicaments génériques de marque et de nouvelles thérapies.
La dépendance aux importations de principes actifs pharmaceutiques (API) et de produits biologiques à forte valeur ajoutée persistera, malgré une augmentation prévue de la production locale de génériques et de vaccins. L’harmonisation de la réglementation avec les normes internationales et d’éventuels accords de libre-échange pourraient stimuler davantage les exportations. Les risques pesant sur ces perspectives incluent la volatilité des devises, les contraintes budgétaires pesant sur les dépenses de santé publique et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Globalement, le marché offre des perspectives de croissance stables aux acteurs axés sur les génériques, les thérapies contre les maladies chroniques et les partenariats stratégiques avec les fabricants locaux.
L’Europe, principal partenaire
Le partenariat avec les laboratoires et industriels étrangers est la pierre angulaire du secteur pharmaceutique en Tunisie.
Sachons à cet égard que la région Asie-Pacifique, menée par l’Inde et la Chine, fournit une part importante de principes actifs pharmaceutiques (API) et certains médicaments génériques finis à la Tunisie. Son rôle devrait s’accroître, les fabricants locaux recherchant des intrants compétitifs. Toutefois, les importations de médicaments finis sont confrontées à la concurrence de la production locale.
L’Amérique du Nord, principalement les États-Unis, fournit des produits biologiques innovants, des vaccins et des médicaments de spécialité. Les importations sont tirées par la demande du secteur privé pour les traitements de marque. La croissance est modérée, les biosimilaires et la production locale remplaçant progressivement une partie des importations.
Mais c’est l’Europe qui est le principal partenaire commercial, fournissant des médicaments finis, des principes actifs pharmaceutiques (API) et des technologies médicales, et constitue également un marché d’exportation clé pour les génériques tunisiens. Les échanges commerciaux sont favorisés par la proximité géographique, l’harmonisation des réglementations et les partenariats. La croissance est régulière, mais se heurte à la concurrence des fournisseurs asiatiques.
Enfin, le Moyen-Orient et l’Afrique constituent la principale destination des exportations tunisiennes de médicaments génériques et de produits finis, grâce aux accords commerciaux et à la demande régionale. Les importations en provenance de cette région sont limitées. La croissance est forte, la Tunisie se positionnant comme un pôle pharmaceutique régional.








