A l’instar de tous les pays du monde, la Tunisie a célébré, ce 1er mai, la Fête du travail. A cette occasion, le président de la République provisoire, Moncef Marzouki, a présidé, dans l’après-midi, à l’hôtel de ville de Tunis, une cérémonie officielle pour honorer nombre de travailleurs et d’entreprises en leur remettant soit le prix du travailleur exemplaire, soit le prix du progrès social, et ce en présence du président de l’Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar et du chef du gouvernement, Mehdi Jomaâ.
Celui-ci, a affirmé, dans une allocution, que la difficile situation économique et financière dicte la mise en place d’un ensemble de réformes et la formation d’un consensus national pour remédier à toutes les lacunes, restaurer la confiance dans l’avenir et édifier une société solidaire à l’enseigne de la justice sociale, de la liberté et de l’égalité , affirmant que « les temps sont venus de compter tous, gouvernement, organisations, partis politiques et société civile, sur nos propres capacités et énergies, pour concentrer nos efforts sur la lutte contre toutes les formes de contrebande, de spéculation, d’évasion fiscale et de corruption financière, ainsi que pour imaginer de nouvelles approches destiner à porter assistance aux couches défavorisées, lesquelles figurent en tête de nos préoccupations ».
Il a, en outre, exhorté tous les partenaires sociaux à améliorer le climat social et mettre en place un environnement propice à l’impulsion de l’investissement , notant que la mise en œuvre du contrat social signé, le 14 janvier 2014, doit être le cadre de la consolidation des acquis sociaux à travers la mise en place et l’activation du Conseil national du dialogue social en tant qu’espace de concertation sur toutes les questions d’ordre social et économique notamment l’emploi.
Pour sa part, Moncef Marzouki, a déclaré que « La Tunisie est appelée à procéder à une révision globale des lois contraignantes pour les investisseurs et à moderniser l’administration tunisienne », exhortant l’Etat à assumer son rôle en soutenant particulièrement le pouvoir d’achat des classes démunies, des travailleurs intellectuels et manuels et à créer les conditions favorables à la production pour trouver des solutions au problème du chômage.
La fête du travail a été également marquée par des marches organisées à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, à l’initiative de plusieurs partis politiques, organisations syndicales et associations, au cours desquelles des slogans appelant au respect du droit au travail et à la consécration de la dignité et de la justice sociale ont été clamés.
Des marches indépendantes ont été aussi organisées par le front national tunisien, le parti national démocratique des travailleurs, le parti du militantisme progressiste, l’Union générale tunisienne du travail, le parti du travail tunisien, la ligue tunisienne des travailleurs et l’association « Manamati ».
Les participants à ces manifestations ont appelé à la protection des droits des salariés et à l’annulation de la levée de la compensation, se déclarant contre la politique d’austérité et d’endettement.
Les manifestants ont scandé des slogans hostiles aux mouvements Ennahdha et Nidaa Tounes, dénonçant la politique d’exclusion et la marginalisation.
Les participants à la marche de l’UGTT ont souligné leur attachement aux objectifs de la révolution et à la poursuite du militantisme pour la liberté, la dignité et la justice sociale, alors que les composantes du front populaire ont dénoncé la normalisation avec l’entité sioniste et ont brûlé le drapeau israélien.
Les participants à la marche organisée par l’association « Manamati », dont la plupart sont de peau noire, ont revendiqué leur droit au travail.
Un fort dispositif sécuritaire a été déployé, à cette occasion, tout au long de l’avenue Habib Bourguiba fermée à la circulation.
Certains journalistes ont été agressés au cours de ces manifestations, notamment celles organisées par le front populaire et l’UGTT.
Des membres des comités d’organisations relevant de l’UGTT ont maltraité quelques journalistes et les ont empêchés de prendre des déclarations aux responsables syndicaux.
Une enquête a été ouverte par le Parquet à l’effet de mener des investigations sur les circonstances de ces agressions dont ont été victimes les journalistes.








