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Nouvelles mesures contre les Tunisiens voyageant en Algérie, est-ce une réponse à la taxe imposée par la Tunisie ?

Les autorités douanières algériennes viennent d’adresser à tous les postes-frontières algériens avec la Tunisie des instructions portant institution de nouvelles conditions de change pour les ressortissants tunisiens voyageant en Algérie aux fins de shopping et d’achats de biens et marchandises.

Il y est enjoint aux Tunisiens de procéder au transfert des devises étrangères auprès des banques algériennes et d’en présenter les attestations aux services douaniers, lors de la sortie du territoire national sous peine de saisie des marchandises, rapporte le quotidien algérien Achourouk. Le quotidien algérien précise que cette mesure est de nature à empêcher aux Tunisiens d’utiliser le dinar tunisien dans les marchés de change anarchiques dans les zones frontalières.

Cette mesure a été décidée, selon les autorités algériennes, suite au constat qu’un grand nombre des Tunisiens qui fréquentent les marchés de ce pays pour faire du shoping et acheter les biens et les divers équipements électroniques principalement dans les régions frontalières à l’instar de Tebssa, Souk Ahrass, ou encore Al Wedi, sans passer par les circuits officiels de change. Dans ces villes les Tunisiens utilisent la différence entre les devises algérienne et tunisienne, dans le marché parallèle, estimée à 6500 dinars algériens pour chaque 100 dinars tunisiens.

Cette nouvelle instruction, paraît logique du coté algérien, car elle s’inscrit dans la lutte contre le marché parallèle de la devise et garantit l’entrée de devises étrangères aux banques algériennes. En fait, disent les experts, le dinar algérien a besoin d’être protégé de la détérioration surtout que la dernière note de conjoncture de la Banque d’Algérie (BA) indique que le cours moyen du dinar algérien par rapport au dollar américain, sur le marché officiel des changes, s’est ouvert au début de ce mois de mars à 96 DA pour un dollar. Et ce taux de change est l’aboutissement d’un cycle de dépréciation de plus en plus prononcé vis-à-vis du dollar, constaté depuis le début de l’année, qui a vu la monnaie algérienne entamer une perte de 22% par rapport au billet vert.

Cette dépréciation du dinar algérien découle naturellement de la chute drastique des prix du pétrole et de la fragilisation des équilibres macroéconomiques qui s’en suit.

Fayçal Derbel, expert comptable membre de l’Ordre des experts et récemment élu président de l’institut tunisien des experts comptables, nous a indiqué que cette mesure va certainement susciter la colère des Tunisiens, lesquels fréquentent très souvent cette destination pour acquérir leurs propres biens et marchandises.

Il a fait remarquer, en revanche, qu’on ne peut pas reprocher à l’Algérie de mettre en place de telles mesures pour protéger sa devise et son économie, soulignant que cette décision n’a aucun rapport avec la décision de la Tunisie d’imposer une taxe douanière d’une valeur de 30 DT (environ 13 euros) sur les touristes Algériens de retour de ce pays. D’ailleurs, cette mesure a été supprimée depuis une période sur tous les touristes du Maghreb Arabe dont l’Algérie, le Maroc,la Libye et la Mauritanie et l’ARP vient de promulguer une loi dans ce sens..

Khadija Taboubi

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