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Tunis : Comment remédier aux grands maux du pays?

La dernière sortie de la Tunisie sur les marchés financiers internationaux pour un emprunt obligataire de 1 milliard de dollars a suscité une grande polémique dans le pays. Au moment où quelques experts ont apprécié l’opération, y voyant une initiative de la part du gouvernement sortant pour élargir la marge de manœuvre de son successeur, d’autres experts économiques et acteurs politiques ont tiré la sonnette d’alarme, mettant en avant ce qu’ils appellent l’illégitimité de cette sortie qui a outrepassé le pouvoir législatif et n’a pas tenu compte d’une éventuelle révision du modèle de développement et des priorités de la nouvelle équipe ministérielle. Ces experts qui accusent à la fois Mehdi Jomaâ, le gouverneur de la Banque centrale Chedly Ayari et le ministre des Finances sortant Hakim Ben Hammouda de dépasser le pouvoir législatif avec cette sortie sur le marché international, suggèrent que le gouvernement de Jomaâ aurait dû se limiter à 706 millions de dinars tels qu’approuvés par l’Assemblée nationale constituante (ANC). En revanche, le milliard de dollars ramené avec un taux d’intérêt très élevé de l’ordre de 6%, touche la crédibilité de l’Etat.

Ces experts reprochent à Mehdi Jomaa d’avoir suivi la même politique que celle entreprise par la Troïka, à savoir d’Ali Laârayedh et Hammadi Jebali et de ne pas prendre des mesures courageuses et urgentes, en matière de réformes économiques, ce qui, selon eux, a pénalisé davantage l’économie nationale et alourdi les déficits , qui ne peuvent être résorbés , sans le recours à l’endettement.

Opposant intérêts des Tunisiens et ceux du pouvoir en place, ces mêmes experts affirment que Mehdi Jomaâ a en fait servi les intérêts du pouvoir au détriment de ceux des Tunisiens. Ils rappellent que plusieurs dossiers de corruption, d’emprunts et de marchés publics n’ont pas été dévoilés lors de la période de Mehdi Jomaâ et demeurent jusqu’aujourd’hui, dans le flou. Ils forment, toutefois, l’espoir de voir le gouvernement Habib Essid adopter une démarche différente et éviter de tomber dans les mêmes erreurs.

Abordant le dossier de l’énergie, ces experts insistent sur le fait qu’il s’agit de la même politique déjà en œuvre du temps de Ben Ali. Ils soulignent que ces choix n’ont jamais été révisés.

Le dossier du terrorisme qui a des interférences dans tous les autres dossiers, a toujours été, depuis la Révolution, le point faible de tous les gouvernements. Tous ont promis de l’extirper sans jamais faire le moindre pas pour en réduire la portée. Mais, que Habib va-t-il réussir où les autres ont échoué, et quels sont ses atouts pour y parvenir ?

Le modèle de développement, capable de résoudre les problèmes économiques et de faire sortir le pays de la crise, est l’éternel absent du débat national, des programmes des partis et des suggestions des organisations sociales. Les termes avec lesquels il est abordé sont vagues et ne font que prouver que la réflexion qui s’y rapporte est plate et même médiocre. Les uns parlent de la réforme de la fiscalité pour élargir le nombre des contribuables et réduire l’évasion fiscale, les autres évoquent comme seul élément de ce schéma le maintien de la caisse de compensation comme mécanisme de préservation du pouvoir d’achat.

Evoquant le dossier des ressources naturelles de la Tunisie en pétrole ou en phosphates, les experts dénoncent l’absence d’une étude qui donne une idée précise sur le potentiel national en ressources naturelles.

Le marché parallèle représente 53% du PIB du pays, et pénalise grandement l’économie nationale, mais rien n’a été fait pour le circonscrire et peut-être assécher ses sources.

Kh.T

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