AccueilLa UNETunis : Un marché financier modeste avec une contribution dérisoire dans...

Tunis : Un marché financier modeste avec une contribution dérisoire dans l’économie

Pour son 20ème anniversaire, le conseil du marché financier (CMF) a mis les petits plats dans les grands. Un événement marqué par la présence du gotha financier du pays à l’instar du gouverneur de la BCT, Chedly Ayari, du ministre de l’Economie et des Finances, Hakim Ben Hammouda ainsi que plusieurs acteurs économiques et représentants de la Bourse et du CMF. C’était à l’occasion du colloque organisé, ce jeudi, 24 décembre 2014, à Gammarth sur le thème : « Le marché financier au service de l’économie »où il a été question de la contribution et de la place du marché financier dans le développement économique du pays.

Ouvrant les travaux de ces assises, le ministre de l’Economie et des Finances Hakim Ben Hammouda a souligné la nécessité de poursuivre les réformes pour accroître l’attractivité du marché financier tunisien et consolider son rôle en tant que levier de l’investissement au vu du contexte économique national mais également international.

Ceci passe nécessairement, selon lui, par la réalisation d’un saut qualitatif sur la voie de la modernisation en dotant la place financière tunisienne des outils qui l’habiliteront à ambitionner légitimement d’être à terme « une place financière régionale ».

Il a, en outre, précisé, qu’au vu l’importance du rôle du secteur financier dans le financement des entreprises nationales et dans l’accélération de la dynamique de croissance, ce secteur a constamment été au centre de l’intérêt des pouvoirs publics tunisiens, à la lumière duquel plusieurs réformes ont été adoptées, et ce depuis la promulgation de la fameuse loi n 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier.

Ben Hammouda a, toutefois, souligné que nonobstant les avancées considérables réalisées au cours des vingt dernières années dans ce domaine, l’objectif fixé n’est pas encore entièrement atteint comme en témoigne la faiblesse du taux de financement de l’investissement privé via le marché boursier.

Il demeure, par ailleurs, selon lui, indéniable que la reprise économique et la réalisation d’une croissance forte et durable ne peuvent s’appuyer exclusivement sur l’endettement bancaire, soulignant que la croissance devrait avant tout se nourrir des réformes structurelles et d’une capacité d’autofinancement renforcée des entreprises notamment via le recours au marché financier.

De son côté, le gouverneur de la BCT a réaffirmé le rôle que joue le marché financier en matière de mobilisation de l’épargne longue que toute économie évoluée devrait encourager afin de promouvoir un financement sain et durable, précisant que l’enrichissement du paysage financier à travers des sources alternatives et complémentaires au financement bancaire s’avère également une nécessité.

Il a appelé, à ce propos, à mettre en place une infrastructure fiable et adéquate et un cadre réglementaire approprié et continuellement enrichi tout en garantissant une protection optimale des épargnants, rappelant que l’assouplissement de l’accès au financement et l’encouragement des introductions en bourse comptent également parmi les acquis visant à développer la marché financier, notamment à travers la création du marché alternatif permettant la cotation des entreprises à des conditions assouplies.

D’autres projets des réformes sont, selon lui, à un stade assez avancé dont on peut citer notamment une refonte profonde de la réglementation relative à l’activité bancaire et du cadre légal de la BCT ou encore le projet de convention de coopération pour la stabilité financière à conclure entre les différentes autorités de régulation du secteur financier visant à faciliter la coopération entre les différentes autorités de régulation financière en matière d’échange d’informations et de contrôle.

En dépit des efforts déployés, la part du marché financier dans le financement de l’économie demeure modeste en comparaison avec le financement bancaire.

En effet, le nombre des sociétés cotées en bourse atteint actuellement 76 contre 57 en 2011. De même, la part des investisseurs étrangers dans la capitalisation boursière est passée de 22% à fin 2013 à 23,9% à fin novembre 2014 avec un solde net positif de 116MDTsur les 11 premiers mois de 2014.

Quant à lui, le président du CMF a déclaré que le CMF veille à concrétiser sa mission de régulation, à garantir le respect des règles de fonctionnement du marché et à sanctionner tout manquement à la législation et aux règlements en vigueur.

Depuis sa création, le conseil du CMF a effectué 424 enquêtes dont 344 ont été déclenchées suite à des plaintes et des dénonciations externes au CMF, dont 80 enquêtes ayant pour origine les alertes fournies par les structures techniques du CMF dans le cadre de leur mission de supervision.

Khadija Taboubi

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -