MMM, pour les journalistes, «Zouki» pour ceux qui ne l’aiment pas, Mohamed Moncef Ben Ahmed Bedoui-Marzouki (de son vrai et long nom selon Wikipedia), est le septuagénaire qui «n’a pas su être président» comme disait de lui dans son livre le journaliste Nizar Bahloul qui perd ainsi sa «tête de turc».
Nommé chef de l’Etat par la Troïka d’Ennahdha qui avait gouverné la Tunisie après les élections d’octobre 2011, il a essayé trois années durant d’être le Président qu’il n’était pas, sans jamais vouloir en prendre conscience et l’admettre, répétant à volonté son refrain favori du «je ne démissionnerai pas, je ne démissionnerai pas, je ne démissionnerai pas».
L’homme, bien qu’ayant toujours traîné un passé de défenseur des droit de l’homme, n’a pas toujours su défendre les bonnes causes d’un pays en période de transition et qui avait besoin, pour en sortir, de beaucoup de cohésion entre Assemblée, gouvernement et présidence de la République qui ont donné toujours la nette impression de se disputer le pouvoir et non de gérer un pays.
L’exception, peut-être, aura été le gouvernement de Mehdi Jomaa, même si les relations entre les deux têtes de l’exécutif n’a toujours pas été sans accrocs. Plus tard, peut-être aussi, la population connaitra un jour les colères noires de Moncef Marzouki à la nomination de tel ou tel ministre. Le public a déjà vu toutes les difficultés que trouve déjà le gouvernement de M. Jomaa à faire passer la loi des finances 2015, face au refus du président de signer ce document dans les délais légaux prescrits.
L’homme a toujours montré une capacité à toute épreuve de se cramponner au fauteuil de Carthage et a toujours refusé de le quitter, malgré toutes ses promesses répétées de le faire. Il faut le dire, pourtant, le candidat Marzouki a fait une seconde campagne, meilleure que celle du premier tour des présidentielles, jusqu’à finir par croire qu’il remportera le scrutin. Les résultats de sortie des urnes, présentés par les différents sondeurs d’opinion, l’ont démenti. Il s’accroche, encore une fois pourtant et il n’aurait pas tort, selon ses lieutenants, notamment Adnène Mancer, Tarak Kahlaoui et même le trublion Imed Dghij.
Ce qui est maintenant attendu, de la part de Moncef Marzouki, c’est qu’il fasse preuve d’esprit de malice et de chicane. Il devra, ainsi, épuiser ses dernières énergies en mobilisant, déjà, ses troupes dans l’attente des résultats définitifs. D’aucuns diront qu’importe l’écart entre les deux candidats si l’on sait dès maintenant qu’il y a un gagnant. Ils se tromperont, car BCE n’aurait pas obtenu ce qu’on pourrait appeler une majorité écrasante qui pulvériserait tout espoir de son concurrent de rester dans la course.
Si l’écart entre lui et son concurrent Béji Caïed Essebssi se rétrécit à quelques points seulement, cela constituera le plus grand stimulant pour Moncef Marzouki pour introduire le plus de recours possibles contre les résultats du second tour. Adnane Mancer , comme Tarak Kahlaoui, y ont clairement fait allusion dimanche soir sur le plateau de la Wataniya. Ils fonderont tous leurs espoirs sur les recours auprès du tribunal administratif qui, s’ils étaient acceptés, leurs donneraient raison, ce qui ouvrirait la voie à la contestation des résultats préliminaires dans plus d’une circonscription et changer ainsi en sa faveur le résultat définitif du second tour.
Ces recours seront, de plus, formés à la dernière heure du dernier jour des délais fixés par la loi électorale pour faire durer le suspens. Il ne quittera pas le Palais de Carthage avant d’avoir aussi fait appel des premières décisions du tribunal administratif, si elles venaient à être jugées irrecevables. Il n’est pas exclu que le directeur de campagne du candidat MMM, peut-être accompagné de l’avocat de la même campagne, tienne ce lundi une conférence de presse pour faire étalage de tous les dépassements et tous les «délits électoraux» qu’ils auront compilés dans de volumineux dossiers.
Interrogé sur la Wataniya TV, l’actuel chef de gouvernement a estimé qu’il ne quittera pas La Kasbah avant le mois de février prochain. Il n’avait pas tort. Mauvais perdant, Marzouki ne quittera pas Carthage avant d’avoir usé de tous les moyens qui pourraient alimenter ses espoirs de rester Président. Les mauvaises langues diront qu’il ne quittera pas avant de se donner le temps de faire le ménage, dans les archives de la Présidence notamment. Tout cela ne sera que du temps perdu pour l’économie du pays et de l’énergie gaspillée alors que tout un pays attend de tourner définitivement la page de la transition.
Khaled Boumiza








