Non, ce n’est pas encore la fin de la tomate destinée à la transformation en Tunisie. Dans ce climat tendu et après trois augmentations en 18 mois, le prix de la boîte de conserve de tomate d’un kilogramme pourrait subir encore une fois une nouvelle hausse importante en 2015, selon le trésorier de l’UTAP (Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche) et président-adjoint du conseil d’administration du Groupe des industries agroalimentaires, Quraich Belghith.
Sur Mosaïque fm, il a précisé que les négociations sont en cours entre les parties concernées, soulignant que les producteurs réclament une augmentation du prix de vente du kg de tomates de 130 à 150-160 millimes, relayé en cela par le président de l’UTAP, Abdelmajid Ezzar, qui a averti que le prix de la boîte de conserve de tomate pourrait atteindre 3500 millimes.
Une perspective qui se précise alors que l’UTAP appelle à boycotter la culture de ce fruit (c’en est un et non un légume comme couramment appelé), en raison de la faiblesse du prix référentiel proposé. Il n’en demeure pas moins que le dialogue n’est pas rompu.
D’ailleurs, en fait d’appels au boycott, il y a lieu de relever celui lancé par l’Organisation de Défense du Consommateur (ODC) qui a exhorté les Tunisiens à ne plus acheter la tomate en conserve dont le prix a déjà augmenté à trois reprises rien que cette année.
Pour l’heure, des négociations se poursuivent donc entre toutes les parties prenantes pour parvenir à des solutions concernant le prix de ce produit essentiel dans la cuisine tunisienne.
Du côté du Syndicat National des agriculteurs, aucune négociation n’est confirmée pour l’instant. Leïth Ben Becher, président du Syndicat des Agriculteurs de Tunisie a appelé tous les intervenants y compris le ministère de l’Industrie à transiger pour trouver une solution puisque cette filière de l’agriculture ne pourrait plus attendre, selon ses dires.
Dans un entretien téléphonique avec Africanmanager , il a souligné que l’augmentation des prix de ce produit est légitime eu égard de l’envolée des prix à la production. « Cette hausse est raisonnable afin de garantir un revenu suffisant aux agriculteurs, guère logés à la même enseigne que les autres producteurs », a-t-il dit soulignant l’impérative nécessité d’appliquer la décision prise le 25 octobre 2012.
C’est d’une importance cruciale, a-t-il estimé, pour garantir la qualité du produit tributaire de deux facteurs déterminants, à savoir le prix de référence qui devrait tourner autour de 150 millimes le kilogramme et la définition des normes de qualité.
Au cas où les revendications des tomatiers ne seraient pas satisfaites, Leïth Ben Becher prévoit l’arrêt de la plantation de tomates précisant qu’elle sera au mieux limitée à 10 mille hectares contre 25 mille hectares en 2012.
Le ministère précise et l’ODC hausse le ton
De son côté, Mohamed Ali Ferchichi, au nom du ministère du Commerce a affirmé que le département n’intervient plus qu’au niveau de la marge bénéficiaire des grossistes et des détaillants. Mais, si une importante hausse du prix est constatée, il interviendra en fixant un plafond à ne pas dépasser.
Un avis partagé par le ministère de l’industrie par la voix de son directeur, Noureddine Agrebi qui a indiqué à Africanmanager que le nouveau prix devra prendre en compte le pouvoir d’achat de la population. Car, «toute augmentation va se répercuter sur les prix de vente du produit, mais aussi sur les consommateurs ». D’où l’importance de trouver un équilibre entre l’agriculteur, le transformateur et le consommateur.
L’organisation de défense des consommateurs (ODC), pour sa part, a haussé le ton, agitant la menace d’une escalade. Slim Saadalah, président de l’organisation a affirmé dans un entretien téléphonique avec Africanmanager que les citoyens sont aujourd’hui en train de payer la facture de la politique menée par certains lobbies qui œuvrent à augmenter les prix de ce produit de base dans la culture de consommation de notre peuple. « Il est illogique de procéder à une nouvelle augmentation puisque le prix des tomates en conserve s’est envolé de 38% », s’est-il insurgé expliquant cette flambée par la libéralisation des prix et la levée de subvention de ce produit.
L’ODC, par la voix de son président, a mis en garde contre cette démarche. D’ailleurs, elle n’a pas hésité à brandir le recours à l’importation de la tomate « triple concentrée » pour qu’elle soit vendue par la suite en « double concentré » moyennant des baisses des prix, si l’augmentation était maintenue.
Cette solution est probable, selon lui, d’autant que le ministère du Commerce réagit positivement à la position de l’organisation sans oublier les consommateurs qui ont répondu à son appel de boycotter ce produit.
Wiem Thebti








