« Durant les trois derniers mois, on a voulu réduire le quota de concessionnaires des voitures étant donné qu’il s’agit de l’un des produits de consommation qui pourrait affecter la balance commerciale », a déclaré Najla Moalla Harrouche, ministre du Commerce et de l’Artisanat.
Rencontrée en marge de la signature, hier, d’une convention entre le ministère de l’Industrie, de mines et de l’énergie et l’Institut allemand de métrologie (PTB), elle a défendu cette décision affirmant que les voitures restent parmi les produits les plus consommateurs d’énergie moyennant un coût de plus en plus élevé.
Une réalité qui ne pourrait, selon elle, qu’aggraver le déficit de la balance commerciale estimée à +22,7% à fin août 2014, ce qui correspond à 9,4 milliards de dinars suite au repli des exportations (-0,6%) et à l’augmentation des importations (+6,2%), sans oublier l’aggravation continue du déficit de la balance énergétique au taux de 71%, contribuant ainsi à plus de 60% dans le creusement du déficit commercial global.
S’y ajoutent les prévisions d’une révision à la baisse du taux de la croissance économique attendue pour toute l’année 2014, de 2,3% à 2,4% contre 2,8% de la part du Conseil d’administration de la banque centrale de Tunisie (BCT).
Ce dernier, lors de sa réunion le 29 septembre dernier, a appelé à l’accélération de la mise en place des mesures opérationnelles visant à maîtriser les importations de manière à contenir le dérapage du déficit commercial.
Vers la maîtrise de l’importation des voitures….
« On n’a pas voulu réduire le quota des importations de voitures, mais on a essayé de sensibiliser les concessionnaires à mieux contribuer à l’effort national en maintenant le même quota utilisé depuis quelques temps », a précisé Harrouche assurant qu’ « il n’y a pas une évolution de quota pour l’instant, mais on œuvre à maîtriser les importations ».
En effet, le ministère a essayé de trouver la solution la plus appropriée en exhortant les concessionnaires à retarder leurs programmes d’importations des voitures pour l’année prochaine.
Outre la maîtrise de l’importation des voitures, Harrouche a mis l’accent sur une autre mesure prise récemment afin de relever ce défi. Il s’agit du recours au contrôle de certains produits de consommation. « Les importateurs, avant d’importer certains produits, sont appelés à présenter une fiche de renseignements au ministère de Commerce », a-t-elle relevé.
Cette mesure, selon elle, permettra au ministère du Commerce d’expliquer la situation qui prévaut dans le pays, aux importateurs de manière à baisser l’importation des produits de consommation, et surtout « certains produits qu’on est capable de produire en Tunisie et qui sont aujourd’hui menacés par la concurrence ».
Harrouche a, par ailleurs, reconnu l’existence de quelques difficultés entravant la maîtrise du déficit de la balance commerciale. Car, la mise en place de mesures répressives ou même des restrictions douanières ne pourrait qu’encourager la contrebande, selon ses dires.
C’est pour cette raison que des mesures « à court terme » ont été décidées pour y faire face. On cite également la révision à la baisse des taxes douanières sur certains produits comme les fruits secs et l’électroménager.
Harrouche a, à ce propos, signalé que les efforts se poursuivent afin de libéraliser le commerce de manière à promouvoir les exportations et réduire les importations. Car, l’évolution des produits importés ne pourrait qu’obliger le gouvernement à prendre des mesures de sauvegarde, une hypothèse rejetée par Najla Harrouche au motif que leurs répercussions seraient certainement néfastes pour l’image de la Tunisie, mais aussi pour l’économie nationale.
Wiem Thebti








