Dans ce contexte de transition, une nouvelle approche globale et équitable du développement durable doit être définie à court et moyen terme pour que le nouveau modèle socio-économique puisse répondre aux attentes du peuple et aux exigences de la situation actuelle.
Ceci passerait également par la définition des contours et des composantes d’un nouveau contrat sociétal entre le l’Etat, les partenaires sociaux ainsi que la société civile. Un contrat devrait être nécessairement fondé sur la justice et la protection sociales.
En effet, les évaluations des programmes d’assistance sociale menées récemment par le CRES en collaboration avec l’Institut national de la statistique et la Banque Africaine de développement ont montré que le système de protection sociale en Tunisie continue de présenter des nombreuses faiblesses.
15% de la population exclus de la couverture sociale
Environ 15% de la population active occupée n’est pas touchée par la couverture sociale. Le taux effectif de la couverture est aussi considérablement moins élevé pour les catégories à faible revenu,
Pis, le système en question fait encore face à des difficultés de financement liées essentiellement à des problèmes démographiques et à un degré moindre au faible niveau des salaires déclarés dans le secteur privé non agricole outre la générosité des régimes tunisiens de sécurité sociale, ce qui risque de mettre en péril les équilibres financiers des caisses (NCSS, CNRPS, CNAM) et la pérennité des régimes de sécurité sociale.
Partant de ce constat, une conférence nationale sur le thème : « Vers la mise en place d’une plate-forme de la protection sociale en Tunisie » s’est tenue à Tunis les 11 et 12 septembre, afin d’approfondir davantage la réflexion sur la réforme de la protection sociale de manière à assurer une meilleure contribution dans la relance économique souhaitée.
La rencontre a été marquée par la présence de représentants des partenaires sociaux, de l’Organisation Internationale du Travail, de l’UNICEF ainsi que du Centre de Recherche et des Etudes sociales.
La majorité d’intervenants ont en ce sens affirmé que le développement de la protection sociale doit être en synergie avec la mise en place d’une stratégie de développement globale fondée sur la cohésion de l’économie, de la promotion de l’emploi et de la stabilité du climat social
Une position est déjà appuyée par plusieurs invités comme la centrale ouvrière qui n’a pas manqué de pointer du doigt la détérioration de ce système. Chose qui a beaucoup touché plusieurs secteurs économiques et affecté par la suite le pouvoir d’achat des Tunisiens.
La protection sociale protège des chocs économiques
Cette démarche est stratégique dans la mesure où la protection sociale revêt une grande importance. Car, elle protège des chocs économiques, selon Roberto Benes, conseiller régional en politique sociale pour la région Mena à l’Unicef. « La protection sociale joue un rôle déterminant dans l’économie », a-t-il précisé affirmant qu’il s’agit d’une exposition à des crises qui a certainement un effet multiplicateur.
Anne Drouin, Chef du financement public, de l’actuariat et des statistiques au Bureau International du Travail (BIT), a estimé, dans le même ordre d’idées, que la protection sociale n’est qu’une dépense, mais aussi un investissement social.
Des investissements doivent être mobilisés pour que le système de la protection sociale contribue à la relance économique en Tunisie.
La représentante du BIT a mis l’accent sur l’importance de mettre en place certaines réformes. A court terme, Anne Drouin a jugé utile de bien étudier la réforme de la subvention à la consommation d’énergie, et ce, de manière prudente. L’objectif, selon elle, est de s’assurer que les mesures d’accompagnement de la protection sociale soient mises en place pour compenser l’effet du retrait de la subvention sur la population la plus pauvre, mais aussi sur la classe moyenne.
Dans cette optique, Ursula Kulke, spécialiste régionale principale en sécurité sociale du BIT, a suggéré l’élaboration d’une étude approfondie également sur les flux de revenus. Kulke a dans ce cadre proposé la création d’un mécanisme fiscal dans le budget de l’Etat qui permettrait de faire des économies sans pour autant toucher le pouvoir d’achat des couches les plus démunies. Plusieurs recommandations ont été avancée par la spécialiste, notamment la mise en place d’une taxe sur les produits de luxe et une autre sur les revenus des personnes les plus fortunées.
Wiem Thebti








