Le 13 juillet dernier, nous écrivions notre premier article, sur ce qui deviendra par la suite «l’affaire UBCI », où la BCT (Banque Centrale de Tunisie) deviendra partie prenante, du simple fait de son rôle de régulateur dans le secteur bancaire Tunisie. Quatre jours plus tard, la BCT prend une décision qui fera certainement date (Voir notre article). Jusque là, la banque filiale de la BNP Paribas n’avait pas parlé. Sur tout ce que nous relations et qui n’a été, ni démenti ni confirmé par son management, ainsi que sur tout ce qui se passe à la banque depuis le report de sa première assemblée générale (AGO) qui devait clôturer l’exercice financier 2013,la direction de l’UBCI a pourtant autre avis.
Concernant justement ce point essentiel du report de l’AGO, Patrick Poupon, DG de l’UBCI nous fait remarquer que ce report était une décision de la banque, suite à la provision additionnelle de 5,4 MDT. «On avait deux choix, soit de faire l’AGO et de refaire les comptes après, soit et c’était notre libre arbitre, de retarder l’AGO pour refaire les comptes. Le 17 juillet 2014 donc, nous convoquions le Conseil d’Administration et nous décidions de retenir la date du 26 août pour la tenue de l’AGO de la banque», précise donc le DG de l’UBCI.
A propos des conclusions de la mission de la BCT chez l’UBCI, qui aurait été derrière ses dernières décisions de suspension de tout transfert d’argent à la banque-mère au titre des conventions, le DG de l’UBCI invoque l’obligation de réserve. Il indique qu’il y a eu par ailleurs, aussi 2 autres missions de la BCT, sur différents thèmes, dont la gouvernance et les risques, et les conclusions préliminaires seraient bonnes.
Reste donc, l’épineuse question des conventions réglementaires, à propos desquelles, la BCT rencontrera le mercredi 27 août des «représentants de haut niveau » de BNP Paribas, raison pour laquelle, selon P. Poupon, «les convocations n’ont pas été adressées aux actionnaires » pour l’AGO. Le DG de l’UBCI explique ensuite, en revenant sur l’historique de ce différent à propos des conventions, que «depuis le rejet, en juillet 2013, de certaines conventions par l’AGO, nous avons travaillé, avec le Conseil d’administration et les Commissaires aux Comptes sur le sujet. Six réunions ont été tenues en 3 mois et un nouveau texte pour les nouvelles conventions a été présenté, en octobre 2013, au Conseil qui les avait alors autorisées». Le coût financier de ces conventions, ne représenterait pas plus de la moitié des dépenses de l’UBCI pour ses différents prestataires de services. Selon certaines sources, ce serait quelque 7 MDT en grande partie pour le volet informatique, sur un total dépenses de 15 MDT par an.
Pour la convention d’assistance technique qui comprend l’accès au réseau international pour les crédits export, la formation pour le reengineering des process notamment, Patrick Poupon précise de son côté et affirme que «elles ont été de zéro DT en 2012 et il semblerait, de source externe, qu’elle soit aussi de zéro DT pour 2013 ».
Accompagné par le Président du Conseil d’Administration, Abderrazak Zouari, le DG de l’UBCI est en tous cas plus à l’aise pour parler des résultats de la banque. Il fait ainsi remarquer que le PNB (Produit net bancaire) a augmenté de deux fois en 2013, les dépôts et les crédits ont aussi augmenté et que la rentabilité a cru de 20 % en dépit de la décote des garanties qui a été de 14 MDT et de provision additionnelle de 5,4 MDT. Patrick Poupon, était aussi très fier de nous affirmer que «nous sommes la banque qui prêtons sur les plus longues périodes à nos clients en Tunisie, rapportée à notre part de marché », alors que c’est vrai plusieurs banques de la place raccourcissent les délais de remboursement de leurs crédits. Le DG de l’UBCI se montre tout aussi fier de nous annoncer que la banque enregistrait en 2013, 27.000 nouvelles ouvertures de comptes et comptait au 30 juin 2014, plus de 13.600 nouvelles relations. Il ne manquera pas de nous faire remarquer que sa banque, était «en avance sur la réglementation de la BCT » pour le ratio de solvabilité qui sera cette année supérieur à 10 % et a le taux de créances accrochées le plus faible et le taux de provisionnement le plus haut (86 %) de la place de Tunis où elle est «le bon élève de la BCT sur le sujet» comme il aimait à le dire.
Il conclut, en bon communicateur, que «les bons résultats 2013 ont été rendus possible grâce à la qualité de nos collaborateurs et à la confiance de nos clients. De même que les rémunérations ont été approuvées en AGO et en Conseil d’Administration».
Poupon ne semblait en tous cas pas dormir sur ses lauriers. Il était conscient, selon ce que nous avons pu constater, que l’UBCI ne manquait pas non plus de talons d’Achille. Il était ainsi conscient que le gros problème de cette grande banque qui fait de petits profits, était la rentabilité. Il reste pourtant confiant que son ROE qui était de 4,8 % en 2012 devrait grimper à 10 % cette année. Il confirme aussi la ferme volonté de la banque de maitriser ses coûts.
Quant au président du Conseil, présent tout au long de notre entretien avec le DG, comme il l’est fortement pour faciliter le travail de l’UBCI dans ses relations avec son environnement politique, administratif et syndical, il nous fera remarquer qu’après le changement de gouvernance, le salaire cumulé du PCA et du DG est inférieur de 0,6MTND par rapport à la situation précédente des salaires des PDG et DGA.
K. Boumiza.








