La prolifération du terrorisme semble susciter la polémique. Plusieurs questions se posent actuellement sur les parties impliquées dans ces crimes ou ayant encouragé le développement de ce fléau.
Avec l’escalade de la violence, les partis politiques commencent à échanger les accusations et les responsabilités.
Récemment, le dirigeant nahdhoui Sadok Chourou a accusé ceux qu’il a appelé « les orphelins de Ben Ali » d’être à l’origine de la montée de la menace terroriste ces derniers temps.
Dans une lettre envoyée à l’armée tunisienne via sa page facebook, il a précisé que « les orphelins de Ben Ali » sont les commanditaires des actes terroristes survenus au Mont Chaambi. « Ils veulent provoquer le désordre tout en touchant le moral l’armée », a avancé Chourou avant de préciser que « l’objectif est d’instaurer un vide dans les rangs de l’armée tunisienne pour qu’ils puissent par la suite s’infiltrer dans les postes de direction ».
Muni de cette explication, le dirigeant nahdhoui s’est adressé à l’armée tunisienne l’exhortant à assumer ses responsabilités particulièrement dans cette conjoncture délicate.
Ennahdha fidèle à son double langage
Jomaa Guesmi, analyste en politique a exprimé son inquiétude face à ce genre de déclarations publiées par un si haut dirigeant en pareille situation où le pays fait face à une menace terroriste et s’apprête à affronter des échéances électorales décisives.
Dans un entretien téléphonique avec « Africanamanager », il a fait remarquer que l’aile extrémiste du mouvement Ennahdha, représentée par Sadok Chourou, reste fidèle à ses positions « injustifiées » visant à faire oublier les échecs d’Ennahdha et ses alliés pendant 3ans de pouvoir.
« Sadok Chourou a commis un erreur en disant que le terrorisme est le fruit des orphelins de Ben Ali, alors que la vérité est claire », a déclaré Guesmi avant de rappeler que « ce danger a pris de l’ampleur depuis l’accès de la troïka dirigée à l’époque par le parti islamiste au pouvoir ». Les gouvernements de la troïka 1 et 2 ont encouragé en fait, la création des écoles et jardins coraniques, les cercles d’apprentissage de la chairiâa ainsi que les discours extrémistes sans oublier les camps d’entrainement pour les djihadistes.
L’analyste a par ailleurs souligné que la déclaration de Sadok Chourou, qui est en contradiction avec ce qui fait l’unanimité des Tunisiens, donne la preuve que le mouvement Ennahdha est non seulement isolé, mais il tient toujours à son double langage et veut accabler d’autres courants politiques de fautes qu’il commet lui-même.
Partageant le même avis, Tahar Belkhodja, ex-ministre de l’Intérieur a affirmé que la Tunisie est infiltrée et les cellules dormantes sont disséminées sur tout le territoire, déplorant la politique de relâchement de la troïka envers l’organisation interdite « Ansar Chariaa » qui a réussi à rassembler 5 mille adhérents lors du congrès de Kairouan et qui se livre, par ailleurs, à la contrebande.
Tahar Balkhodja a, à ce sujet, relevé dans une interview accordée au quotidien « Attounissia », « l’obstination de Daech à prendre pied en Tunisie pour pouvoir atteindre l’Algérie ».
Que faire ? En réponse à cette question, Tahar Belkhodja a estimé que la solution reste entre les mains de l’Algérie et de l’Egypte, considérés les plus forts à éradiquer ce danger. « La Tunisie représente le maillon le plus faible et c’est pour cette raison que la solution de ce problème, qui n’est pas spécifiquement tunisien mais régional, reste tributaire de ces deux pays », a-t-il assuré.
Tahar Belkhodja qui a salué au passage la création d’une cellule de crise au sein de la présidence du gouvernement, a souligné l’importance de la mise en place d’une stratégie capable d’éradiquer le phénomène.
Il a par ailleurs appelé le président de la république ainsi que les partis politiques à arrêter les interventions arbitraires dans le domaine sécuritaire, et à écarter l’institution militaire des tiraillements politiques.
Wiem Thebti








