La Tunisie a abrité officiellement dès le 14 avril dernier l’exercice African Lion 2025, rassemblant plus de 10 000 soldats de plus de 40 pays dans le cadre de ce qui est devenu le plus grand exercice militaire mené par les États-Unis sur le continent africain. La Tunisie, qui accueille la phase initiale jusqu’au 30 avril, joue une fois de plus un rôle essentiel dans le déroulement de l’exercice. Sa situation géographique, à la frontière sud de la Méditerranée et aux portes du Sahel instable, en fait un terrain idéal pour des exercices de tir réel à grande échelle, des simulations de postes de commandement, des séances de partage de renseignements et des formations à l’aide humanitaire, note le Middle East Forum.
L’exercice African Lion 2025 s’inscrit pleinement dans la priorité donnée par le président Donald Trump à la reconstruction de la préparation militaire américaine et à la revitalisation des alliances, favorisant l’interopérabilité entre les forces américaines et leurs partenaires en Afrique et en Europe. L’ampleur même de cet exercice envoie un message clair à ses adversaires à Moscou et à Pékin : les États-Unis conservent la capacité et la volonté de projeter leur puissance, de protéger leurs alliés et de dissuader toute influence malveillante en Afrique, ajoute le think tank.
Cependant, indique-t-il, en continuant à traiter la Tunisie comme un allié majeur hors OTAN et en canalisant la coopération militaire par le biais d’exercices comme African Lion, les États-Unis risquent d’envoyer un message contradictoire : les convenances géopolitiques l’emportent sur le soutien aux valeurs que Washington prétend défendre.
Une compétition d’influence plus large en Afrique
African Lion 2025 incarne également une compétition d’influence plus large en Afrique. Le groupe russe Wagner s’est implanté au Mali, au Soudan et en République centrafricaine, offrant un soutien militaire en échange de concessions minières et de concessions politiques. La Chine continue d’étendre sa présence par le biais d’accords portuaires, de projets ferroviaires et même d’infrastructures à double usage pouvant soutenir les opérations navales. En revanche, l’approche américaine – formation conjointe, interopérabilité et opérations humanitaires combinées – démontre comment des partenariats fondés sur des valeurs partagées et un respect mutuel peuvent générer des bénéfices en matière de sécurité sans imposer le piège de l’endettement ni soutenir les dictateurs. Mais cette approche ne fonctionne que si Washington demande des comptes à ses partenaires.
Quel dividende pour la Tunisie ?
Les dirigeants tunisiens chercheront sans aucun doute à capitaliser sur cette exposition, présentant African Lion comme une validation de la légitimité et de la compétence de leur gouvernement, estime le Middle East Forum. Les États-Unis devraient clairement indiquer que leur coopération vise à renforcer le professionnalisme militaire tunisien. En fin de compte, African Lion 2025 est un exercice d’équilibre stratégique. Cet exercice démontre la détermination américaine à s’associer aux pays africains pour la stabilité régionale, contrecarre l’influence autoritaire et renforce la préparation collective.








