La région de Tabarka-Aïn Draham affiche une accumulation d’annonces d’investissements et de projets touristiques d’envergure. Montants élevés, autorisations délivrées, partenariats annoncés : la dynamique semble soutenue sur le papier.
Pourtant, entre programmation et réalisation, l’écart reste souvent déterminant. Si les projets structurants et la réactivation de l’aéroport traduisent une volonté de transformation, leur impact réel dépendra de leur exécution effective. Dans cet entretien, le délégué régional Aïssa Marouani (Notre photo) détaille l’état d’avancement des dossiers et les conditions nécessaires pour convertir ces ambitions en résultats concrets.
Question : Quelle est la situation des investissements touristiques dans le gouvernorat de Jendouba ?
Réponse : Le gouvernorat de Jendouba concentre la plus grande part des investissements touristiques au niveau national. Les projets programmés dans la région représentent un volume global d’environ 1 milliard de dinars.
Où en est le projet Costa Coralis ?
AM : Le projet Costa Coralis constitue le plus grand projet touristique du pays, avec un coût dépassant 1,9 milliard de dinars. Il a enregistré des avancées significatives. Son dossier, après avoir obtenu l’approbation de la Commission nationale des investissements, est actuellement transmis à la présidence de la République pour examen final.
Projets et réalisations en cours
AM : Qu’en est-il du projet d’aménagement du sentier touristique « Al-Hisn » ?
Le projet d’aménagement du sentier touristique « Al-Hisn » est estimé à environ 1,4 million de dinars. Il comprend la restauration d’un tronçon de 600 mètres, la mise en place de canalisations d’eaux pluviales et l’installation d’un éclairage public. Les travaux sont en cours et devraient être achevés d’ici fin avril 2026, avec un financement assuré par le ministère du Tourisme.
Quels sont les principaux projets hôteliers en cours ?
AM : Il s’agit essentiellement de quatre hôtels. D’abord l’hôtel « Al-Farnan » avec une Capacité d’environ 100 lits, équipé d’une station de traitement de l’eau douce, salle polyvalente, piscine couverte. Le taux d’avancement est de 65 %, avec un coût de 22 millions de dinars et une mise en service prévue pour en 2026.
Il y a ensuite l’hôtel La Forêt, ouvert en 2025. Il y a aussi le Green Hill Resorts qui a fait une ouverture partielle, le tout avec un investissement de 16,8 millions de dinars. L’hôtel Bel Horizon (Tabarka), où le taux d’avancement a atteint 95 % pour un coût de 26 millions de dinars. Et enfin
L’Aqua Resort Tabarka, avec un taux d’avancement de 78 % et un coût total 200 millions de dinars. L’ouverture prévue au premier trimestre 2027
Quelles autorisations ont été accordées récemment ?
AM : Depuis le 13 février 2026, plusieurs autorisations de construction ont été approuvées :
Un centre de loisirs dans le quartier Al-Marjane, pour un coût de 1,7 million de dinars.
Un complexe résidentiel touristique, d’un coût estimé à 11 millions de dinars.
Question : Quels projets seront examinés prochainement ?
AM : Plusieurs projets seront présentés prochainement au comité technique local, notamment :
Trois résidences touristiques couvrant une superficie de 7 hectares. Un projet de résidences touristiques porté par la société « Villa ». Un projet hôtelier pour la société Al Sanawbar. Le tout pour un coût global estimé à environ 11 millions de dinars.
Qu’en est-il du projet de rénovation d’un hôtel 5 étoiles ?
AM : Un projet de rénovation d’un hôtel 5 étoiles est porté par la société qatarie Al-Majida Investment. Coût, 300 millions de dinars. Capacité de 350 lits sur une superficie de 8,5 hectares
Une demande d’autorisation de construire sera prochainement déposée auprès des autorités compétentes.
Quelles sont les perspectives du secteur touristique dans la région ?
AM : Les indicateurs touristiques ont progressé en 2025, avec une hausse du nombre de visiteurs, des nuitées et du taux d’occupation hôtelière.
Le responsable a également évoqué la réactivation de l’aéroport de Tabarka–Aïn Draham, le lancement de vols touristiques irréguliers depuis certains pays européens (notamment la Pologne et la République tchèque), ainsi qu’un renforcement de la connectivité aérienne afin de dynamiser davantage la destination.








