AccueilLa UNEAssurances: La «CTAMA» bien partie pour renforcer ses capacités financières et compétitives

Assurances: La «CTAMA» bien partie pour renforcer ses capacités financières et compétitives

La Caisse Tunisienne d’Assurances Mutuelles Agricoles  «  CTAMA » est en train de travailler sur un plan stratégique radical pour le développement de la société en nouant un partenariat local ou international  destiné à  renforcer sa position dans le secteur des assurances en Tunisie.

Le PDG de la Caisse , Lamjed Boukhris, a déclaré, dans une interview accordée à African Manager, que la société  a  élaboré une étude stratégique approfondie, en coopération avec la  banque d’affaires tunisienne, « Cap Bank » qui vise à développer un plan efficace de développement de la société avec la possibilité d’envisager un partenariat professionnel local ou international avec un partenaire  financier ou un acteur  reconnu  dans le domaine de l’assurance agricole, en tenant compte de l’expérience de l’entreprise dans ce domaine.

« La sélection de cette banque, spécialisée dans le domaine de la restructuration et du développement des établissements à travers une ingénierie financière particulière, s’est faite après un appel d’offres  lancé par les assurances « CTAMA » », a-t-il précisé.

La CTAMA, pionnière de l’assurance agricole

La  création de la CTAMA remonte à 1912 dans la ville de Makthar du gouvernorat de Siliana, en tant que première compagnie d’assurance créée en Tunisie. Elle s’est spécialisée au début dans l’assurance du secteur agricole, puis elle a développé son activité en s’étendant  vers d’autres secteurs par le biais de la création d’une nouvelle filiale sous le nom de Mutuelle Générale d’Assurances.

Cependant, ses états de services qui se déploient sur s’étend sur plus de 110 ans n’ont pas été exempts de quelques problèmes financiers et sociaux, suite à la conjoncture économique difficile après 2011, selon les dires de Boukhris.

  En fait, « CTAMA » a fusionné la filiale de la mutuelle générale d’assurances MGA avec la société mère malgré la situation financière difficile de la société fusionnée, outre d’autres problèmes au niveau de l’organisation, du système d’information et de la gestion.

La PDG a souligné que cette situation avait causé des pertes financières à la société « CTAMA », au point  d’aller jusqu’à envisager la désignation d’un administrateur  judiciaire à sa tête, perspective écartée pour  laisser la place à la nomination d’un nouveau directeur général, auquel a été confiée la tâche de réformer et de sauver la société.

Le responsable a indiqué qu’avec le lancement de la nouvelle administration fin 2018, un programme de réformes a été mis en place  pour  s’attaquer à la  situation financière et sociale de la société, révélant l’existence de problèmes liés à ses comptes bancaires à l’époque, en plus de l’augmentation du nombre de ses employés par rapport à celui de ses résultats  et de la dégradation de son image commerciale.

Contenu du projet de réforme

Concernant le contenu de ce programme de réforme, Boukhris a précisé que les décisions concernent 3 axes principaux, dont le premier était d’accélérer le redressement des  comptes bancaires pour se débarrasser des intérêts bancaires, et deuxièmement,  l’adoption  d’un système d’information précis et protégé qui a été développé par le département informatique de la société, qui est considéré comme l’un des meilleurs systèmes actuellement dans le secteur des assurances .

Un système d’information qui a eu des retombées  positives sur la société et qui s’est concrétisé au niveau du réseau commercial par sa rapidité et sa souplesse dans la rédaction des contrats, en plus du contrôle du recouvrement des primes d’assurances avec un développement et un contrôle de la politique commerciale.

Quant au troisième axe de ce programme de réforme, il concerne le volet social, où une politique progressive  a été adoptée décrétant l’arrêt immédiat des recrutements avec le redéploiement des employés et le,non remplacement des agents  qui ont fait valoir leurs droits à la retraite.

Dans le même contexte, il a ajouté que la nouvelle procédure dans ce dossier est de convertir « l’employé responsable d’un point de vente » en un « fonctionnaire agent d’assurance », et ce dans le but de réduire le volume des effectifs, d’une part, et de stimuler productivité, d’autre part.

Résultats positifs

D’autre part, le PDG a souligné que grâce au lancement rapide de la mise en œuvre de ces réformes, l’entreprise a pu réaliser des résultats positifs s’élevant à 5,6 millions de dinars après avoir enregistré des pertes matérielles au cours des dernières années, en plus de sa capacité à développer son activité, contrôler les recouvrements et surveiller le réseau commercial.

La compagnie d’assurance « CTAMA » a également pu, au cours des quatre dernières années, soit de 2017 à 2021, doubler son chiffre d’affaires, qui s’élevait à 150 millions de dinars l’an dernier, malgré les conditions sanitaires difficiles du pays  dues la pandémie de Covid-19.

« CTAMA » a réalisé  un important succès interne représenté par un climat social stable et la stimulation de la production grâce à la politique sociale adoptée par l’administration, qui a choisi de ne pas exclure ses employés, mais plutôt d’investir dans les ressources humaines.

La même source a  ajouté que l’entreprise a confié à une banque d’affaires tunisienne la mission d’étudier les possibilités de redresser radicalement sa situation financière à travers un partenariat local ou international, qu’il soit financier ou à la fois financier et technique, spécialisé dans le domaine agricole.

Activité d’assurance agricole

Lamjed Boukhris a longuement parlé, dans le cadre du secteur des assurances, de l’activité de l’entreprise dans le domaine de l’assurance agricole. Il a, en effet, souligné que la société œuvre pour le développement de ses services en vue  d’ attirer le plus grand nombre d’agriculteurs , rappelant qu’elle est à la tête du Fonds de lutte contre les catastrophes naturelles suite à un appel d’offres lancé par le ministère tunisien de l’Agriculture et le Programme d’Assurance Maladie  pour les femmes rurales, avec une valeur annuelle de 63 dinars.

Le PDG de  « CTAMA » n’a pas nié qu’il existe une faible demande d’assurance agricole en Tunisie, où elle est 30 fois inférieure à celle du reste des catégories d’assurance, malgré l’importance de ce secteur qui  représente, pourtant,  10% du produit intérieur brut et occupe plus de 500 000 personnes.

Boukhris a annoncé avoir mené une étude, dont les résultats seront dévoilés prochainement, avec l’aide d’un bureau d’études pour connaître les raisons de la faible demande d’assurance de la part de l’agriculteur tunisien, malgré les risques naturels élevés et les  catastrophes  comme la sécheresse.

Le PDG a appelé à la nécessité de réfléchir au développement du domaine de l’assurance agricole en Tunisie en conjuguant tous les  efforts, pour prévenir les futures menaces climatiques dans les années à venir.

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