Avec ces prix beaucoup de moutons risquent de retourner au bercail

Avec ces prix beaucoup de moutons risquent de retourner au bercail

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C’est la même chanson chaque année, surtout ces dernières : Les moutons sont trop chers, les “gacharas” (intermédiaires) et autres revendeurs abusent, spéculent, etc. Pourtant cela n’empêche pas bon nombre de citoyens de faire toutes les acrobaties imaginables pour se payer une bête de sacrifice, un rituel qui est d’ailleurs devenu plus coutumier que foncièrement religieux. Mais les vendeurs ont de moins en moins le sourire, car il n’est pas rare que les citoyens boudent leurs produits, ce qui cause des pertes sèches pour ceux qui auront été trop gourmands et auront refusé de rogner sérieusement les prix, jusqu’au bout, jusqu’à la veille de l’Aïd El Kébir. Cette année encore les acheteurs ne sont pas à la fête, mais les vendeurs également avec des prix qui dépassent l’entendement, au-delà de tout ce qu’on a entendu ces dernières années. Et comme l’année dernière, beaucoup de bêtes risquent de ne pas trouver preneurs et de retourner au bercail…

“A l’approche de l’Aïd Al Idha, les prix des moutons du sacrifice continuent leur envolée, cette année, malgré une offre abondante avoisinant les 1 400 000 têtes d’ovins et dépassant même les besoins des consommateurs qui sont de l’ordre de 900 mille têtes“, a regretté le président de l’Organisation de Défense du Consommateur (ODC), Slim Saâdallah.
Il s’est étonné, lundi 5 juillet 2019, dans une déclaration à l’agence TAP, du fait que “les moutons tunisiens se vendent à 800 et 900 dinars, voire même à 1250 dinars. C’est pour le moins exorbitant, surtout face à la détérioration sans précédent du pouvoir d’achat des Tunisiens“.

Saâdallah a ainsi dénoncé la responsabilité des intermédiaires dans le renchérissement des prix des ovins, soulignant que “les éleveurs vendent à des prix largement inférieurs aux prix pratiqués par les intermédiaires. Je dirais même que nous assistons à un tsunami des prix provoqué par les intermédiaires et spéculateurs“.
Toujours selon lui, “l’Etat aurait pu mettre en place des points de vente directs de l’éleveur au consommateur pour faire face à ce tsunami“.
A défaut, le président de l’ODC recommande aux citoyens de ” faire leurs achats auprès des points de vente et des marchés organisés par le ministère de l’Agriculture, pour profiter des prix fixés par le département (12 dinars/kg pour les moutons de plus de 45 kg et 12,500 dinars/kg pour ceux dont le poids est inférieur à 45 kg) et du contrôle vétérinaire des moutons “.

Il a également conseillé aux citoyens de retarder leurs achats car les derniers jours avant la fête de l’Aïd sont généralement marqués par une baisse des prix, de faire le tour des points de vente pour dénicher les meilleures offres ou de se diriger vers les zones de production connues (El Fahs, Gafsa, Sbikha, Oueslatia, Kasserine, Sidi Bouzid) où les prix pratiqués par les éleveurs sont généralement inférieurs à ceux proposés par les intermédiaires.
Le président de l’ODC pense, par ailleurs, que “même les prix administrés sont hors de la portée d’une certaine catégorie de Tunisiens, et c’est ce qui explique probablement la faiblesse de la demande sur les moutons à quelques jours de l’Aïd“.
La faible demande peut aussi s’expliquer par les dépenses de la rentrée scolaire et des factures à payer durant le mois de septembre et auxquelles les citoyens doivent se préparer“, a-t-il encore précisé.

Saâdallah a déploré l’absence d’une culture de boycott chez le consommateur tunisien. Une culture qui pourrait constituer, selon lui, une arme efficace contre les manœuvres des intermédiaires et des spéculateurs.
Toujours selon lui, “ l’ODC œuvre à ancrer cette culture mais cela prendra du temps car c’est d’un changement de mentalités qu’il s’agit “.
Rappelons que l’Aïd Al Idha sera célébré dimanche 11 août 2019.

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