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Le porte-parole du parti Ennahdha, Imed Khemiri, a indiqué aujourd’hui, lors de son intervention, ce mardi 17 juillet 2018 sur Express Fm, que la réunion tenue hier au palais de Carthage et qui a réuni les trois présidents, des représentants des partis Ennahdha et Nidaa Tounes, de l’UGTT et de l’UTICA, rentre dans le cadre de trouver une issue à la crise politique actuelle.

Khemiri a souligné que la situation actuelle du pays requiert de la stabilité aux niveaux politique et social, étant donné que les changements des gouvernements effectués durant sept années n’ont pas abouti.

Khemiri a précisé qu’Ennahdha a demandé, au gouvernement actuel de se pencher sur les réformes et de s’écarter des tiraillements politiques dans le pays, et, à son chef, Youssef Chahed, de ne pas présenter sa candidature aux présidentielles de 2019.

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Le bureau politique du mouvement Ennahdha a exprimé sa satisfaction à la convocation présidentielle incitant au retour du dialogue à Carthage entre toutes les forces politiques afin de résoudre les problématiques du pays, appelant ainsi à poursuivre le dialogue dans le cadre du consensus qui a caractérisé la démocratie naissante et a fait évité au pays les crises.

Dans un communiqué, le bureau d’Ennahdha a appelé le gouvernement à engager les réformes économiques sur lesquelles ils se sont mis d’accord dans le cadre du Pacte de Carthage 2 et demandé au chef du Gouvernement, Youssef Chahed, de ne pas se présenter aux Présidentielles 2019.

Le bureau d’Ennahdha a aussi appelé Youssef Chahed à accélérer l’annonce d’un éventuel remaniement ministériel.

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Illustre inconnu politique avant la révolution de 2011, Youssef Chahed était pourtant l’un des membres fondateurs, en avril 2012, du parti Al Joumhouri dont il ne gardera qu’Iyed Dahmani. Il adhère ensuite à Nidaa Tounes, en tant que membre du bureau exécutif et n’y sera jamais le bienvenu depuis le congrès de Sousse.

Le 6 février 2015, il est nommé secrétaire d’État chargé de la Pêche, dans le gouvernement Essid. Presqu’une année après, à la faveur d’un remaniement du même gouvernement, il devient en janvier 2016, ministre des Affaires locales. A ce poste et bien avant les élections municipales, il présentait déjà un projet de généralisation des municipalités, qui prévoyait la création de 61 nouvelles municipalités.

Le 1er août, il est proposé par le président Béji Caïd Essebssi pour succéder à Habib Essid à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Vingt jours plus tard, il forme son gouvernement et le 26 août au soir, l’ARP lui accorde sa confiance avec 167 voix pour, 22 contre et cinq abstentions, sur 194 députés présents, devenant ainsi le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire moderne de la Tunisie. Une sorte de Trudeau à la tunisienne, estimait-on alors, avant que ses ennemis ne commencent à avoir peur qu’il ne se prenne carrément pour un Macron. A la fin de sa dernière visite en Tunisie, ce dernier lui aurait tapoté sur l’épaule en lui glissant un «je veux que tu réussisses». Il n’y aurait manifestement pas que Chahed qui ait entendu ces mots.

En août 2017 déjà, lors d’une émission télévisée, le président du parti islamiste tunisien Rached Ghannouchi annonce qu’il ne souhaite pas que Chahed se porte candidat à l’élection présidentielle de 2019. La peur d’un Chahed président n’est cependant pas uniquement celle d’Ennahdha. Nida Tounes et son secrétaire exécutif et fils de son fondateur, l’ont aussi.

  • Chahed et l’amer apprentissage de la politique

Août 2016, c’était en fait un chef de gouvernement, presque néophyte en politique, qui prenait alors les rênes d’un pays devenu pratiquement ingouvernable, dans un système de gouvernance où personne n’avait toutes latitudes de gouverner et tout le monde pouvait aussi le faire. Le tout, dans une sorte de «je te tiens par la barbichette…», entre un chef d’Etat aux pouvoirs constitutionnellement limités, un chef de gouvernement balisé et bridé par le document de Carthage 1, et une ARP qui considère le chef de gouvernement comme son supplétif de service. Une ARP capable de passer à la casse des projets de loi pour des crédits BAD (190 MDT remboursables sur 19 ans dont 7 années de grâce et un taux d’intérêt des plus faibles), ou d’en reporter un autre (71 M€ pour le projet de la Tunisie Numérique), car présentés par des ministres d’Ennahdha.

Poussé, comme un apprenti nageur dans la mer houleuse des 290 partis politiques, Youssef Chahed avait passé sa première année à essayer d’éviter les écueils de chacun, à gérer les crises et les crisettes, d’El Kamour à Kerkennah, entre celles provoquées par les déboutés des législatives de 2014 et celles des partis amis et alliés et entre sociales et politico-sociales.

Entouré de Conseillers qui sont loin de faire l’unanimité ou même simplement d’être aimés ou même encore d’avoir les compétences politiques et politiciennes, Chahed ne réussissait pas toujours à devenir le maître-nageur qu’il lui fallait être pour accomplir son mandat de chef de gouvernement. Et vogue la galère !

C’est alors que commencent les pressions, notamment sur le chef de l’Etat pour se débarrasser d’un chef de gouvernement qui comprenait finalement que la politique du consensus, prônée par le chef de l’Etat et le chef du parti islamiste, et la forte mainmise de la puissante centrale syndicale sur le document de Carthage, ne laisseront jamais se mettre en place les réformes, économiques et financières devenues nécessaire dans un pays dont les ressources propres rétrécissent comme une peau de chagrin.

Un Chahed, sans appui politique de la part du groupe parlementaire de son propre parti qui était fissuré entre anti et pro Hafedh Caïed Essebssi. Un chef de gouvernement qui s’était alors essayé à l’appui sur le principal partenaire social qu’est l’UGTT jusqu’à découvrir que les habitant de la place mohamed Ali (siège de l’UGTT) ne défendent que le droit à de nouvelles augmentations salariales. Et un Chahed qui finit par faire copain-copain avec Ennahdha malgré ses desseins socio-politiques dont il est conscient. On suppose qu’il avait alors finit par comprendre que la vraie crise en Tunisie est politique, son point focal était Nida Tounes qui se prépare à une passation.

Les pressions pour déloger Youssef Chahed de La Kasbah, deviennent plus lancinantes, lorsqu’il entreprend, pour les besoins de ces réformes, de tenir tête à une Centrale syndicale devenue véritable Etat dans l’Etat. Faisant preuve d’une résilience inattendue, tant de l’UGTT que de son propre parti politique qui lui en voulait d’une mauvaise distribution, selon Nidaa Tounes, des sièges dans le gouvernement et dans tout l’appareil de l’Etat. Une résilience qu’il puise, d’abord dans le contact direct avec une population avide de solutions pratiques pour ses problèmes personnels et qui se rendait de plus en plus compte que ce n’est pas Béji Caïed Essebssi qui gouverne, mais réellement le chef du gouvernement.

Une résilience qu’il renforce, lorsqu’en mai 2017, il donne le coup d’envoi d’une grande opération anti-corruption en débutant avec l’arrestation de Chafik Jarraya suivie de celles de plusieurs autres hommes d’affaires tels que Yassine Channoufi et autres. Cette initiative, préparée dans le secret depuis plusieurs mois, provoque une vague de soutien public et d’opinions favorables de la part des Tunisiens. L’idée de Youssef Chahed et de son entourage, était en fait d’arriver à se confectionner, à défaut d’appuis politiques, une ceinture de sécurité populaire qui le rendrait, même temporairement, indéboulonnable et au moins victime de la lutte anticorruption, si son mentor se décidait malgré tout à le chasser de la Kasbah.

Entretemps, les couloirs bruissent de plus en plus des relents, inodores, incolores et invisibles dans les vidéos de leurs rencontres, de relations tendues entre un chef de l’Etat soudé à sa famille et un chef du gouvernement tancé par ses adversaires de tous bords. Fortement irrité, comme lors des fuites de réunions de Nida où il était vilipendé en présence du secrétaire exécutif de son propre parti, Youssef Chahed commençait à se méfier de ses «amis» jusqu’à découvrir que ces «amis» avaient même pénétré certains cercles de pouvoir et arrivaient, selon nos sources, à prendre connaissance de certaines informations confidentielles dites dans des réunions à portes closes. L’homme apprenait assez vite et commençait à réagir, mais résistait.

  • La tentative de «coup d’Etat» politique au sérail BCE et la réplique 

Ses détracteurs passent alors au «Plan B». Naissance est ainsi donnée, au «Document de Carthage 2». Ce dernier devait dessiner une nouvelle feuille de route, économique et politique. Sur les 96 points dudit Document, les parties prenantes buttent sur le 64ème, un point relatif à la gouvernance de cette nouvelle feuille de route et où la tête de Youssef Chahed était demandée sans détour. Les premiers à la revendiquer sont l’UGTT et le Nida Tounes du fils du chef de l’Etat Hafedh Caïed Essebssi. Ce dernier poussera le bouchon jusqu’à le revendiquer dans deux Posts sur sa page fb.

Désormais assez bien formé par la pratique quotidienne du pouvoir où il passait plus de temps à parer aux coups qu’à travailler, selon nos sources, il aurait manifestement décidé de défendre ses chances. Youssef Chahed se refuse ainsi à faire le Jésus et sort le 29 mai 2018 sur les écrans pour accuser le fils du président d’avoir détruit Nida et d’être la cause principale de la crise politique en Tunisie. La guerre est ainsi déclarée entre les deux hommes, même si, aguerri et encouragé par le sentiment général qu’il n’a fait que dire tout haut ce que toute la Tunisie pensait tout bas, il entame ensuite de retourner Nida Tounes contre son destructeur. Il commence ainsi par réunir à Dar Dhiafa, le 13 juin 2018, un certain nombre de députés de Nida, dont le chef du groupe parlementaire Soufiene Toubel. Il finira par les retourner, lorsque ce même groupe se réunit en bureau politique, et publie un communiqué de presse en date du 11 juillet 2018, où il se proclame comité exécutif seul responsable de la direction du parti. Exit ainsi, selon le même communiqué, Hafedh Caïed Essebssi. On devra attendre le congrès de Nida Tounes, prévu pour le 29 septembre 2018, pour voir si le «coup d’Etat politique» de Youssef Chahed a réussi. S’il va l’être , Chahed assurera ainsi le retour entre ses mains du parti et s’assurera l’appui inconditionnel au gouvernement du bloc parlementaire de nida Tounes. Entretemps, l’apprenti politicien qu’il était en 2016, sera devenu Maître de son domaine et pourrait ainsi s’assurer l’appui nécessaire à son programme économique et financier.

Tenant toujours bon, il préparerait la réplique qui prendrait la forme d’un remaniement qui pourrait apaiser certains de ses adversaires et lui donner le temps de terminer les réformes économiques qui donneraient une bouffée d’air frais à ses soutiens. Ce remaniement, selon nos sources, devrait d’abord concerner son propre cabinet d’où certains postes devraient disparaître, en plus de la disparition des postes de secrétaires d’Etat, et restructurerait le gouvernement sous forme de pôles, éco-financier et social notamment.

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“Le résultat global de l’année 2017 de 69 des 81 sociétés cotées, s’est amélioré de 24,5% par rapport à l’année 2016, pour atteindre un montant de 1 748MD contre 1 404MD. Parmi ces 69 sociétés, 60 ont enregistré des résultats bénéficiaires. Les 20 sociétés qui composent le Tunindex20, ont accaparé 81% du résultat global, avec un montant de1 419 MD en croissance de 23,3% par rapport à l’année 2016 (1 151 MD)”, indique la bourse de Tunis dans une note publiée ce jeudi 12 juillet sur son site Web.

Dans le secteur financier, les 12 banques cotées ont réalisé un résultat global de 1 097MD, en progression de 23,7% par rapport à l’année 2016. Seule Wifack International BANK a dégagé un résultat déficitaire.

Les 7 sociétés de leasing cotées ont connu une évolution de 18,9% de leur résultat annuel global pour atteindre 59,6MD contre 50,1MD l’année précédente. La tendance est inversée pour les 4 compagnies d’assurances cotées qui ont affiché un résultat annuel global en régression de 19,5% pour se situer à 40,5MD contre 50,3MD durant l’année 2016.

Le secteur financier a connu durant l’année 2017 une évolution de 21% par rapport à l’année 2016, avec un résultat global de 1 217 MD contre 1 005MD en 2016. Ce résultat représente 69% du résultat global tous secteurs confondus.

Dans le secteur des Biens de Consommation, le résultat global de l’année 2017 a progressé de 26,9%.

Le résultat annuel global des 3 grands groupes opérant dans l’agroalimentaire (Poulina Group Holding, Delice Holding et SFBT) a progressé de 31,9% pour atteindre 349MD contre 265MD en 2016.

La progression du résultat global des sociétés du secteur des Services aux Consommateurs s’est établie à 5,2%. Les 2 enseignes de la grande distribution cotées en bourse (Monoprix et Magasin General) ont affiché un résultat annuel global de 9,2MD contre 7,7MD en 2016, soit une évolution de 20,5% expliquée essentiellement par la performance remarquable de Magasin général.

Le résultat annuel global des 3 concessionnaires automobiles cotés (le résultat UADH n’étant pas encore publié) a progressé de 6,1% pour se situer à 80MD contre 75,4MD durant l’exercice 2016.

Le secteur des industries, a réalisé un résultat global déficitaire de -31,1MD contre -34,3MD en 2016, porté essentiellement par la mauvaise performance de deux cimenteries, dans la même tendance, le sous-secteur « Bâtiment et matériaux de construction» a affiché pour la deuxième année de suite des résultats négatifs avec une perte de -87,2MD en 2017 et une perte de -70,8MD en 2016.

Au total, tous les secteurs ont dans l’ensemble enregistré une performance positive en 2017, ce qui explique la bonne tenue de la performance globale des sociétés cotées. Seuls 3 sous-secteurs ont affiché des performances négatives à savoir les assurances, les produits ménagers et de soins personnels et Bâtiment et matériaux de construction.

Après ICF qui a réalisé la plus forte croissance de résultat durant la période avec un résultat de 14,9MD contre 0,401 MD en 2016, les plus importantes hausses de résultat ont été réalisées par Telnet Holding (+479,8%), SOTETEL (+314,7%), ASSAD (+234,2%), STB (+192,2%), SIAME (95,8%), ADWYA (79,7%),
MAGASIN GENERAL (79,5%), SOTRAPIL (78,9%) , MPBS (74,4%) et SOTUVER (66,7%).Les plus fortes baisses de résultats ont touché SIMPAR (-70,1%), BTE (-65,6%), STAR (-54,5%), SAM (-39,5%), SAH (-25,9%), TUNIS RE (-22,8%), SANIMED (-19,6%), PLACEMENT TUNISIE SICAF (-8,3%), LAND’OR (-6,6%) et ENNAKL AUTOMOBILES (-5,9%).

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C’est assurément l’un des points noirs majeurs de l’économie de la Tunisie. Le déficit de la balance commerciale n’en finit pas de se creuser alignant les records. Durant le premier semestre de 2018, il s’est aggravé pour se situer aux prix courants à 8,16 milliards de dinars.

Selon les chiffres de l’Institut National de la Statistique, le solde de la balance commerciale est déficitaire de 8164,9 MD, suite au déficit enregistré avec certains pays, dont la Chine (-2569,8 MD), l’Italie (-1329,2 MD), la Turquie (-1031,0 MD), la Russie (-621,6 MD) et l’Algérie (-608,1 MD).

En revanche, ce solde est excédentaire avec d’autres pays principalement, la France de 1729,5 MD, la Libye de 448,6 MD et le Maroc de 209,8 MD.

Hors énergie, le déficit de la balance commerciale se réduit à 5584,8 MD, alors que le déficit de la balance énergétique s’est établi à 2580,1 MD (31,6% du total du déficit) contre 1903,8 MD durant la même période en 2017, selon l’INS.

On exporte mieux et plus

Les exportations ont augmenté de 26,6% contre 12,7% durant la même période en 2017. En valeur, elles ont atteint le niveau de 20354,6 MD contre 16072,3 MD durant la même période en 2017.

La hausse des exportations a concerné la majorité des secteurs, d’après l’INS, dont le secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires qui a enregistré un accroissement de 71,8% suite à l’augmentation des ventes des huiles d’olives (1351,6 MD contre 430,7) et des dattes (467,8 MD contre 347,0 MD). Les exportations du secteur de l’énergie ont également augmenté de 33,1% suite à l’augmentation des ventes de pétrole brut (895,1 MD contre 622,5 MD).

Quant au secteur des industries manufacturières, ses exportations ont augmenté de 28,5%, celles du secteur textile et habillement et cuirs ont affiché une hausse de 22,9% et cette hausse a été estimée à 19,4% pour le secteur des industries mécaniques et électriques.

Les exportations du secteur mines, phosphates et dérivés demeurent, en revanche, en baisse avec un taux de 6,7%.

Les importations en hausse de 20,8%

Les importations ont, quant à elles, maintenu un rythme de croissance important, enregistrant une hausse de 20,8% contre 16,3% durant le premier semestre de l’année 2017, pour une valeur de 28519,5 MD contre 23607,5 MD durant la même période en 2017.

L’augmentation des importations est due essentiellement, selon l’INS, à la hausse enregistrée au niveau des importations de tous les secteurs, principalement celles du secteur de l’énergie (34,8%). Il s’agit aussi de l’augmentation des importations des matières premières et demi produits de 26,4%, des biens d’équipement de 19,3%, de secteur des mines, phosphates et dérivés de 8,9% et de secteur des produits agricoles et alimentaires de base de 7,8%.

L’INS fait état d’une amélioration du taux de couverture de 3,3 points par rapport au premier semestre de l’année 2017 pour s’établir à des taux respectifs de 71,4% et 68,1 %.

72,7% des exportations vers l’UE

La répartition des échanges de la Tunisie avec l’extérieur fait ressortir que l’Union européenne est toujours le premier partenaire commercial de la Tunisie avec une part de 72,7% du total des exportations. Les exportations vers l’UE ont augmenté de 22,2%, en raison de la hausse des exportations vers l’Espagne de 75,5%, l’Allemagne de 26,6% et la France de 19,8%.

D’autre part, les exportations de la Tunisie sont en diminution vers d’autres pays européens notamment avec la Royaume-Uni de 29,9%. Avec les pays arabes, cependant, les exportations ont augmenté avec l’Egypte de 51,8%, le Maroc de 33,4% et la Libye de 27,8%. En revanche, les exportations vers l’Algérie ont baissé de 11,1%.

Les échanges selon les régimes

La répartition des échanges par régime dénote une accélération du rythme de croissance des exportations sous le régime off shore. En effet, les exportations ont enregistré une hausse de 21,4% contre +14,0% durant la même période en 2017. Les importations ont enregistré sous ce régime une hausse de 26,3% contre +14,0% durant la même période en 2017.

Sous le régime général, les exportations ont enregistré une hausse importante de 42,6 % contre +9,0% durant la même période en 2017.

TAP

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La Tunisie est sous le choc, endeuillée par la mort de six de ses Gardes nationaux ce dimanche dans une embuscade tendue par un groupe terroriste à une patrouille de la Garde nationale dans la région d’Ain Soltane (Gouvernorat de Jendouba) près de la frontière avec l’Algérie. Plus qu’un attentat, il faut y voir un acte de guerre eu égard aux armes utilisées, des missiles, et à la technique mise en œuvre ayant permis aux terroristes de s’emparer d’un véhicule de la patrouille et des armes et munitions qui se trouvaient à bord avant de disparaître en gagnant, très vraisemblablement, le territoire algérien.

Tous les ingrédients d’un drame national sont là pour interpeller les Tunisiens qui ont compris, sans doute à tort, que la cause était entendue pour les terroristes, tantôt présentés comme décimés, plus souvent comme neutralisés, comme en témoigne d’ailleurs l’absence d’actes terroristes d’envergure depuis 2015, faisant croire au mythe de l’inviolabilité du territoire tunisien. Il n’en est pas moins vrai que le gouvernement, tout en affirmant que « la situation sécuritaire s’est stabilisée », prenait régulièrement soin d’avertir que la menace terroriste n’a pas totalement disparu et qu’il importe d’être constamment sur ses gardes. Car enfin on a affaire à un terrorisme, par essence et vocation, imprévisible et volatile, qui frappe aléatoirement et toujours avec violence, ce qui conduit à la terreur dont il se nourrit pour gagner en puissance.

Un bilan pourtant rassurant !

Pourtant, le bilan de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes avait de quoi être rassurant. Les ministères de l’Intérieur et de la Défense livraient des chiffres qui donnaient à penser que c’était effectivement le cas. Des centaines cellules terroristes, de réseaux d’envoi de terroristes aux zones de conflits, de réseaux armés et cellules d’embrigadement démantelés, alors que des dizaines de milliers de personnes ont été interdits de voyager. Des équipements sécuritaires et militaires dernier cri meublaient les arsenaux et des partenariats et bien des formes de coopération avec de nombreux Etats étaient régulièrement noués et mis en place. Mais si le danger terroriste à partir de la Libye a cessé d’avoir les moyens d’être présent dans le Sud après l’attaque de Ben Guerdane et l’effondrement de Daech en Libye, la situation était autre sur les régions occidentales de la Tunisie où il arrivait aux groupes terroristes de se manifester, certes à une cadence moindre, mais parfois en faisant des victimes.

Une configuration généralement contrôlable mais qui portait en elle les germes d’une menace qui pourrait être suivie d’actes à n’importe quel moment. Et c’est ce qui vient de se produire à Jendouba, une région pourtant rayée récemment de la liste des zones déconseillées par le Foreign Office aux ressortissants britanniques, même si on avait le pressentiment que quelque chose allait arriver, et ce depuis trois mois, conduisant à la fermeture du centre de camping à Ain Soltane près du lieu de l’attaque suite à des informations sur la présence d’un groupe de terroristes, dans les environs, et la découverte d’un berger tué dans la zone de Bayadha. Au regard de ces faits, les forces de sécurité ont indiscutablement pris les mesures dictées par semblable contexte, et il est inimaginable qu’ils n’aient pas agi autrement. Pour le reste, il faudra attendre ce que diront les investigations sur les tenants et les aboutissants de l’embuscade.

« Les terroristes seront poursuivis dans leurs retranchements »

En attendant, les informations sont rares qui puissent permettre d’avoir une idée bien précise de ce qui est en train de se produire dans la zone où a été tendue l’embuscade, sauf que d’intenses opérations de ratissage y ont été lancées à la recherche des terroristes que le ministre de l’Intérieur par intérim Ghazi Jribi a promis de « poursuivre dans leurs derniers retranchements et de venger les martyrs ». On ignore encore l’identité du groupe terroriste qui a perpétré l’attentat, mais on sait que les deux principaux groupes qui y sont implantés sont la phalange Okba ibn Nafaa, branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et Jund al Khalifa, affilié à Daech.

Les terroristes auraient-ils tiré parti des changements à la tête du ministère de l’Intérieur pour commettre leur forfait ? D’aucuns ont soulevé la question alors que de nouvelles nominations sont en train d’être opérées au niveau des cadres de l’appareil de la sécurité après avoir été longtemps mises en veilleuse. D’ailleurs, on a appris que le chef de l’unité de la Garde nationale de l’avant- poste frontalier d’Esraya venait tout juste (ce dimanche) de prendre ses nouvelles fonctions. On s’interroge aussi sur les raisons qui empêchent encore la nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur après l’éviction de Lotfi Brahem en se contentant d’un successeur par intérim qui cumule le portefeuille de la Justice. Une transition qui pourrait faire accroire aux terroristes qu’il y aurait des « remous », donc une certaine instabilité dont ils pourraient profiter. En tout cas, le ministère de l’Intérieur a affirmé le plus officiellement du monde dans un communiqué, ce dimanche après-midi, que « l’institution sécuritaire ne doit pas être entraînée dans des conflits quelle qu’en soit la nature et pouvant avoir des conséquences négatives sur la sécurité et la stabilité du pays ».

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Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l’augmentation et à plusieurs reprises du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie, la baisse de la production de phosphate et l’augmentation récente des prix du carburant. Interview:

Quel impact aura la dernière augmentation des prix du carburant sur l’économie?

L’énergie d’une manière générale constitue un élément de coût direct de plusieurs produits. Elle constitue également un élément de coût très important du transport des biens et des personnes. De ce fait, l’augmentation des prix des carburants aurait un effet double sur l’augmentation des coûts directs et indirects (production et transport) de la plupart des produits et services et constitue donc un facteur d’inflation significatif. Il en est de même de l’électricité et du gaz dont les tarifs seront révisés à la hausse dans les prochains jours. Cette situation a un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est un consommateur d’énergie, d’une part, et qui va subir, en outre, une inflation de plus en plus élevée en raison de l’augmentation des prix de la plupart des produits et services par les entreprises à même de faire face au surplus de coût qu’elles vont supporter, d’autre part.

Il convient de rappeler à ce titre que le prix de l’essence sans plomb par exemple, a fait l’objet de 4 augmentations successives en l’espace d’un an (depuis juillet 2017) et qui totalisent 275 millimes, soit 17%. Il en est de même des tarifs de l’électricité qui sont en augmentation annuelle quasi-systématique de l’ordre de 7%. Le taux d’inflation du mois de mai 2018 a atteint un record historique de 7,7% jamais atteint depuis des décennies et l’inflation ressentie serait beaucoup plus élevée que cette proportion moyenne publiée par l’INS. Il convient de rappeler également que les taux d’inflation les plus élevés ont été enregistrés dans les produits de première nécessité, notamment les produits agricoles et agroalimentaires (9,3%) et le transport (9,6%), outre le logement, l’habillement, la santé et l’enseignement (considérés également comme produits de première nécessité).

L’augmentation des prix de l’énergie (carburant, électricité et gaz) aura également un impact néfaste sur la rentabilité et la compétitivité des entreprises (exportatrices ou non), surtout celles qui auraient conclu des marchés moyennant des prix fermes et non révisables (IME, textile, hôtellerie, par exemple). L’impact des dernières augmentations sera de plus en plus ressenti au cours des prochains mois et il serait alourdi davantage par de nouvelles augmentations selon nos prévisions et ce, compte tenu de la tendance haussière continue des cours du pétrole à l’échelle internationale, de la situation très difficile des finances publiques et du budget limité de compensation déterminé sur la base d’une hypothèse non plausible du cours du baril de 54$, alors qu’il a atteint une moyenne de 75$ au cours des dernières semaines et qu’il cotait déjà à plus de 60$ durant la période de discussion de la loi de finances 2018 et qu’en outre, les pays de l’OPEP ont déjà décidé, lors de la réunion du 30 novembre 2017, de prolonger leur accord de réduction de leur production en 2018 et ce, en vue de soutenir davantage le cours du baril.

  Il y a lieu également d’évoquer la perte de valeur continue de notre monnaie nationale, notamment face à l’Euro (3,137 dinars) et le dollar (2,638 dinars), contre des prévisions budgétaires pour la fin de l’année 2018 de 3,050 dinars pour l’Euro et 2,650 dinars pour le dollar. Ces écarts de change intervenus dès le premier semestre de l’année alourdissent davantage la facture d’importation d’énergie de 2018 et favorisent de nouvelles augmentations de prix.

Est-ce qu’on peut aussi parler des pressions du FMI ?

Oui, justement, les pressions de plus en plus importantes du FMI invitent le gouvernement, lors de chaque revue, à maîtriser et limiter davantage les dépenses de compensation des carburants. Mais, il ne faut pas se limiter uniquement à ces facteurs. Il y a lieu également d’évoquer d’autres facteurs qui sont plutôt endogènes. Il s’agit notamment de la baisse considérable de l’ordre de 50% de la production nationale de pétrole en raison du vieillissement des champs, de l’absence d’octroi de nouveaux permis de recherche et de développement depuis plusieurs années, des arrêts répétitifs de la production suite aux grèves et aux sit-in, etc. Il s’agit également du retard important de plus de deux ans depuis la publication des textes pour l’octroi des permis d’exploitation des énergies renouvelables, un retard dû notamment à certaines insuffisances relevées dans les textes adoptés et la résistance de certaines parties au développement de ce secteur. Sans oublier la baisse considérable de la productivité dans la quasi-totalité des entreprises publiques, notamment celles opérant dans le secteur de l’énergie, ce qui affecte directement la balance énergétique et le budget de compensation.

Parmi les facteurs endogènes, on notera également le gaspillage d’énergie à tous les niveaux (carburants, électricité et gaz) notamment dans le secteur public. A cela s’ajoutent les encours de créances impayées de plusieurs centaines de millions de dinars détenues par plusieurs entreprises publiques du secteur (STEG, SNDP, etc) qui aggravent d’une manière significative leurs difficultés financières surtout en l’absence de stratégies de recouvrement claires et efficaces (application rigoureuse des procédures réglementaires, déclenchement et suivi rigoureux du processus judiciaire et contentieux, conclusion d’arrangements, rééchelonnements, cession de créances, etc).

La baisse considérable des réserves en devises à 71 jours d’importation et le resserrement de la politique de change par la BCT (sur recommandation du FMI) constituent également un facteur de difficulté majeur. Pour preuve, la STEG (dont l’encours des créances impayées avoisine un milliard de dinars) a récemment rencontré beaucoup de difficultés pour payer sa facture d’importation de gaz en raison de l’assèchement des devises sur le marché des changes ; le montant du financement demandé a dû être réparti entre plusieurs banques de la place.

Et l’impact de la baisse de la production de phosphate…

A l’instar de la situation du secteur de l’énergie, la baisse de la production des phosphates constitue un facteur majeur d’aggravation de la balance commerciale et du déficit courant, ce qui affecte directement les réserves en devises. En effet, les exportations des phosphates et produits dérivés au cours des 5 premiers mois de 2018 ont baissé de 14% aux prix courants et de 17,5% au prix constant (baisse des volumes exportés). La Tunisie n’a pas pu profiter de la hausse des cours de vente à l’échelle internationale, due notamment aux fluctuations des prix et du change.
La situation du secteur est très difficile et elle est due à plusieurs facteurs, notamment la baisse considérable de la production versus l’augmentation vertigineuse de l’effectif et des différents facteurs de coûts de la production, du transport et des autres services.

Comme premier facteur, je cite les grèves répétitives, les sit-in et les arrêts de production. La production des phosphates a été de 4 millions de tonnes environ en 2017, soit 50% uniquement de la capacité nominale qui est de l’ordre de 8 millions de tonnes. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 6,5 millions de tonnes en 2018, un objectif devenu très ambitieux et difficilement réalisable compte tenu des arrêts répétitifs de la production survenus au cours des premiers mois de l’année.

Comme deuxième facteur, je note le sureffectif direct et indirect (notamment l’emploi de 11.000 personnes à travers les sociétés filiales de jardinage pour un coût annuel de l’ordre de 134 millions de dinars, vraisemblablement sans aucun rendement ou rentabilité prouvés). Les salaires servis à ce titre s’apparentent beaucoup plus à des indemnités de chômage déguisées. Outre les augmentations de salaires quasi-systématiques sans contrepartie effective en termes de croissance et sans lien direct avec la productivité dont la baisse considérable constitue à son tour un facteur majeur de dégradation. A noter également la baisse significative du taux d’encadrement dans l’ensemble des entreprises relevant du secteur, ce qui aggrave le manque de compétitivité.

Le manque de productivité et de compétitivité des différentes entités du Groupe chimique est dû également à l’utilisation de matériel et de technologies de production devenus obsolètes. Il en est de même pour le transport dont le coût et les problèmes d’arrêt, aussi bien par voie ferrée que par voie terrestre, ne cessent de s’aggraver. Certains investissements programmés depuis des années n’ont pas été réalisés quand bien même les financements seraient obtenus et les charges d’intérêts déjà courues, ce qui aggrave davantage les difficultés financières du Groupe en l’absence de contrepartie effective directe en termes de rentabilité et de cash flow. A titre de comparaison, parmi les actions de restructuration mises en place par l’OCP au Maroc, figure le changement du processus de production à travers l’emploi de nouvelles technologies et l’automatisation du transport du phosphate qui est désormais acheminé par pipeline d’une longueur de 235 Km.

Par ailleurs, il y a lieu de noter les difficultés d’ordre commercial du Groupe en raison de la perte de plusieurs marchés à l’international. L’exécution même des marchés en cours connaît des difficultés importantes au risque d’être perdus et ce, en raison des arrêts de production répétitifs et pourraient se traduire par des coûts supplémentaires (au lieu de procurer un rendement positif) suite à l’application des pénalités de retard mentionnées dans les conventions et/ou au recours à l’importation de la production nécessaire au respect des engagements contractuels et qui serait désormais payée en devises et selon les cours de vente sur le marché international (impact négatif double).

L’ensemble de ces facteurs et obstacles et bien d’autres menacent sérieusement la pérennité même des entreprises du secteur, notamment le Groupe Chimique Tunisien (GCT) et la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) qui ont essuyé des pertes de l’ordre de 482 millions de dinars en 2017 alors qu’en 2010 elles ont rapporté un milliard de dinars de recettes à l’Etat !
Bien entendu, les difficultés de l’ensemble des entités relevant du secteur s’étendent à d’autres qui lui sont directement et indirectement liés, tel que le secteur de l’agriculture (baisse de l’offre des engrais chimiques et autres produits dérivés, recours massif à l’importation à des prix plus élevés, etc). Il en est de même pour certains opérateurs économiques, tel que les BTP, qui ont subi de plein fouet les fortes tensions de trésorerie de la plupart des entreprises publiques et notamment celles du secteur des phosphates, remettant ainsi en cause l’image de l’Etat qui est relégué au rang de mauvais payeur et serait à l’origine de difficultés financières de plusieurs entreprises du secteur privé et par là même d’accumulation d’impayés dans le secteur bancaire et financier.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière hausse du taux directeur de la BCT ?

A vrai dire, il s’agit d’une augmentation de taux prévisible. En effet, parmi les missions principales de l’institution d’émission qui jouit du statut d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics depuis 2016, figure la maîtrise de l’inflation. Toutefois, elle ne dispose pas de suffisamment de marge de manœuvre pour le faire. L’instrument de politique monétaire usuellement utilisé en cas de tensions inflationnistes consiste à augmenter le taux d’intérêt directeur en vue de maîtriser la consommation et de réduire l’écart avec l’inflation. Or, l’inflation galopante ayant atteint un niveau record de 7,7% à fin mai 2018 n’est pas d’origine monétaire, de quoi remettre en question une telle décision, ayant suscité, par ailleurs, l’accord des équipes du FMI !

En effet, au niveau de sa note explicative publiée le 14 juin 2018, la BCT elle-même reconnaît, à juste titre d’ailleurs, que l’envolée de l’inflation trouve son origine principalement dans l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires, la hausse des salaires sans amélioration de la productivité, la persistance du déficit commercial à un niveau non soutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique. Donc, autant de facteurs qui ne sont guère liés à la politique monétaire. Il s’agit pour la plupart de facteurs exogènes qui alimentent l’inflation importée. Et auxquels j’ajouterais les augmentations d’impôts et taxes sur l’ensemble des produits et services locaux et importés ainsi que le glissement continu et sans précédent de la valeur du dinar à cause d’une flexibilité de change voulue en application des recommandations du FMI, mais qui n’est pas suffisamment explicite et surtout loin d’être maîtrisée. Cette situation affecte d’une manière directe le coût non seulement les produits et services destinés à la consommation, mais également les différents facteurs de production locale, tels que les investissements, les matières premières, les produits semi-finis, etc.

Quelle est la conséquence de l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations ?

L’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations, notamment des produits à la consommation non nécessaires et/ou ayant des similaires fabriqués localement constitue également un facteur majeur de déficit de la balance commerciale et d’inflation. L’élaboration par la BCT d’une liste de produits, fortement contestée (en l’absence de critères de choix rationnels publiés), dont l’importation doit être effectuée sur les fonds propres des agents économiques n’a vraisemblablement pas fait preuve d’efficacité pour baisser les importations puisqu’elle est fondamentalement de portée limitée, d’une part, et elle est facilement contournable par les agents économiques et le système bancaire, d’autre part. A contrario, elle a contribué à favoriser la position commerciale et concurrentielle dominante (voir même monopolistique) de certains importateurs disposant de suffisamment de moyens et d’appui financiers au détriment des autres opérateurs économiques.

En outre, peut-on prétendre maîtriser l’inflation par l’augmentation du taux directeur alors que plusieurs facteurs économiques échappent à tout contrôle et là, je vise une économie informelle et souterraine de plus de 1/3 du PIB qui constitue un refuge pour la plupart des consommateurs et leur permet de maintenir une élasticité de crédit à un niveau plus ou moins soutenable jusqu’à présent. Je dois également noter, à ce même titre, l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les circuits de distribution, notamment des produits de première nécessité (agricoles, agroalimentaires, etc), de régulation des prix, de lutte contre la concurrence déloyale ainsi que les situations monopolistiques et d’intermédiation fragmentée favorisant des marges exagérées, souvent sans contrepartie réelle, non déclarées et qui échappent à tout contrôle.

Il ressort de ce qui précède que l’augmentation de l’inflation n’est pas d’origine monétaire. Elle est due plutôt à des facteurs économiques et sociaux (augmentation des salaires sans contre- partie effective en termes de production et de productivité), dont la résolution relève principalement de la responsabilité du gouvernement moyennant une parfaite coordination avec la BCT. Parmi ces facteurs, figure l’importation directe et indirecte qui constitue une composante prépondérante : importation directe, en ce qui concerne les produits de consommation ; et indirecte pour les biens produits localement, mais dont les composantes et autres facteurs de production (équipements, matières premières et semi-finies, énergie, etc) sont majoritairement importés, ce qui est le cas pour la quasi-totalité de nos produits, tous secteurs confondus. De quoi se poser la question sur la valeur ajoutée réelle de notre production nationale ?!
D’ailleurs, bien que la BCT ait élevé son taux directeur à 4 reprises en un an seulement, l’inflation a continué d’augmenter à un rythme de plus en plus soutenu passant de 4,8% en Mai 2017 à 7,7% en Mai 2018 ; ce qui confirme notre analyse et nos conclusions précédentes.

D’un autre côté, les augmentations successives du taux directeur qui est passé de 4,25% en Mai 2017 à 6,75% en juin 2018, soit une majoration de taux de 250 points de base ou 59% pourraient avoir un effet contraire et constituer elles-mêmes un facteur d’inflation. Avec un corridor de 100 points de base, le TMM serait de plus de 7,5% au cours de la prochaine période. Toutes choses étant égales par ailleurs, cette situation se traduit par une augmentation au niveau des échéances d’intérêt de l’ordre de 30% aussi bien pour les entreprises que les ménages, et risque d’affecter leur capacité de remboursement (dette insoutenable) et par là même d’augmenter l’encours des impayés et des créances classées dans le secteur bancaire et financier. Par ailleurs, il convient de noter qu’à fin 2016, 72% de l’encours des crédits accordés par les banques sont destinés aux entreprises et 28% aux particuliers, (dont plus de la moitié sous forme de crédits immobiliers). L’augmentation significative du coût de l’investissement et des charges financières des entreprises, dont le besoin de financement du fonds de roulement et des déficits de trésorerie ne cesse de s’accentuer, serait répercutée sur les prix de vente des différents produits et services et, de ce fait, alimenterait davantage l’inflation.

Et quel effet sur le service de la dette ?

Il va sans dire que l’augmentation du taux directeur aurait également un effet négatif sur le service de la dette de l’Etat et sur le coût des ressources des établissements financiers et plus particulièrement les compagnies de leasing qui, de par la réglementation en vigueur, financent exclusivement l’investissement et ne collectent pas les dépôts, et dont les marges d’intérêt s’érodent et le coût du risque augmente.
Enfin et en prévision d’un taux d’inflation de 8% sur l’ensemble de l’année 2018, tel que présenté dans la note explicative de la BCT, d’une part, et en l’absence d’actions concrètes urgentes efficaces permettant de maîtriser les facteurs d’inflation réels précités, d’autre part, la BCT poursuivrait, conformément aux recommandations du FMI, sa même politique monétaire adoptée jusqu’à présent consistant à augmenter son taux directeur en vue de réduire l’écart avec le taux d’inflation qui serait, dans ce cas, de l’ordre de 125 points de base.

Dans une telle perspective, je ne serai pas d’avis que l’inflation soit maîtrisée dans un avenir prévisible ; au contraire, elle battrait, fort probablement, de nouveaux records. Par ailleurs, les conséquences seraient de plus en plus lourdes sur le coût des ressources, le financement de l’exploitation des entreprises et de l’investissement, la soutenabilité de la dette des professionnels et des particuliers, la rentabilité et la compétitivité économiques des entreprises, le pouvoir d’achat du citoyen, le service de la dette publique, etc.

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Les exportations du secteur industriel commercent à reprendre de la couleur. Par rapport aux mois derniers, l’évolution a été très importante et les exportations sont passées de 12 009,4 Millions de dinars (MD) durant les cinq premiers mois de 2017 à 15 230,1 MD durant la même période de l’année 2018, enregistrant ainsi une augmentation de 26,8%. Le secteur industriel a importé pour 18 870,4 MD durant les cinq premiers mois 2018 contre 16 030,9 MD durant la même période 2017, enregistrant ainsi une hausse de 17,7%. Ainsi donc le solde commercial du secteur industriel s’établit à -3640,3 MD contre -4021,5 MD au cours des cinq premiers 2017.

La hausse enregistrée au niveau des exportations est due essentiellement au secteur des industries agroalimentaires dont les exportations ont atteint 1909,8 MD, contre 899,6 MD pendant les cinq premiers mois 2017, soit une progression de 112,3%. Ont aussi augmenté les exportations du secteur des industries des matériaux de constructions de la céramique et du verre. De même, les exportations du secteur des industries mécaniques et électriques ont augmenté de 19,5%.

Le secteur des industries du textile et de l’habillement n’a pas été en reste avec des exportations de l’ordre 3052,7 MD contre 2496,4 MD durant les cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 22,3%. Il en est de même pour le secteur des industries du cuir et de la chaussure dont les exportations ont augmenté de 26,9% avec 643,7 MD contre 507,3 MD au cours des cinq premiers mois 2017.

Quant aux importations industrielles, elles ont connu des augmentations pour tous les secteurs. Ces augmentations varient entre 1,4% pour le secteur des industries agroalimentaires et 27% pour le secteur des industries diverses.

S’agissant des services, il en ressort que durant les cinq premiers mois 2018, l’investissement déclaré dans les activités de service a atteint le montant de 580,3 MD contre 998,9 MD lors des cinq premiers mois 2017, enregistrant ainsi une baisse de 41,9%. Le nombre de projets déclarés a atteint 5054 au cours des cinq premiers mois de 2018 contre 4148 lors des cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 21,8%. Ces projets permettront la création de 19 626 postes d’emplois, contre 17 901 postes d’emplois durant les cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 9,6%.

Les investissements déclarés dans les activités de services totalement exportateurs ont enregistré une augmentation de 98,2%, avec un montant de 44,6 MD, contre 22,5 MD durant les cinq premiers mois de 2017. Le nombre de ce type de projets a progressé de 26,1% passant de 690 pendant les cinq premiers mois de 2017 à 870 au cours de la même période 2018, le nombre des emplois à créer a augmenté de 29,7% passant de 2989 à 3878 durant la même période. Quant aux services orientés vers le marché local, les investissements ont été marqués par une baisse de 45,1% avec 535,7 MD contre 976,4 MD durant les cinq premiers mois de 2017.

Le nombre de projets y afférents a enregistré une hausse de 21% (4184 au cours des cinq premiers mois 2018 contre 3458 durant la même période de l’année 2017), les emplois à créer ont augmenté de 5,6% (15 748 contre 14 912 durant les cinq premiers mois de 2017).

La baisse des investissements durant les cinq premiers mois 2018 dans les activités de services résulte aussi bien de la diminution enregistrée dans les régions de l’Est où les investissements ont atteint 461,3 MD contre 865 MD au cours des cinq premiers mois 2017 (-46,7%), que de celle enregistrée dans les régions de l’Ouest où les investissements déclarés sont passés de 133,9 MD à 119 MD pendant les cinq premiers mois de 2018 (-11.2%). L’augmentation enregistrée au niveau des projets déclarés dans les activités de service résulte de la hausse marquée dans les régions de l’Est, dont le nombre de projets déclarés dans les activités de services est passé de 3458 à 4537 durant les cinq premiers mois de 2018 (+31.2%). En revanche, le nombre de projets dans la région de l’Ouest a connu une baisse de 25,1% (517 contre 690 projets déclarés pendant les cinq premiers mois 2017).

La hausse des emplois à créer résulte de la progression enregistrée dans les régions de l’Est où les emplois à créer ont atteint 17 480 durant les cinq premiers mois 2018 contre 15 567 durant la même période de l’année 2017 (+12.3%). Quant au nombre d’emplois déclarés dans les régions de l’Ouest, il est passé de 2334 à 2143 au cours des cinq premiers mois 2018, enregistrant ainsi une baisse de 8,2%.

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Moody’s prévoit une croissance de 2,8% en 2018 et de 3% en 2019, contre 1,9% en 2017 et une hausse du taux d’endettement à 73% en 2019, en Tunisie.
Le taux d’endettement public en Tunisie atteindra 72% du PIB en 2018 et 73% en 2019, sous l’effet d’une dépréciation constante de la monnaie, de déficits primaires persistants et d’un fardeau croissant des taux d’intérêt, a indiqué l’agence de notation dans un rapport d’analyse et de mise à jour des marchés, publié cette semaine. Dans ce rapport, intitulé “Gouvernement de la Tunisie – B2 Stable, analyse annuelle du crédit” et disponible sur www.moodys.com, Moody’s a indiqué que les problèmes de crédit de la Tunisie incluent la détérioration structurelle de sa solidité fiscale, la flexibilité budgétaire limitée et la détérioration de la dynamique des comptes courants.

La vice-présidente de Moody’s et auteure du rapport, Elisa Parisi-Capone, a rappelé que le taux d’endettement de la Tunisie a fortement augmenté pour atteindre près de 70% du PIB à la fin de 2017 et les fortes pressions sur les dépenses du secteur public limitent sa flexibilité budgétaire”, indiquant que l’agence de notation a “assisté à des retards dans la mise en œuvre des réformes du FMI“.
Le rapport, rappelle, ainsi, que les déficits budgétaires élevés de la Tunisie ont été parmi les principaux contributeurs à l’augmentation de la dette publique, qui a atteint 69,9% du PIB en 2017 contre 50,8% en 2014. La dynamique des taux de change a également contribué à plus de 68% de la dette publique tunisienne libellée en monnaie étrangère.

La relance du secteur touristique aidée par la levée des restrictions des agences de voyages va avoir un impact sur l’économie et sur le système bancaire, car plusieurs crédits “non performants” accordés, notamment, au secteur public, sont étroitement liés au tourisme“, lit-on dans le rapport de Moody’s.
Le maintien de la perspective stable de la notation souveraine de la Tunisie reflète la confiance de Moody’s dans la capacité du pays à continuer ses démarches pour mener les réformes proposées par le FMI.
Moody’s estime, cependant, qu’une pression négative sur la notation suivrait d’autres retards dans la mise en œuvre du programme de réforme économique du FMI, qui a eu un impact sur l’accès de la Tunisie à des sources de financement officielles et qui a retourné l’appétit du marché à la baisse.

 

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Fin du suspense à la municipalité de Tunis, où la mieux placée pour l’emporter, la candidate d’Ennahdha, Souad Abderrahim, a fini par s’asseoir sur le fauteuil de maire, selon Mosaïque FM, en dépit des grandes manoeuvres, dans les coulisses et publiquement, pour l’en empêcher. Dernier rebondissement en date : le candidat de l’Union civile, Mehdi Rebaï, a jeté l’éponge hier lundi 02 juillet 2018 pour dégager la voie à Kamel Idir, candidat de Nidaa Tounes, mais rien n’y a fait.
Souad Abderrahim devient donc la première femme à la tête de la municipalité de Tunis.

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Taoufik Rajhi est ministre en charge des grandes réformes. Il est aussi en charge du dossier des relations avec le FMI, un des principaux bailleurs de fonds de la Tunisie. Pour Africanmanager, il répond  à ceux qui font circuler que les relations du gouvernement tunisien avec le FMI se seraient détériorées.

Question : Tout d’abord vous venez de rentrer de Beyrouth où vous avez présidé la trentième session ministérielle de la Commission Economique et Sociale des Nations Unies de l’Ouest de l’Asie (ESCWA). Quels ont été les résultats ?

Réponse : C’était le tour de la Tunisie de présider pendant trois années cette commission. La réunion a été fructueuse et s’organise habituellement autour de Trois réunions ministérielles de discussion et des réunions parallèles d’experts. Nous avons débattu de la technologie face aux défis du développement durable. Nous avons adopté la déclaration de Beyrouth sur la technologie pour le développement durable qui serait la plateforme Arable des actions fédératrices dans le domaine permettant d’atteindre les objectifs de développement économique et social établis par les nations Unies.

Question : Et la Tunisie dans tout cela ?

Réponse : Au contraire nous avons fait la promotion de l’expérience tunisienne récente en matière de réformes dans le secteur et en particulier l’adoption du Startup Act qui est révolutionnaire à plusieurs égards. Le plus grand défi du monde Arabe est le chômage des jeunes diplômés et le développement de technologies chez les jeunes ne peut se faire que par l’encouragement de la création des startups.  Nous avons insisté sur le rôle de l’Etat d’investir dans l’infrastructure technologique mais aussi sur la réforme du cadre législatif comme la Startup Act en Tunisie mais aussi un cadre fiscal et financier incitatif en même temps que les structures de financement.

Question : Il y a eu beaucoup de désinformation ces jours-ci, sur la relation gouvernement-FMI, allant jusqu’au bruit sur la rupture, le non décaissement et l’annulation de la visite du Directeur de la région MENA. Qu’en est-il au juste ?

Réponse : J’ai suivi tout cela avec amertume car au moment où nous travaillons d’arrache-pied sur le redressement économique du pays et dans une période cruciale de réalisation des financements prévus par la loi de finance 2018, des contrevérités surgissent et parfois manipulées par des médias «professionnels».
Au contraire de tout ce qui a été dit, la visite du Directeur de la région MENA prévue le lundi 25 a été reportée pour le 26 juillet à cause de la visite du Roi de Jordanie à Washington le 25 juin. Il est inconcevable que le Directeur de la région soit à l’étranger au moment de la visite du plus haut responsable du dossier de son pays, qui est en difficulté.  En plus, la Revue était concluante depuis la visite des experts et même en termes de réalisation des objectifs quantitatifs et repères structurels, elle est de loin la meilleure, puisque c’est la première Revue où on ne demande pas de dérogation. En plus la date du Conseil d’Administration était fixée depuis un mois pour le 6 juillet et a été confirmé vendredi dernier avec ironie par le Chef de communication du FMI lors de la conférence habituelle. Personnellement, je prévois comme dans le conseil d’Administration de la Banque Mondiale le 27 juin une décision unanime d’approbation du rapport du staff qui a mis l’accent sur les progrès réalisés en matière de réformes. D’ailleurs je peux vous annoncer que la prochaine revue sera le 15 aout et elle sera concluante inshallah.

Question : Vos détracteurs vous répondent que le gouvernement ne fait qu’appliquer les dictats du FMI ?

Réponse : Cette assertion populiste est une insulte à la Tunisie et en particulier à l’Administration et me fait personnellement rire.  De grâce a-t-on besoin du FMI pour savoir qu’il faudrait réduire le déficit budgétaire, réformer nos caisses, maîtriser nos dépenses de compensation de l’énergie ou encore maitriser la masse salariale ? A-t-on besoin du FMI pour savoir qu’on doit impérativement réformer nos entreprises publiques, moderniser l’administration fiscale, améliorer la collecte d’impôt ? D’ailleurs nulle part vous trouverez une référence à la réforme des entreprises publiques ou les caisses sociales dans le programme du FMI ou la BM.
Parfois je m’amuse à lire que le FMI a demandé la privatisation des entreprises publiques, alors que cette question n’existe nulle part ni dans nos discussions ni dans les documents échangés. C’est de la désinformation et de la manipulation de l’opinion publique et cela nous fait dévier de l’essentiel qui est la réforme et la modernisation de l’Etat. Le FMI vient discuter cette politique budgétaire avec le gouvernement dans un dialogue constructif et d’égal à égal et nous finissons toujours par le convaincre. Sinon comment vous expliquez le paiement des augmentations salariales par le mécanisme de crédit d’impôt, le montant exorbitant de la compensation de l’hydrocarbure ou même le nouveau package social ?  Nous sommes conscients de nos problèmes et nous trouvons toujours des solutions et c’est comme çà que nous avons gardé le FMI à nos côtés,  alors que d’autres pays sont en rupture et en difficulté et dépêchent leurs hauts responsables à Washington pour convaincre. La politique budgétaire de la Tunisie est conçue par le gouvernement tunisien en toute indépendance et aux détracteurs de présenter l’alternative s’ils en ont.

Question : Il y a une avancée qui est celle de l’amélioration des recettes de l’Etat en traquant les fraudeurs, la corruption !

Réponse : Mais cela ne constitue pas en soi une politique budgétaire alternative. Les gouvernements successifs en sont conscients et ont amélioré l’arsenal juridique et répressif et les résultats sont meilleures, bien qu’il reste beaucoup à faire. En tout cas oui à la lutte contre les fraudeurs fiscaux, l’évasion fiscale, la corruption mais ceux qui pensent que les sommes récoltées vont servir à payer les salaires et la compensation de l’énergie se trompent. L’argent dégagé sera consacré aux pauvres et aux classes moyennes. Nous venons de le faire lorsqu’on a constaté une amélioration des recettes fiscales par un package social dont l’intégration de 35.000 familles nécessiteuses et la prime de 500 dinars pour les nouveaux étudiants des classes moyennes pour atténuer leurs dépenses de rentrée universitaire.

Question : Comment vous justifier alors  la hausse des prix de l’Energie ?

Réponse : La facture énergétique est un casse-tête pour les gouvernements tunisiens depuis la révolution. Cette année nous avons projeté dans la LF 2018  sur la base d’un prix du baril de 54$ un coût global de la compensation de l’Energie (gaz, électricité et hydrocarbure) de 2400 Millions. Le budget devrait supporter 1500 millions de dinars et le reste devrait être recherché par des politiques sectorielles et d’ajustement des prix à hauteur de 900 millions. Nous avons annoncé tout cela en décembre 2017 en indiquant qu’on fera un ajustement trimestriel avec la règle d’ajustement automatique des prix dont le passage à un ajustement mensuel était prévu pour juillet 2017 et reporté depuis à juillet 2018.

Question : Mais le prix du baril est loin des 54$ aujourd’hui.

Réponse : Comme le prix du Baril a augmenté dès le début de l’année, le Gouvernement a mis en place en février un task force que je préside qui est consacré au « Suivi des risques budgétaires de la hausse du prix du pétrole ». Nous avons fait une première révision en février sur la base d’un prix moyen de 62$ et nous avons estimé à ce moment le cout total à 3000 MDT et augmenté le poids supporté par le budget de 1500 MD à 2100 MDT pour ne pas affecter davantage le poids des ajustements sur les ménages. Malheureusement en mai et sur la base d’un prix moyen de 70$ la facture est montée à 4035 MD, ce qui est le double de ce qui est prévu par la LF2018. Encore une fois, nous avons décidé d’augmenter la part supportée par le Budget de 1500 et 2100 à 2700 MD soit 1100 supplémentaires supportés par le budget de l’Etat et non prévus par la LF2018 et qui sera financée indirectement par le contribuable tunisien.

Question : Qui va supporter l’augmentation du prix du baril de pétrole ?

Réponse : Le budget ne peut pas supporter plus et nous sommes résolus à ne pas aller au-delà de ce montant de 2700 MD en 2018 quel que soit le prix du baril et de monitorer de près le prix du baril mensuellement et faire les ajustements mensuels nécessaires avec la règle d’ajustement automatique. Notre prochaine évaluation de la situation est en octobre prochain pour voir quelles sont les décisions nécessaires pour rester dans l’enveloppe de 2700 MD. D’ailleurs, le Parlement nous a autorisé uniquement 1500 MD et nous sommes à 2700 DM et nous devons y aller à l’ARP pour une loi de finance complémentaire rien que pour ça. Personne n’accepte que tous les contribuables tunisiens paient 80% de la compensation de l’hydrocarbure au 20% des plus riches. On ne veut pas s’endetter pour payer la compensation de l’hydrocarbure mais pour les écoles, les universités, les hôpitaux, l’infrastructure…. OK.

Question :  Vous n’avez pas d’autres solutions pour résorber la facture énergétique ?

Réponse : Bien sûr que oui. Les énergies non renouvelables tout d’abord et nous avons commencé la rationalisation de la consommation énergétique, surtout pendant l’été y compris par l’administration. Les nouveaux produits non polluants comme le premium car il est inconcevable qu’on continue en Tunisie de consommer le gazoil alors qu’il est banni dans les pays européens et on peine à le trouver sur le marché international. Il faudrait aussi qu’on ait une politique énergétique qui respecte l’environnement et à mon avis il faudrait bannir progressivement le gazoil ordinaire en Tunisie et le remplacer par un produit moins polluant. En plus, le transport commun public et non public y compris les taxis doivent penser à la voiture électrique ou à gaz. Cela nécessite sûrement de l’infrastructure et des incitations mais l’Etat est prêt à le faire pour le bien du pays. Au lieu de négocier des tarifs, négocions stratégie de transport urbain conjointement avec une stratégie d’Energie propre. Ce sont les vraies questions à débattre dans le pays. Nous devons aussi développer des techniques financières de couverture contre risque de la hausse du prix du baril. J’ai mis en place une équipe qui réfléchit sur la question.

Question : Revenons à la question brûlante des retraités qui sont en grogne concernant le paiement de leurs pensions.

Réponse : Sur ce sujet, il y a un malentendu. Il y a deux problèmes. Le premier est celui des paiements des pensions de retraite des caisses de retraites et le second est celui de l’augmentation des pensions. Pour le premier, le problème est structurel et dû à la réforme de 1985 qui a tout fait pour distribuer l’excédent du système à cette époque et n’a pas prévu la transition démographique. Le gouvernement a donné la priorité à ce sujet et a assuré tout d’abord les retraites de 2016, 2017 et encore maintenant 2018 en injectant du transfert direct respectivement de 300 MD, 600 MD et autre cette année. Les difficultés de cette année étaient prévues et le gouvernement avec la participation des partenaires sociaux a préparé une réforme minimaliste mais les partenaires sociaux ont pris du temps pour valider les choix de la commission tripartite à leurs structures malgré de multiples rappels par le gouvernement. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a validé les résultats de la commission tripartite et a envoyé la loi à l’ARP.  La loi était prête depuis l’année dernière et si on avait adopté cette réforme et si on l’avait appliquée depuis janvier on n’en serait pas là.  Alors il fait pas blâmer le gouvernement qui est en avance par rapport aux partenaires sociaux en matière de réforme des caisses et non plus pour son soutien financier au CNRPS pour combler son déficit structurel.

Question : Et pour les augmentations des pensions du CNSS ?

Réponse : Là aussi il y a deux problèmes celui de l’augmentation des pensions du CNSS qui se fait en fonction de l’augmentation du SMIG et celui des pensions du CNRPS qui se fait selon le mécanisme de péréquation. Pour le premier problème, le gouvernement est en train d’étudier la question et d’évaluer l’impact. En effet, le CNSS n’a pas les moyens de financer l’augmentation des pensions du CNSS  car déjà elle  a un déficit structurel et est en train de payer les pension actuelles en grignotant les cotisations de l’assurance maladie du CNAM. Toute décision d’augmentation du SMIG va se traduire par un déficit supplémentaire du CNSS d’où il est nécessaire de prendre la bonne décision mais aussi de l’accompagnera une réforme structurelle. La décision d’augmentation du SMIG est imminente.

Question : Et pour les augmentations des pensions du CNRPS ?

Réponse : Pour l’augmentation des pensions du CNPRS et au-delà du fait que la CNRPS n’a pas les moyens de payer les pensions en soi à cause du déficit structurel, on a eu un problème de la Cour des comptes qui considère que le crédit d’impôt n’est pas une augmentation salariale et par conséquent c’était une faute de gestion d’ajuster les pensions du CNRPS en conséquence en 2017. Rappelons que l’Etat a financé l’application de la péréquation en 2017 qui est proportionnelle à la moitié des augmentations salariales de 2017. EN 2018 nous avons eu le versement sous forme de crédit d’impôt de la deuxième moitié de l’augmentation de 2017 qui a été versée en trois mois (janvier, février et mars) et la dernière tranche de l’augmentation spécifique de 2018.  En temps normal, la CNRPS devrait appliquer la péréquation mais d’une part il n’a pas les ressources financières et d’autre part il se heurte à l’avis de la Cour des comptes. Nous travaillons sur une solution dans les jours qui suivent mais encore c’est l’Etat qui va supporter ce coût. La réforme du CNRPS est plus qu’une urgence, c’est vital. J’espère que l’ARP se saisira rapidement du dossier.

Question : On croit savoir que vous n’appréciez guère la hausse du taux directeur récente de la BCT ?

Réponse : Je n’aime pas du tout commenter la politique monétaire de la BCT car je crois profondément à l’indépendance de la BCT. Fondamentalement, il est légitime qu’une banque centrale s’attaque à l’inflation et peu importe la composante monétaire de l’inflation, la hausse du taux directeur est impopulaire en Tunisie car l’offre des banques tunisiennes en matière de taux d’intérêt du crédit est variable ( TMM+ un taux de marge) à part les banques islamiques et les crédits de plus de 15 ans. En théorie l’objectif de la hausse du taux directeur est de réduire l’octroi de crédit pour financer la nouvelle demande de crédit pour la consommation ou l’investissement. En Tunisie, nous voulons juste qu’elle freine les nouveaux crédits à la consommation et pas l’investissement. Or, comme les banques tunisiennes ne supportent que le risque de crédit et non de taux et n’offrent pas de taux fixes comme la majorité des pays, la majorité des emprunts sont à taux variables et par conséquent la hausse du TMM réduit le pouvoir d’achat des ménages qui ont des emprunts en cours et alourdit la trésorerie des entreprises. C’est un effet collatéral qui rend la décision impopulaire.

Question : Que Faire Alors ?

Réponse : Il faudrait changer la législation pour que les banques offrent aux ménages et entreprises des taux fixes à côté des taux variables dont leur variabilité est limitée comme dans les pays européens, d’autant plus qu’une courbe de taux permet de calculer la prime de risque. Ceux qui sont allergiques au risque choisiront l’emprunt à taux fixe et seront à l’abri de la hausse du TMM, les autres prendront le taux  variable à leurs risques et périls, même s’ils peuvent profiter en cas de baisse, mais tout cela enlèvera à la décision de la hausse du TMM le caractère impopulaire et elle deviendrait une décision technique de politique monétaire.

Question : Mais en tout cas la hausse du TMM  affectera les décisions d’investissement et au-delà la relance ?

Réponse : Vous avez raison et c’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de développer des crédits à taux bonifié pour l’investissement des PME afin d’absorber l’effet néfaste de la hausse du TMM. Nous avons même souhaité une sorte de quantitative Easing ciblé à l’investissement des entreprises, ce qui a déjà été décidé. D’autres mesures suivront pour protéger l’investissement qui est le moteur de la croissance.

Question : On a l’impression que vous oubliez l’essentiel, qui est le social.

Réponse : Jamais. Le gouvernement a pris conscience dès janvier 2018 de la nécessité d’atténuer l’impact de l’inflation en augmentant l’allocation des familles nécessiteuses de 30 dinars, d’aligner les pensions dans le privé en-dessous de 180 dinars à ce seuil et de proposer le soin gratuit aux jeunes chômeurs. D’autres mesures ont été prises en Juin, elles concernent l’absorption en une seule fois de la liste d’attente, la prise en charge des abonnements scolaires de leurs enfants ainsi que la prime de 500 dinars pour les nouveaux étudiants afin d’alléger les dépenses des familles concernant la rentrée universitaire occasionnées par la réussite de leurs enfants au bac. N’oubliez pas que deux augmentations salariales programmées ont été servies pendant les quatre premiers mois de 2018. La moitié de l’augmentation de 2017 qui a été servie en janvier, février et mars et l’augmentation spécifique de 50-40 dinars par mois en avril 2018. S’il est possible de faire plus ça sera fait mais maintenant les contraintes financières sont au maximum.

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Lors d’un point de presse tenu ce lundi 25 juin 2018 à son siège, la Chambre Tuniso-Allemande d’Industrie et du Commerce (AHK Tunisie) a révélé les résultats d’une enquête annuelle relative aux entreprises allemandes en Tunisie, intitulée «Les entreprises allemandes en Tunisie: situation et perspectives 2017/2018». Cette étude fait l’état des lieux de ces entreprises en 2017 ainsi que leurs perspectives pour 2018. Il en ressort que le taux des entreprises allemandes opérant en Tunisie et qui considèrent leur situation actuelle comme bonne ou satisfaisante s’élève à 85,7%. Les chiffres enregistrés en 2017 confirment d’ailleurs cette tendance positive, en effet on note par exemple la meilleure prévision en chiffre d’affaires depuis la révolution. 60% des entreprises ont augmenté leur chiffre d’affaires en 2017 et 53% d’entre elles envisagent de l’améliorer en 2018.

En termes de prévisions d’investissements, 54,6% des entreprises allemandes tous secteurs confondus comptent les augmenter également au courant de 2018, notamment pour le secteur électrotechnique qui se distingue avec un taux de 70,6% d’intentions d’investissement.

Concernant les effectifs, 45,3% de ces entreprises sondées tous secteurs confondus ont augmenté leurs effectifs et 53% prévoient de le faire en 2018.

Par ailleurs, parmi les atouts dont dispose la Tunisie, 81,6% des sociétés sondées citent la proximité géographique par rapport à l’Europe, 51% optent pour les coûts de production compétitifs et 51% aussi pour l’évolution du taux de change.

Néanmoins certains handicaps pouvant entraver le développement des sociétés allemandes sondées durant 2018 ont été énumérés. Le manque de stabilité sociale (56,2%) et politique (54,1%) viennent en tête des freins appréhendés, suivis de la rigidité administrative avec 48%.

En ce qui concerne les difficultés rencontrées avec les autorités publiques tunisiennes, la Douane représente largement l’obstacle le plus contraignant pour les sociétés allemandes.

Il est important de noter par ailleurs que la conjoncture globale de la Tunisie est marquée depuis quelques années par des difficultés. En effet en 2017, le taux de croissance n’a pas dépassé 1,9%, le taux d’inflation a grimpé à 5,3% et atteint des sommets en 2018, plus de 7%. Les sociétés allemandes opérant en Tunisie ont pourtant résisté et affichent des indicateurs positifs. Toutefois, leur expansion et l’affluence de nouveaux investisseurs sont entravées par le contexte social et politique en Tunisie, et restent tributaires du lancement de réformes urgentes sur le climat d’affaires et l’amélioration de la conjoncture économique.

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Les prix des carburants augmentent de nouveau en l’espace de quelques semaines apprend Africanmanager vendredi soir.

La nouvelle tarification est comme suit :

– Super sans plomb premium:  2,100 dinars,
– Super sans plomb; 1, 925 dinar,
– Gazole sans soufre premium: 1, 850 dinar,
– Gazole sans soufre: 1,685 dinar,
– Gazole ordinaire 1, 405 dinar,
– Pétrole à usage domestique 860 millimes.

Ces tarifs entrent en vigueur samedi 23 juin 2018 à 00:00h.

Les prix du gaz butane en bouteille restent inchangés ainsi que ceux de l’électricité, ces derniers ayant été augmentés en Mai dernier.

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Dans une déclaration accordée à Africanmanager, en marge de l’AGO de la société Magasin Général qui a eu lieu, ce mardi 12 juin 2018 à Tunis, le directeur général, Hédi Baccour, a déclaré que le nouvel acteur de la distribution “Aziza” commence certes à prendre des parts de marché, mais le groupe Slama y injecte beaucoup d’argent. “Ils dépensent beaucoup d’argent dans les magasins “Aziza” et nous ne sommes pas obligés de suivre cette politique commerciale“, a indiqué Baccour, faisant remarquer que l’expansion de cette enseigne leur a coûté très très cher. “A ma connaissance, les pertes fiscales dépassent largement les 50 MDT“, a-t-il assuré.

Le DG du groupe a dans le même contexte indiqué que les pertes fiscales de “Aziza” dépassent largement le capital social de la société et le plus dur c’est qu’il faut mettre encore de l’argent pour continuer son expansion. “En baissant les prix, on peut acquérir des parts de marché facilement mais on ne peut pas continuer dans cette politique de commercialisation“, a précisé Baccour, avant d’ajouter que de telles manœuvres ne sont pas l’avenir de la distribution en Tunisie. “Il n’y a pas plus facile que d’obtenir des parts de marché en baissant les prix“, a-t-il dit.

Il a par ailleurs indiqué que la société suit de près la situation : “Nous avons une stratégie interne que nous gardons pour nous“, a-t-il assuré.

Interrogé sur la part de marché de la distribution moderne, Baccour a donné le chiffre de 20%, soulignant toutefois que ce chiffre reste relatif étant donné que seuls MG et Monoprix publient leurs chiffres, les deux autres, à savoir Géant et Carrefour, ne le font pas.

Au sujet des émeutes qui ont éclaté au début de cette année et qui ont touché plusieurs magasins de la grande distribution, le responsable a déclaré que les pertes de MG sont estimées à 40 milliers de dinars alors que celles de la grande distribution représentent presque le double, soit 80 mille DT.

Il a sous un autre angle indiqué que le chiffre d’affaires de MG a évolué de 5% durant les 5 premiers mois de l’année 2018, et ce en comparaison avec la même période de 2017 : “Nous avons déjà des prémices d’une évolution au niveau des indicateurs publiés au 20 avril de cette année, une évolution qui se maintient et s’améliore un peu par rapport à l’exercice précédent“, selon ses dires.

Baccour a toutefois indiqué que la société est un peu tirée vers le bas à cause de l’inflation des prix, “qui fait qu’on n’arrive pas à obtenir des quantités équivalentes à celles qu’on est habitué à faire (…) Nous travaillons pour rattraper ce retard”, a-t-il ajouté.

S’agissant des chiffres, il a indiqué que l’activité de la société Magasin général au cours de l’exercice 2017 a été marquée principalement par le maintien de sa position en tant que “Leader” sur le marché tunisien en termes de chiffre d’affaires réalisé en 2017 et au début de cette année.

L’année 2017 a été en effet clôturée avec un chiffre d’affaires (HT) de 859 189 MDT, un résultat net bénéficiaire de 22 127 MD contre un chiffre d’affaires (HT) de 841 272 MD et un résultat bénéficiaire de 12 144 MD en 2016. Le CA a évolué de 2% par rapport à l’exercice précédent.

En 2017 la marge comptable a évolué par rapport à celle de 2016, elle est de l’ordre de 17,71% en 2017 contre 17,12% en 2016. Les charges du personnel relatives à cette année ont enregistré une augmentation de 10,3% par rapport à celles constatées au cours de la même période de 2016.

Il a été toutefois indiqué que le secteur de la grande distribution fait face actuellement à des risques majeurs à cause principalement de l’instabilité sécuritaire laquelle peut favoriser des événements qui menacent les points de vente.

La baisse du pouvoir d’achat des consommateurs qui a un effet considérable sur la rentabilité des sociétés du secteur ainsi que l’augmentation des cours de change qui a pour conséquence l’évolution des coûts d’achat de marchandises et par conséquent la baisse de la marge à appliquer ont été également évoquées.

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Deux faits politiques majeurs sont passés presque inaperçus ce week-end, même du côté des observateurs les plus avisés : Nidaa Tounes aura enfin son congrès électif (quand précisément ? Mystère pour le moment), pour en finir avec le provisoire qui dure et fait de gros dégâts ; Ennahdha jette l’éponge pour l’élection présidentielle. Ces deux annonces auraient sans doute eu plus de résonance si elles ne disputaient pas la partie avec les joies des retrouvailles autour du café, la chicha, les plats très copieux de la journée, etc. De toute façon à moins d’un grand cataclysme, rien ne pouvait détourner les Tunisiens des festivités de l’Aïd. Pourtant ces annonces portent en elles les germes de la reconfiguration de l’avenir politique du pays après le rendez-vous électoral de 2019. Le Congrès électif de Nidaa était attendu, très attendu même depuis la naissance du parti. Mais le contexte actuel, avec le problème HCE, lequel ne date pas d’aujourd’hui, a imposé cette échéance. 3 ans de direction provisoire, c’est plus que ce que peut s’autoriser un grand parti dans une démocratie qui se respecte. Quant au forfait du leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi (il n’a jamais clairement affiché ses intentions pour la présidentielle, mais personne n’est dupe), il était tout aussi attendu. Personne, à part lui peut-être, ne se faisait d’illusion sur ses chances de s’asseoir sur le fauteuil du palais de Carthage. Ses illusions à lui ont volé en éclats à la vue des sondages d’opinions, presque tous, des certitudes qui ont certainement été confirmées par ses propres enquêtes, mais qu’il se gardera bien d’ébruiter.

La fin d’un cycle ?

On a tout dit et écrit sur la capacité du fils du président de la République à faire le vide autour de lui au sein de la formation politique que son papa a bâtie. La débâcle, car c’en est bien une quoi qu’en disent les illuminés de Nidaa Tounes, des dernières municipales a été la dernière illustration du peu de talent de HCE à fédérer autour de lui, à manager ses troupes et encore plus à porter son parti vers la victoire, comme le fit son papa au scrutin de 2014, même si la majorité qui en découla ne fut pas assez confortable pour éviter au pays les déboires qu’il traine encore. Mais le directeur exécutif fait face à d’autres assauts qui sont plus embêtants pour sa personne, et la musique monte crescendo : Les critiques sur sa légitimité à rester encore à la tête du parti en l’absence d’une élection en bonne et due forme. Déjà que HCE est lourdement handicapé pour son absence de vernis politique, du fait qu’il n’a pas surtout un mandat électif, le ciment de toute carrière politique digne de ce nom. Nidaa Tounes ne pouvait pas prétendre raisonnablement défendre ses chances aux élections de 2019 en débarquant avec un tel schéma, un tel état de déliquescence avancée.

Le fils du chef de l’Etat avait lâché le mot sur l’organisation du tout premier congrès électif de son parti le 21 septembre 2017, mais depuis c’est silence de mort sur cette affaire, jusqu’à cette sortie du week-end dernier. Le plus important maintenant est de savoir ce qui va émaner de cette grand-messe. Si les opposants de HCE, nombreux dans le parti, fuient le combat, comme a pris la poudre d’escampette l’ancien secrétaire général Mohsen Marzouk, il y a des chances que l’actuel directeur exécutif ait son quitus pour cette fois un vrai mandat, le premier de sa petite carrière de politicien. Il serait certes mal élu, mais élu quand même, avec tous les dangers que son impopularité fait peser sur la survie du parti, en plus des dégâts déjà causés. HCE écarté, par une figure qu’on ne voit pas se dessiner pour le moment, il y a des chances que des déserteurs tels que Lazhar Akremi reviennent au bercail et que l’hémorragie de militants soit stoppée, ce que ne bouderait pas un Nidaa Tounes très mal en point.

Echec et mat

Ghannouchi candidat à la présidence de la République, on l’a vu venir avec le ravalement de façade (une dentition refaite de fond en comble, pour un sourire étincelant ; la cravate, même la couleur rose et surtout une nouvelle posture plus universaliste, plus moderniste, beaucoup moins axée sur le logiciel religieux). Ces changements ou virages, même feints, sont loin d’être anecdotiques, c’est au contraire une forte symbolique qui fait parfois la différence dans un rendez-vous où de toute façon il est impossible de mesurer la sincérité des uns et des autres, encore moins évaluer leur capacité réelle à tenir les promesses électorales. Alors c’est le paraître, l’impression qu’on dégage qui l’emportent. Et de ce point de vue Ghannouchi n’était pas mal, à coups de concessions que certains de ses amis, les durs, n’ont certainement pas appréciées. Mais pour le président d’Ennahdha l’essentiel était ailleurs : Il était dans cette mayonnaise qui pouvait donner corps à son rêve de s’asseoir sur le fauteuil de Habib Bourguiba. Mais voilà, la mayonnaise n’a jamais pris, pourtant ce n’est pas faute d’essayer, de se tordre le bras pour des compromis et même compromissions. Le dernier espoir était une entente avec Nidaa Tounes pour briguer la fonction suprême, mais il y a deux hics, qui freinent net : D’abord l’actuel locataire du palais de Carthage a des envies de rempiler en 2019 , en tout cas il ne dit pas clairement Non ; ensuite Abdelaziz Kotti, dirigeant de Nidaa Tounes, a fermé la porte à toute collusion pour installer Ghannouchi à Carthage.

Ennahdha n’a jamais eu de présidentiable, ni hier ni aujourd’hui. L’ancien chef de gouvernement Hamadi Jebali est sorti des bois il y a quelques mois pour tenter de vendre une candidature indépendante, en dehors de son mouvement qu’il sait repoussant pour une bonne partie des citoyens. Mais la ficelle était trop grosse, donc Jebali est vite rentré dans les bois. Alors les islamistes n’auront d’autre choix que d’adouber un autre candidat, vraisemblablement celui de l’allié de circonstance, Nidaa, même du bout des lèvres, cela suffira à faire d’eux des soutiens du futur président tout en étant des partenaires critiques, dans le sens du vent. Cette posture d’équilibriste est très payante pour les islamistes, l’essentiel étant de demeurer au coeur du pouvoir, que ce soit à l’ARP, au gouvernement et dans l’exécutif…

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Dans une déclaration accordée ce lundi 18 juin 2018 à Africanmanager, le président de l’Instance nationale de protection des données personnelles (INPDP), Chawki Gaddes, a mis en garde contre les conséquences de la non adoption du projet de loi après les délais qui avaient été fixés au 25 mai 2018 par le Gouvernement dans sa demande de priorité, date de l’entrée en vigueur de cette loi européenne, selon ses dires.

“La Tunisie risque encore une fois d’être sanctionnée si l’on n’adopte pas les principes de la nouvelle législation européenne de protection des données personnelles dans le projet de loi relatif à la protection des données personnelles. Les entreprises européennes ne pourront plus avoir d’échanges de données avec des entreprises résidant dans des pays dont le niveau de protection n’est pas suffisant”, a assuré Gaddes.

En effet, le projet de loi organique sur la protection des données personnelles a été approuvé lors d’un Conseil ministériel tenu le jeudi 8 mars dernier et il aurait dû être adopté par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) avant la date du 25 mai dernier. L’ARP n’a pas encore tranché et le projet est pendant devant la commission des droits et des libertés. “Prenons du retard dans l’adoption du texte !!! Après personne n’aura le droit de s’interroger pourquoi nos entreprises perdent leurs contrats”, s’est exclamé Gaddes, qui n’a pas caché sa grande déception face à ce qui se passe aujourd’hui dans le pays.

La Tunisie a en effet mis en place une nouvelle loi sur la protection des données personnelles, tout en faisant évoluer le cadre juridique de la Tunisie pour qu’il soit conforme aux normes européennes et aux normes de protection sur le plan international avant tous les Etats hors union européenne. Il était donc nécessaire de faire progresser la loi organique numéro 63 du 27 juillet 2004 relative à la protection des données personnelles. Du coup, le nouveau projet de loi se veut conforme aux dispositions de la Convention 108 du Conseil de l’Europe sur la protection des données personnelles mais aussi du nouveau Règlement général européen en la matière qui est entrée en vigueur en mai 2018. Depuis mai 2018, la norme de protection des données personnelles est devenue le règlement européen.

Et c’est pour cela qu’on a dit qu’il est aujourd’hui nécessaire de faire évoluer la loi tunisienne pour qu’elle soit conforme à ce règlement. Ce règlement général européen est, contrairement à la convention 108 (elle n’est obligatoire que pour les États qui la ratifient), une loi générale approuvée par le Conseil et le Parlement européens. Cette nouvelle loi est entrée en vigueur en mai 2018 dans tous les États sans qu’il soit nécessaire d’en faire une loi nationale. Depuis cette date, les lois nationales des États protégeant les données personnelles sont remplacées par le RGPD.

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Symbole de la vitalité retrouvée du tourisme, l’île de Djerba a toujours été la destination préférée d’un grand nombre de touristes tunisiens et étrangers et ce, en vertu des caractéristiques particulières, dont notamment la diversification de ses produits touristiques, la présence de plusieurs musées et de sites archéologiques.

La zone touristique de Djerba-Zarzis (gouvernorat de Médenine) a connu une amélioration des indicateurs touristiques aussi bien au niveau du nombre des arrivées que des nuitées enregistrées dans les établissements hôteliers de la région.

D’ailleurs, depuis quelques mois, de nombreux hôtels et maisons d’hôtes à l’île de Djerba sont presque entièrement réservés par des touristes de différentes nationalités pour la haute saison, cet été.

Selon des données dévoilées le mardi 12 juin 2018 par le ministère du Tourisme, l’aéroport international de Djerba Zarzis a reçu lundi soir le premier vol de cette saison, en provenance de Milan et transportant environ 130 touristes, dans le cadre du retour du marché italien vers l’île de Djerba.

L’aéroport international de Djerba Zarzis a reçu hier également un deuxième vol de Vérone et un troisième de Bergame. Les vols entre l’Italie et Djerba se poursuivront à raison de quatre vols par semaine jusqu’à fin septembre cette année.

D’après la même source et dans le cadre de la promotion de la destination tunisienne, un groupe de journalistes accompagnés de sept Miss françaises ont atterri à Djerba dans la soirée du 10 juin 2018. La délégation française se rendra également à Zarzis. L’ile représente un marché important pour le tourisme tunisien. Sur l’ensemble du pays, au moins 600 000 touristes français sont attendus cette année.

On rappelle que la Tunisie a enregistré notamment ces derniers temps une reprise du trafic passagers et du tourisme, grâce à la diminution des craintes liées à la sécurité et à la levée d’interdiction de voyager par de nombreux pays européens. Notre pays prévoit d’accueillir 8 millions de touristes cette année, sachant que les taux de réservation pour des touristes européens et d’autres nationalités sont très importants.

En Tunisie, le  tourisme est un secteur important pour la réalisation des objectifs du développement et représente une véritable manne pour l’économie nationale. Le dynamisme du secteur touristique, ses importants effets directs et indirects sur les économies des pays en développement notamment font de ce secteur un outil de développement particulièrement prometteur. Il est bien l´un des secteurs économiques parmi les plus dynamiques.

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Achraf Ayadi, expert bancaire et financier a accordé à Africanmanager, une interview exclusive où il a parlé de la situation économique actuelle en Tunisie, notamment  sa prochaine sortie de la Tunisie sur le marché international et les cours mondiaux du pétrole qui n’ont de cesse de grimper. Interview:

Comment jugez-vous la situation économique actuelle de la Tunisie ?

Pour répondre à cette question, il suffit de regarder quelques indicateurs macro-financiers à la date de l’abandon de Carthage 2 : un Euro à plus de 3 dinars, un Dollars à plus de 2,5 dinars, un TMM de 6,4% et 14 milliards de dinars de refinancement de la BCT aux banques (contre les BTA déposés en garantie). Ces chiffres sont illustratifs d’un niveau de risques monétaires très importants sur l’ensemble de l’économie. Avec un déficit commercial à plus de 1500 millions de TND en mai, la pression sur les réserves de change s’accentue fortement. Elle est démultipliée par le fait que les engagements de l’Etat en matière d’endettement contribuent aussi à accélérer cet effritement. En gros, nous sommes dans un contexte de fortes incertitudes. Elles pèsent aussi bien sur la mobilisation de l’épargne nationale vers l’investissement productif que sur la capacité de l’Etat à jouer un rôle positif de locomotive de l’économie. 

Voulez-vous dire que la prochaine sortie de la Tunisie sur le marché international pourrait être compromise ?

Je dirais plutôt qu’elle serait particulièrement coûteuse.  Les investisseurs internationaux ne sont pas dupes. Nous partons avec plusieurs handicaps sérieux. Le premier est lié à la situation économique telle que décrite précédemment. Le second est dû aux signaux négatifs émis par le FMI en mettant en place une revue trimestrielle, en lieu et place de la semestrielle, qui est la conséquence d’un nombre considérable d’engagements non tenus en matière de réformes. Le troisième est le fait que les Etats Unis et l’Union Européennes ne seraient pas disposées à soutenir la Tunisie au travers d’une garantie de cette dette souveraine à émettre. Et le dernier est plutôt politique : il n’y a plus d’interlocuteur stable qui peut engager l’Etat durablement. Tous ces facteurs vont avoir un impact sur le taux d’intérêt qui nous serait servi. A partir d’un certain niveau de taux, il vaut mieux baisser le montant collecté. Dans ce cas, je ne sais pas comment pourrions-nous financer le déficit commercial (nos importations) et le budget de l’Etat. Rappelons à cet effet que les encours actuels de BTA s’élèvent à environ 12 milliards de TND, empruntés par l’Etat aux banques locales à des taux allant jusqu’à 7,5% à rembourser en 2032 ! Certes, la croissance est revenue. Elle reste fragile et insuffisante pour faire face aux enjeux actuels de l’endettement.

Peut-on parler d’une reprise en 2019 ou en 2020 ?

Les conditions d’une reprise sont surtout politiques, pour débloquer les réformes et assainir le climat social. L’année 2019 serait une année électorale où aucun acteur ne prendrait des risques en l’absence d’une majorité solide. Et quelle que soit l’efficacité des politiques économiques de la nouvelle majorité, nous ne verrons pas des résultats significatifs en une année seulement. Au vu des chantiers à ouvrir, il me semble plus opportun de nous projeter sur 5 à 10 ans pour redresser la barre.

Les cours pétroliers ne cessent d’évoluer sur le marché international. À la lumière de cette situation, comment serait le budget de 2019 par rapport à celui de 2018 ?

En mai 2018, le baril de Brent est négocié à environ 80 dollars sur le marché international, soit une hausse de 50% en une année. Le prix est par ailleurs assez volatil et on peut noter des hausses régulières de 3% et plus en quelques jours. Pour autant,  les contrats à terme ne s’affolent pas, et on ne peut donc pas parler de spéculation sur le brut. La situation explosive au Moyen-Orient, l’inversion de la politique monétaire de la FED, l’Euro qui reprend du terrain devant le Dollar sur les derniers mois, la Russie qui renforce son intégration avec ses partenaires économiques des BRICS, les tensions autour de l’accord sur la dénucléarisation de l’Iran, etc. sont tous des facteurs ne plaidant pas pour un Baril à 54 Dollars. L’effet sur le budget 2018 sera désastreux. Une correction s’impose à travers une loi des finances complémentaire. D’un côté, l’Etat ne peut pas stabiliser la compensation des hydrocarbures au vu de ce prix international au risque d’aggraver les déficits. De l’autre, le consommateur finira par subir plusieurs hausses successives du taux d’inflation et du prix à la pompe. Espérons que les estimations pour le budget 2019 seraient plus sérieuses. Il s’annonce déjà comme un budget marqué par l’austérité. Les réformes avaient besoin de temps pour être déroulées. Le retard que nous avons subi nous mets aujourd’hui dos au mur.

Vous êtes bien pessimiste…

A court terme, oui. Observez le nombre de jeunes médecins, ingénieurs et universitaires qui fuient le pays. Comptez le nombre de jeunes moins qualifiés qui préfèrent courir le risque de périr en mer que de vivre sans espoir de travailler, de fonder une famille et de se projeter. Il faut remettre de l’espoir, non pas avec des discours creux, mais avec du concret. Il faut prouver que les citoyens ont raison de faire encore confiance à l’Etat. Ce dernier est à égalité responsable et victime de la dégradation de la situation actuelle. Sa transformation en profondeur est une urgence absolue.

Très concrètement, comment pouvons-nous nous en sortir à votre avis ?

Pour débloquer la situation, dans sa globalité, il faut mettre en place trois piliers. Tout d’abord, un nouveau projet de société définissant ce qu’est être citoyen de ce pays, clarifiant le socle de valeurs communes entre tous et mobilisant les médias et l’école pour le marteler jour et nuit. Sans projet de société, nous ne pouvons faire aucune projection économique collective. Ensuite, il nous faut impérativement un projet économique sur 20-30 ans, avec un impact multi-dimensionnel allant des programmes d’enseignement jusqu’à la gestion des caisses de retraite. Toutefois, avant tout cela, il nous faut une refonte de la constitution, avec moins d’effritement des compétences entre pouvoirs et contre-pouvoirs, et l’assurance, à chaque élection, de disposer d’une vraie majorité légitime. C’est la seule manière d’ancrer les transformations induites par les réformes et de conduire un débat social serein. Pour ce qui est des mesures opérationnelles, j’ai déjà eu l’occasion d’en détailler quelques-unes avec Aram BELHAJ et publié chez l’un de vos confrères.
Trop de choses essentielles n’ont pas été faites depuis l’indépendance. Trop de choses ont été faites “de travers” depuis le 14 janvier 2011. Le chantier est juste colossal.

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Demain, en Tunisie, des mastodontes de l’industrie culturelle dans la lignée des ténors internationaux comme Disney, Vivendi… ? C’est le souhait émis par l’auteur de l’Etude “Etat des lieux et potentiel des industries culturelles et créatives en Tunisie“, un travail qui s’est étalé sur 4 mois et qui a été commandé par la BIAT (Banque Internationale Arabe de Tunisie). On peut nourrir l’espoir que cette initiative portée par le leader des banques de la place fasse naître des vocations parmi les grands groupes privés du pays, pour donner à l’industrie de la culture le rayonnement qu’elle mérite. Car le potentiel est là, les talents sont là, les artistes sont là, il y a un bouillonnement culturel indéniable, la Tunisie est assise sur un riche patrimoine architectural et archéologique, elle a des traditions plusieurs fois millénaires. Reste à embrayer en mettant en place un partenariat public-privé à la hauteur des défis et des enjeux du monde de la culture. C’est, principalement, le message qui a été lancé jeudi 07 juin 2018 dans la soirée à l’Institut Français de Tunisie, lors de la présentation de l’étude, en présence du ministre tunisien de la Culture, Mohamed Zine Abidine, de l’Ambassadeur de France, Olivier Poivre d’Arvor, des anciens ministres Noomane Fehri (aux TIC), Nejla Moalla Harrouch (Commerce) et Mourad Sakli (Culture)…

L’état des lieux

La culture est sans aucun doute ce qui définit le mieux le citoyen, car liée à son ascendance, à son éducation, à son héritage… Bref, à son identité. C’est aussi ce qui nous rassemble tous, ce qui fait le ciment de la société. Mais c’est devenu aussi, au fil du temps, un poste de dépense, même s’il est loin de pouvoir rivaliser avec les autres. La culture pèse à peine 1% dans les dépenses des ménages tunisiens, dit l’étude, très loin des sommes absorbées par l’alimentaire ; il y a donc de la marge, pour les citoyens car ces dépenses élèvent l’esprit mais aussi pour les investisseurs privés. Il faudra avant régler le problème de la faible exposition culturelle dans le pays. Les offres ne sont pas assez abondantes, il n’y a pas assez de lieux de culture, pas assez de biens culturels, pas assez de salles de cinéma, de salles de concert, etc. La marge de progression pour les promoteurs est donc phénoménale, et ce d’autant plus que l’engouement populaire est là. Par exemple les 9 chaines de télévision les plus regardées en ce moment sont locales, une tendance qui s’est complètement inversée, indique l’enquête. Elle a également fait un focus sur la musique, en donnant l’exemple du phénomène Balti, dont les exploits sur Youtube, en Tunisie, dépassent ceux du célèbre rappeur américain Jay-Z aux USA. La demande est là, le marché est là, reste l’investissement.

Pour aller plus loin dans la réflexion

Le triste sort fait au livre a aussi été abordé. C’est un fait, confirmé par cette étude : les Tunisiens ne lisent pas assez. Le livre était un objet dangereux sous Ben Ali, il l’est toujours, a dit l’auteur de ce rapport. En fait le livre n’est pas resté à proprement parler un objet dangereux depuis la Révolution, c’est un objet un peu trop cher au regard de la crise économique actuelle, un objet presque de luxe pour la plupart des citoyens. La culture, en général, c’est ce qui vient quand on a réglé tous les problèmes élémentaires liés à la subsistance, à la survie tout court. On ne peut pas plaquer le modèle de l’Occident, qui a trouvé des solutions à la plupart de ses problèmes, sur le modèle tunisien et déduire que par ici on ne lit pas assez, on ne va pas assez au théâtre, on ne va pas assez au cinéma… En Tunisie les enjeux, pour le moment, sont ailleurs, et le citoyen lambda est contraint de consommer le bien culturel à sa portée : les festivals d’été, les spectacles de quartier, les processions des mariages ou des circoncisions, etc. L’Ambassadeur de France a d’ailleurs souligné cette effervescence culturelle locale, a magnifié le travail des artistes tunisiens, la liberté d’expression et de création, et les merveilles qu’elle produit.

Enjeux économiques mais aussi géostratégiques !

L’étude a passé à la loupe l’industrie culturelle turque, très florissante, pour offrir aux Tunisiens un modèle. Chiffres à l’appui, le rapport a mis en relief le formidable essor de la production audiovisuelle turque dans le monde arabe, où elle a évincé toutes les autres oeuvres étrangères. Mais ce n’est pas tout, ce phénomène, car c’en est vraiment un, commence à impacter, positivement, le tourisme turc, et donc l’économie nationale. En effet l’étude a établi que dans les pays arabes où les séries turques font un tabac, les citoyens perpétuent la magie en allant visiter la Turquie, où ils dépensent aussi, et pas peu ! Manifestement piqué au vif par cette “invasion turque”, Olivier Poivre d’Arvor a déclaré que cette affaire ne doit pas nous “empêcher de dormir“. Ce qu’il n’a pas dit, c’est que la résistance s’organise du côté de la France pour ne pas perdre pied sur l’influence culturelle. Pour la France, notamment depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, il est maintenant question de corriger les effets des années de léthargie qui ont vu la Turquie, la Chine et même l’Inde lui disputer le pré-carré africain, une affaire économique mais aussi culturelle. C’est ce qui explique le méga projet culturelo-touristique la “Saison Bleue“, le paquet de projets d’universités franco-tunisiennes dont Dauphine est une parfaite illustration, elle qui va d’ailleurs créer l’an prochain un master de management culturel.

Souleymane Loum

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La Tunisie vit dans une sorte de lévitation, après l’agitation autour du Document de Carthage 2. Pour les citoyens, le calme est réel, car les exigences du mois de Ramadan (achats frénétiques, veillées interminables, longues prières nocturnes…) ne laissent pas beaucoup de place à autre chose. Après il y aura la Coupe du Monde, qui va faire corps avec la pause estivale forcée. Donc il y a des chances que l’état de léthargie des citoyens-électeurs, par rapport à la chose politique et même économique, dure encore. Mais si tout cela est de nature à consumer les énergies du Tunisien lambda, il en est autrement pour le microcosme politique, lequel tourne à plein régime, en toute circonstance, négocie, tisse des toiles, fomente et pas toujours dans le sens de l’intérêt général. Mais ils sont ainsi faits les politiciens, et pas qu’en Tunisie d’ailleurs. En ce moment, à part l’éjection du ministre de l’Intérieur, pour les raisons que le porte-parole du gouvernement a exposées, le personnel politique n’a pas grand chose à nous mettre sous la dent. Et ça tombe bien car les Tunisiens ont la tête ailleurs. Jusqu’aux prochaines bourrasques que le même porte-parole du gouvernement a annoncées

Cela fait un bail que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, parle d’évaluation du rendement de ses ministres et d’un remaniement ministériel en conséquence. Mais jusqu’ici rien n’était venu illustrer ses propos, pas la moindre décision dans ce sens. D’ailleurs il n’avait pas beaucoup de raisons objectives de retoucher son équipe car tout le monde sait, du moins tous ceux qui sont honnêtes intellectuellement parlant, que même les plus brillants esprits ne pourront pas faire grand chose dans cette conjoncture difficile, plombée par des finances publiques très mauvaises, un gros déficit budgétaire et le refus des citoyens de retourner énergiquement au travail. Donc si Chahed en vient à modifier son équipe, il faut en chercher les raisons dans l’obstination de ses adversaires – surtout le secrétaire de l’UGTT et le directeur exécutif de Nidaa Tounes – à avoir sa tête. Le chef du gouvernement se dit qu’en faisant quelques offrandes humaines, il arrivera, peut-être, à dégonfler le front de ses détracteurs. Donc si demain certains de ses collaborateurs se font débarquer, ils le devront moins à la qualité de la copie qu’ils ont rendue qu’à l’urgence politique d’une purge, de sacrifices humains pour calmer la meute. Eh oui, pour ceux qui en doutaient encore, Chahed fait aussi de la politique, comme tous les autres, ou presque !

Il reste fort, le plus fort

Si le locataire du palais de la Kasbah montre cette assurance en ce moment, jusqu’à avoir le culot d’attaquer frontalement et nommément, en direct à la télévision publique, le fils du président de la République, c’est parce qu’il se sait indéboulonnable en ce moment, et très probablement jusqu’aux élections de 2019. La conjoncture actuelle et le temps jouent en sa faveur, et au fond tout le monde le sait, même si on feint de l’ignorer pour les besoins surtout de la mobilisation des troupes en vue des vraies batailles de la rentrée, qui ne baisseront pas d’intensité jusqu’au scrutin de l’année prochaine. Il faut se sentir très fort pour oser se débarrasser de son ministre de l’Intérieur dans un contexte aussi délétère. Limoger un ministre de l’Intérieur, surtout quand il est l’homme de la maison et qu’il est aimé des siens, c’est un gros risque politique, en plus des désajustements sécuritaires que cela peut engendrer par la suite. L’ancien président français Nicolas Sarkozy avait profité de ce poste très en vue pour poser les plus gros problèmes au chef de l’Etat de l’époque, Jacques Chirac. On connait la suite : Sarkozy a eu une ascension fulgurante jusqu’au palais de l’Elysée. Vous me direz que la Tunisie n’est pas la France et que Brahem n’est pas Sarkozy, mais il n’en reste pas moins que pour faire ce qu’il vient de faire, Chahed ne doit pas beaucoup douter de son bon droit et de sa force.

Le chef du gouvernement a lui aussi laissé des plumes, en termes de cote de popularité, dans cette ambiance politique nauséabonde. Mais il reste, à en croire les sondages, celui en qui les citoyens ont le plus confiance en ce moment. Certes il n’a échappé à personne que Chahed n’a fait aucun miracle jusqu’ici et qu’il brille plus par ses envolées au Parlement et à la télévision que par sa capacité à faire bouger le pays, mais le peu de personnes qui nourrissent encore des espoirs sur le personnel politique croient en lui. C’est un fait. Sans doute les vestiges de la gloire qu’il a tirée de son combat contre la corruption. Pour ses adversaires, le fait que le chef du gouvernement pulse encore, malgré tous les coups qu’ils lui ont portés, est une très mauvaise nouvelle. Pour le moment il ne leur laisse que la perche de la médiation qu’a tendue Mohsen Marzouk. Pour Taboubi ce serait l’occasion de panser ses plaies, de se requinquer après ses défaites successives et de redorer le blason du Prix Nobel de la Paix ; et pour Hafedh Caïd Essebsi une façon de s’appliquer le vernis du leader politique qui se dérobe depuis 3 ans, en attendant son face-à-face avec les électeurs au Congrès national, des électeurs qu’il a réussi à éviter jusqu’ici mais qu’il ne pourra pas fuir éternellement…

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