L’armée soudanaise se retrouvait lundi en difficulté sur plusieurs fronts: à Khartoum, les paramilitaires lui ont ravi le QG de la police et son arsenal, et dans le sud qui borde l’Ethiopie, un groupe rebelle ouvre un nouveau front contre elle.
Dimanche soir, après deux mois et demi de guerre contre l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo annonçaient dans un communiqué une « victoire dans la bataille pour le QG de la police ».
Et lundi matin, des habitants de Kurmuk, sur la frontière avec l’Ethiopie, rapportent à l’AFP qu’un groupe rebelle a lancé une attaque contre l’armée. La mission de l’ONU au Soudan a jugé les violences « très préoccupantes » et fait état de « la fuite de centaines de civils vers l’Ethiopie ».
Ce même groupe avait déjà ouvert jeudi un nouveau front au Kordofan-Sud, frontalier du Soudan du Sud, obligeant l’armée à répondre sur différents fronts, tous dans le sud.
Or, décrypte pour l’AFP un ancien officier de l’armée sous couvert d’anonymat, la prise du QG de la police – en bordure sud de la capitale – change radicalement la donne.
« Nous contrôlons totalement ce QG (…) et nous avons saisi un grand nombre de véhicules, d’armes et de munitions », affirment les FSR, énumérant la prise de dizaines de pick-up, de blindés et de chars.
« Ce n’est pas une victoire militaire (…) mais une attaque flagrante contre les institutions de l’Etat qui protègent les civils », a répondu l’armée.
La prise du QG de la police, si elle n’est pas renversée, « aura un impact important sur la bataille de Khartoum », assure l’officier, car elle « garantit le contrôle de l’entrée sud de la capitale » aux FSR.








