Condamné à plus de 27 ans de prison, Jair Bolsonaro entre dans l’histoire comme le premier ex-président brésilien reconnu coupable d’avoir voulu renverser la démocratie. Mais ce verdict inédit ouvre aussi une nouvelle bataille : celle de sa succession au sein de la droite.
L’ancien président du Brésil, Jair Bolsonaro, a été condamné jeudi 11 septembre à 27 ans et trois mois de prison pour tentative de coup d’État. À une majorité de quatre voix contre une, les juges de la première chambre du Tribunal suprême fédéral, la plus haute juridiction du pays, ont ainsi scellé le destin du dirigeant d’extrême droite, au pouvoir de 2019 à 2023.
Bolsonaro, qui clame son innocence, a été reconnu coupable d’avoir été le chef d’une « organisation criminelle » ayant conspiré pour assurer son « maintien autoritaire au pouvoir » lors de l’élection 2022, malgré sa défaite face au président actuel de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva.
Ce verdict marque une rupture dans l’histoire politique du Brésil. Pour la première fois, un chef d’État est tenu pénalement responsable d’avoir tenté de renverser les institutions démocratiques. Mais au-delà de la portée symbolique de ce jugement, se pose la question de l’après. Pour Gaspard Estrada, politologue, membre de l’unité du Sud Global à la London School of Economics, une loi d’amnistie est peu probable et la droite brésilienne n’attend qu’une chose : qu’avant d’entrer en prison, l’ex-dirigeant adoube un digne successeur.








