AccueilLa UNECarburants: La suite, logique et attendue, d'une décision fastoche et irréfléchie!

Carburants: La suite, logique et attendue, d’une décision fastoche et irréfléchie!

On y attirait l’attention dans un précédent article, les premiers impacts de cette 5ème et pas dernière augmentation des prix des carburants en Tunisie, commencent à pointer le nez, et pourraient ne rien présager de bon pour la situation sociale en Tunisie.

Le patron de l’Utica-Sousse et président de la chambre régionale de distribution des carburants, Ali Ben Yahya, a indiqué que la hausse continue des prix des carburants, parallèlement à la faible marge (Voir ici-bas notre histogramme issu d’une publication du ministère de l’Energie en août dernier) bénéficiaire des propriétaires de stations-service, a causé d’importantes difficultés financières qui pourraient conduire un grand nombre d’entre eux à la fermeture.

  • Une augmentation sans simulation préalable

Ben Yahya a confirmé sur les ondes d’une radio régionale que de nombreux propriétaires de stations de vente de carburant, sont aujourd’hui incapables de payer les distributeurs de carburant, le coût de la cargaison d’un camion s’élevant désormais à environ 80 mille dinars, en raison des augmentations successives des prix, et compte tenu de la marge limitée.

Il a expliqué que les propriétaires des stations-service rencontrent des difficultés pour obtenir des financements auprès des banques qui refusent de leur prêter, compte tenu de la faiblesse de leurs bénéfices, qui sont estimés à la moitié des bénéfices de ceux d’un pays similaire qui vit dans une situation économique similaire, à savoir le Maroc.

Ben Yahya précise que la marge bénéficiaire actuelle ne permet pas d’augmenter les salaires des travailleurs du secteur des stations-service, notant qu’une réunion des chambres de distribution de carburant se tiendra prochainement pour envisager d’éventuelles mesures d’escalade.

Et il n’est ainsi plus loin d’imaginer la réémergence de nouvelles grèves, directes ou de zèle, chez les kiosques de distribution d’essence avec toute la farandole de longues queues devant les stations d’essence attendant la fin des négociations.

Une situation qui devrait se répéter chaque mois à l’occasion des prochaines augmentations de prix prévues par le gouvernement. Une situation qui pourrait rallumer la mèche des tensions sociales que le chef de tout l’Etat ne craindra plus, son agenda politique devant se terminer à la fin des législatives anticipées de décembre 2022. 

  • Décompenser le consommateur, pour compenser l’activité ?

Notons, au passage comme les décideurs tunisiens, que la consommation de carburants routiers a enregistré entre les huit premiers mois de 2021 et les huit premiers mois de 2022, une hausse de 2%. Elle représente 64 % de la consommation totale des produits pétroliers.

Et voilà que, comme pour les vaches laitières que vendent les agriculteurs pour faire face à la hausse de leurs charges  due au gel du prix du lait, des « louagistes » ou taxis collectifs, commencent à jeter l’éponge. Une photo de plusieurs taxistes collectifs à Gafsa, désemparés, pensifs la tête entre les mains, avec des avis de ventes de leurs outils de travail, fait déjà le tour de la toile. Le gouvernement Bouden semble, pour l’instant, conscient de l’impact négatif de sa 5ème et pas dernière augmentation du prix des carburants.

« Au niveau des activités économiques, les travailleurs des secteurs de l’agriculture et de la pêche bénéficieront d’aides financières décaissées à travers le Fonds transitoire, dans le but de les aider à limiter et à réduire les répercussions de la hausse des prix du carburant », selon ce qu’a déclaré la ministre des Finances jeudi dernier sur la Wataniya1. Mais cela ne semble pour l’instant concerner que le secteur l’agriculture et la pêche, pas les transporteurs.

  • Joindre l’obligé à l’utile et réfléchir « Out of the Box »

Et si le gouvernement les incluait, cela voudrait dire que le budget de l’Etat tunisien s’engage à décompenser les consommateurs d’hydrocarbures, pour se retrouver obligé de transférer la compensation sur les secteurs d’activités économiques qui seront touchés par la vérité des prix qu’il prépare pour les hydrocarbures, du pur « زيد الماء زيد الدقيق », augmenter les prix, pour en redistribuer ensuite les rentrées financières, sous forme de compensation économique. Rééquilibrer le budget par la décompensation, pour ensuite le déséquilibrer par les aides socioéconomiques ! Du grand n’importe quoi en quelque sorte, pour l’instant !

Et pour ceux qui demanderaient des solutions à ce qui leur semble un casse-tête, des solution « Out-Of-Box », pourquoi ne pas imaginer que la ministre Gounji et sa collègue Nemsia se concertent, pour autre chose que la mobilisation de toujours plus de ressources pour le budget ? Elles pourraient ainsi avoir enfin l’intelligence économique d’offrir à  ces transporteurs lésés, des facilitations bancaires et un privilège fiscal et douanier, pour changer leurs parcs (Taxis collectifs et individuels notamment) par des véhicules hybrides ? Ça consomme moins, ça respecte plus l’environnement, et ça concrétise mieux et plus la transition énergétique dans un secteur énergivore comme le transport.

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1 COMMENTAIRE

  1. Il n’ y a pas seulement de nombreux propriétaires de stations de vente de carburant incapables aujourd’hui de payer les distributeurs de carburant, les entreprises industrielles sont aussi en difficulté de payer leurs ouvriers et se préparent pour la fermeture et le dépôt de bilan, les consommateurs aussi sont en difficulté de mener une vie convenable à cause de l’augmentation des prix des produits alimentaires touchés par l’augmentation successives des carburants. La situation est pourrie et le gouvernement semble incapable de créer les bonnes solutions en concertation avec les organisations nationales UGTT, Patronat, associations sincères et pas de politique, …Ce gouvernement a montré ses limites et sera exactement la cause du soulèvement sociale de taille engendrant ainsi des dégâts importants pour l’économie. Le Président doit agir vite pour mettre au point cette situation et arrêter cette hémorragie. L’augmentation des prix des carburants ne touche pas ceux qui ont des voitures de service et des bons d’essence à gogo, commencer par enlever cet avantage ou le remplacer par des indemnités de déplacement rien que pour la justice et l’égalité entre tous les citoyens, cela veut dire gérer bien les affaires de l’Etat.

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