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Ce que 2022 apportera à la Tunisie dans la foulée du 25 juillet!

La Tunisie semble commencer  l’année 2022  sur la même que celle qui avait  dominé le précédent exercice  dont le tournant a été marqué  par les  décisions du  25 juillet  et tous les arsenaux  mesures de différents ordres qui les ont suivies

Le président de la République, Kais Saied,  en suspendant le parlement et en s’attribuant  tous les attributs de l’Exécutif  a promis aux Tunisiens  de remédier aux  maux que leur ont apporté des politiciens médiocres  et des débats parlementaires insensés qui sont devenus comme un cirque national, souligne le Middle East Monitor (MEM).  Les bonnes performances dans l’hémicycle étaient mises de côté et, à la place,  ajoute-t-il , les parlementaires rivalisaient pour savoir qui marquerait le plus de points en abusant, en se réprimandant, en s’insultant les uns les autres et en faisant obstruction à presque tout ce qui était débattu ! Dans ce contexte, le président a parlé aux Tunisiens de ce qui les préoccupait vraiment, s’attirant ainsi un énorme soutien public de la part d’une nation qui souffrait déjà de la faillite de ses dirigeants et de la corruption de ses fonctionnaires. Beaucoup de Tunisiens pensent que le bazar parlementaire a donné à Saied toutes les raisons d’agir, et de le faire de manière « légale », aussi discutable soit-elle.

Cependant,  estime MEM, le problème avec Saied est son incapacité à voir réellement ce qu’il faut pour changer, non seulement le pays, mais aussi la façon dont les politiciens agissent. Et, dans un moment d’allégresse, il a décidé qu’il savait ce qui était bon pour la Tunisie. En conséquence, il s’est lancé dans ses tentatives de résoudre les maux du pays sans aucune feuille de route claire et concrète sur ce que serait le résultat et comment il pourrait être atteint.

La Tunisie a peut-être marqué l’histoire en ayant la première femme Premier ministre, Najla Bouden, dans le monde arabe, mais les Tunisiens ordinaires ne sont pas intéressés, si ce n’est par leurs difficultés et la manière de les atténuer. Fondamentalement, pour le Tunisien ordinaire, le problème du pays est double : les querelles politiques et les luttes intestines au sein de l’élite politique, qui ont non seulement déstabilisé le pays mais aussi paralysé les institutions étatiques profondément enracinées de la nation. La deuxième question, la plus préoccupante pour chaque Tunisien, est celle de l’économie, avec la flambée des prix, la rareté des emplois, le manque d’investissements et, surtout, la quasi-faillite de l’Etat.

Saied s’est-il trompé d’enjeux ?

 Le président Saied aurait pu se consoler politiquement en s’attaquant à l’élite politique, aux anciens fonctionnaires et aux hommes d’affaires corrompus, estime le Middle East Monitor. Le fait est que les Tunisiens sont sans emploi et que trop de politiques ne les emploient ni ne les nourrissent. Or, sans une politique propre et responsable, il est difficile de réaliser quoi que ce soit, vraiment.

Kais Saied a également été très lent à mettre en œuvre les réformes qu’il aurait pu développer, au lieu de cela, il a choisi de perdre trop de temps sur des questions telles que le discrédit de l’élite et la priorité à la souveraineté nationale dans un pays qui est, littéralement, dépendant des étrangers de différentes manières. Ses bonnes intentions présumées ne suffisent pas, car la route de l’enfer est pavée de bonnes intentions.

Il est clair que les Tunisiens en ont assez du système mixte présidentiel-parlementaire qui a été institué par la Constitution de 2014 du pays et qu’ils le tiennent pour responsable de tout l’échec des gouvernements successifs, jusqu’à présent. Et, tout aussi clairement, l’objectif ultime du  président de la République  – qu’il n’a jamais précisé depuis le début – est de changer ce système hybride en ramenant une version réformée du système présidentiel qui a dirigé la Tunisie depuis l’indépendance. Dans un tel système, le Président cesserait d’être un arbitre entre différents acteurs politiques, parfois conflictuels, et deviendrait une partie du jeu politique, même s’il n’est pas élu, sur la base d’une idéologie ou d’inclinaisons politiques.

Saied  a promis deux choses aux Tunisiens cette année : premièrement, de nouvelles élections à l’occasion du 12e anniversaire de la « Révolution de jasmin », le 17 décembre, et deuxièmement, une nouvelle loi électorale réformée et une Constitution amendée qui seront soumises au vote.

Quid de l’économie ?

Cette approche, souligne MEM, se heurte à deux graves problèmes : premièrement, toute Constitution rédigée de cette manière est susceptible de porter en elle le germe de sa disparition, même si elle est approuvée par un vote public. Le second problème concerne la légitimité de telles mesures puisqu’elles sont instituées par le Président dont la légitimité est pour le moins douteuse. De plus, toute institution construite sur la base de telles mesures sera toujours considérée comme « illégitime », à moins qu’elle n’ait été élue, ce qui inclut tout parlement élu sur la base de lois adoptées par le Président.

Il s’agit d’une situation sans issue qui, au fil des ans, a donné naissance à la « Révolution de jasmin » chère à Saied, mais qui, selon lui, a été volée par des politiciens et des hommes d’affaires corrompus, de connivence avec des groupes de pression.

Il y a toutes les raisons de croire que le Président tiendra ses promesses en matière de consultations publiques – dont la mécanique est déjà remise en question – de référendum et d’élections. Mais, il y a aussi toutes les raisons de croire, simultanément, que quel que soit le produit final, il ne sera pas à l’abri de la question de la légitimité et de la crédibilité.

Jusqu’à présent, le président Saied n’a proposé aucun plan économique crédible pour aider ses compatriotes. Cela risque de rallier davantage de Tunisiens désabusés contre lui et son programme, prévoit le Middle East Monitor.

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