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Chahed à CNN : « La démocratie a un coût, et il est gérable »

La démocratie a un coût, a déclaré le chef du gouvernement, Youssef Chahed, dans une interview à la journeliste vedette de CNN, Becky Anderson, en marge de sa participation au Forum Davos. Il répondait à la question de savoir si son gouvernement allait renoncer à appliquer les réformes recommandées par le Fonds monétaire international, dont notamment les coupes dans les dépenses publiques.

Il a ajouté que l’économie tunisienne a « souffert » au cours des dernières années, rappelant que lorsqu’il a été nommé à la tête du gouvernement, il avait trouvé une situation très difficile avec un grave déficit budgétaire de 7% que nous avons ramené à 4,9% actuellement et espérons le réduire à 3,9% en 2019, alors que la croissance qui était de moins 1% devrait être redressée à 3% ». Certes, a-t-il dit, il y a encore des difficultés, mais le coût de la démocratie est maintenant gérable.

Chahed a souligné que le gouvernement n’a pas engagé les réformes parce que telle est la demande du FMI, mais parce que « nous sommes tenus de stabiliser le déficit et de booster la croissance ». « Nous n’agissons pas sous la pression du FMI dont nous sommes membres et avec lequel nous entretenons une bonne coopération et discutons de ce qu’il importe de faire », a-t-il affirmé, ajoutant que « la Tunisie étant, en termes de démocratie, un cas unique dans la région, nous sommes convaincus de la nécessité d’éponger le déficit, de créer davantage d’emplois et de nous doter d’un modèle plus durable de développement, fondé sur les énergies renouvelables et la digitalisation, des réformes auxquelles nous sommes engagés et que nous mettrons en œuvre ».

Interrogé sur les moyens à mettre en œuvre pour conduire les réformes sans que cela puisse mener à une explosion, Youssef Chahed a affirmé que « notre approche se fonde sur le dialogue avec les Tunisiens auxquels nous expliquons les réformes et l’importance qui s’y attache », soulignant aussi la nécessité de mettre en place un filet de protection pour les couches vulnérables de la société tunisienne pour lesquelles les réformes sont difficiles. « Cette question figure parmi celles que noudiscutons avec le FMI », a-t-il indiqué.

Le chef du gouvernement s’est déclaré optimiste sur l’investissement en Tunisie en 2019, expliquant que « nous œuvrons à mettre en place un environnement incitatif comme le montre la progression de 8 point dans le dernier classement « Doing Business », alors que la Tunisie figure dans Top 5 des pays les plus compétitifs en Afrique ».

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