Le président du syndicat des pharmaciens d’officines privées, Naoufel Amira, a démenti l’information qui circule concernant la « hausse alarmante des prix des médicaments », assurant qu’elle est sans fondement, notant que les pharmacies n’ont rien à voir avec les prix, les officines fonctionnant selon une circulaire émise par les ministères de la Santé et du Commerce.
Il a affirmé dans une déclaration à AfricanManager, que certaines entreprises de fabrication de produits pharmaceutiques menacent désormais de fermer, invoquant le grand écart entre le coût de production et le prix de vente au public , soulignant de nouveau que les propriétaires de pharmacies ne sont nullement responsables de la hausse des prix.
Il a également déclaré que le système des prix en Tunisie est géré administrativement, ce qui ne sert pas les intérêts de ce secteur vital.
D’autre part, il a reconnu une forte augmentation des prix des compléments alimentaires, en particulier pour les enfants, étant donné que leurs prix sont libres, et qu’ils connaissent une forte demande, d’autant plus que les fabricants déclarent délibérément que ces produits sont à base d’herbes.
Dans ce contexte, Amira a mis en garde contre l’acquisition des compléments alimentaires dès lors qu’ils sont vendus sans vendus sans ordonnance, soulignant que la plupart d’entre eux sont fabriqués en dehors de tout contrôle du ministère de la Santé, n’écartant pas l’hypothèse que la composition de certains compléments nutritionnels soit de « de l’eau et du glucose », ce qui nuirait à la santé des consommateurs.
Compléments libellés « médicaments »
Naoufel Amira a indiqué que le syndicat a adressé plusieurs correspondances au ministère de la Santé, demandant que soit exercée une ferme surveillance sur les fabricants qui banalisent le fait d’apposer des expressions comme « médicament contre la toux » ou « médicament anti-fièvre » alors que leur composition est inconnue, d’après ses dires.
Face à l’indifférence de l’autorité de tutelle, les pharmacies privées ont tendance à cesser de collaborer avec les fabricants de compléments alimentaires et à s’abstenir de les vendre, selon le président de leur syndicat, ajoutant que si cette décision est prise, plus de 100 entreprises seront exposées au risque de fermeture et d’arrêt de l’activité.
« Nous avons soumis de nombreuses plaintes au ministère de la Santé, mais en vain… aucune réponse… », a-t-il regretté.
Demande de résiliation de la convention avec la « CNAM »
En ce qui concerne la convention conclue avec la Caisse nationale d’assurance maladie, Amira a déclaré que le syndicat avait reçu de nombreuses demandes de la part des pharmaciens d’officines privées réclamant la résiliation de la convention les liant à la « CNAM » qui, a-t-il dit, n’a pas honoré ses engagements financiers envers les professionnels.
« Compte tenu de la situation actuelle du pays et dans un souci de ne pas priver les assurés sociaux de l’acquisition de médicaments, des réunions de négociations ont eu lieu avec la Caisse nationale d’assurance maladie, qui s’est engagée à œuvrer pour accélérer le versement des arriérés, en lien notamment avec des signes positifs d’amélioration de la situation financière au cours du mois de mars 2022 », a -t-il souligné.
Il est à noter que la signature de l’avenant n° 3 de la convention sectorielle entre la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et le Syndicat Tunisien des Pharmaciens d’Officines Privées a eu lieu au cours du mois de décembre 2021, sous la tutelle de Malek Ezzahi, ministre des Affaires sociales.
Dans le cadre de cet accord, la convention sectorielle en vigueur entre les deux parties est prolongée pour une durée d’un an, à compter du 31 décembre 2021.
La convention a été signée par Habib Toumi, président-directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie, et Naoufel Amira, président du Syndicat tunisien des pharmaciens d’officines privées.
Rappelons que le nombre des officines en Tunisie est estimé à 2 200 dont 430 pharmacies de nuit.








