AccueilAfriqueCOP 27 : la BAD défend les droits de l'Afrique

COP 27 : la BAD défend les droits de l’Afrique

« Pour réussir, les parties prenantes à la COP27 doivent vite s’atteler à combler les lacunes du financement climatique en Afrique – 108 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 -, prendre des mesures concernant le Fonds « pertes et dommages » et entamer des discussions sur les réformes de nature à adapter les flux des financements climatiques à la vulnérabilité climatique croissante des pays », telles sont les principales recommandations faites par l’économiste en chef par intérim et vice-président de la Banque africaine de développement , Kevin Urama lors de la présentation à la COP27(Conférence mondiale sur le climat) tenue dernièrement dans la ville égyptienne de Sharm El Sheikh, du rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2022 de la BAD..

Intitulé « Soutenir la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique », le rapport de la Banque souligne la menace croissante que font peser les changements climatiques sur les vies et les revenus des populations du continent. Il insiste sur la nécessité pour les pays africains de tirer parti des opportunités offertes par la transition verte et les changements climatiques.

Bien qu’elle compte 17 % de la population mondiale, l’Afrique ne représente que 3 % des émissions mondiales cumulées de gaz à effet de serre. Cependant, les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes affectent sévèrement ce continent, avec de graves conséquences économiques, sociales et environnementales pour ses populations.

Dans ce contexte, l’économiste en chef par intérim du Groupe de la Banque appelle l’ensemble des parties prenantes à la COP27 à prendre au sérieux la finance climatique et les transitions énergétiques justes en Afrique. « Honorer l’engagement de financement climatique annuel de 100 milliards de dollars, pris en 2009 par les pays à haut revenu envers les pays en développement, va contribuer à rétablir la confiance que nous prenons le changement climatique au sérieux, même si cela ne suffit pas », a déclaré Kevin Urama.

« Le Fonds africain de développement , le guichet de prêts concessionnels du Groupe de la Banque africaine de développement, constitue le véhicule idéal pour aider les pays fragiles et vulnérables aux changements climatiques à accéder aux financements climatiques. Ce choix peut aider à accélérer le rythme de l’action climatique dans ces pays, car le Fonds génère un effet de levier. Il quadruple les flux de financements apportés », a assuré le vice-président de la Banque.

Le haut représentant de la BAD a, en outre, souligné l’importance de tenir compte des besoins financiers des pays africains pour soutenir la résilience climatique et la transition énergétique juste.

« Il est important d’avoir une conversation franche sur les pertes et les dommages auxquels les pays africains sont confrontés en raison des impacts du changement climatique », a souligné le vice-président Urama. « Le cadre de financement actuel de l’action climatique favorise les pays les plus résilients par rapport à ceux qui sont plus sensibles aux effets des changements climatiques. Cette répartition des ressources financières pour la lutte contre les changements climatiques est problématique. Elle pose de graves problèmes à l’Afrique », a-t-il souligné.

Au total, neuf des dix pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont africains. En outre, l’impact des changements climatiques sur les vies et les revenus des populations du continent coûte déjà entre 5 et 15 % de la croissance annuelle du PIB africain par habitant.

Au terme de ses travaux, samedi 19 novembre, la COP 27 a décidé de créer un fonds pour aider les pays les moins nantis dans la lutte contre le changement climatique.
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