Le trait commun des foyers de contamination de la pandémie de Covid-19 où qu’ils se soient déclarés est que le coronavirus frappe indistinctement tout le monde sous quelques latitudes que ce soit. Il est dès lors dans l’ordre des choses que tous les contaminés reçoivent le même traitement et les mêmes soins sans la moindre discrimination, et aient les mêmes chances de s’en tirer.
C’est manifestement le cas en Tunisie où des assurances officielles et formelles ont été données en haut lieu que les étrangers résidant à divers titres dans le pays mèneront une vie normale et seront traités comme tous les autres citoyens en cette période de coronavirus. C’est le ministre tunisien chargé des droits de l’Homme et des relations avec la société civile, Ayachi Hammami, qui l’a affirmé en évoquant les aides que les autorités projettent d’apporter aux Africains vivant en Tunisie.
Le gouvernement a pris à cette fin une série de mesures en faveur de la disqpora vivant sur son territoire. Ainsi, les titres de séjour valables au 1er mars sont prolongés jusqu’à la fin de la crise du coronavirus. Il n’y aura donc pas de pénalités financières pour ceux qui auront dépassé la limite légale de séjour, ni pour les touristes restés plus de trois mois dans le pays. De plus, des étrangers en grande difficulté pourront prétendre à des aides financières, a affirmé Ayachi Hammami, soulignant que nombre d’entre eux sont sans-papiers et travaillent de façon informelle.
Egalité des droits
Alors que de nombreux foyers se sont retrouvés sans aucun revenu après le confinement imposé le 22 mars dans le pays, des associations et des particuliers se sont mobilisés, et une cellule Covid a été créée par des représentants des étudiants des travailleurs africains.
« Il faut respecter les droits et la dignité de toutes les personnes sans aucune discrimination. Ce virus touche l’humanité, et Tunisien ou étranger ont les mêmes droits pour être soignés et pour vivre dignement », a encore souligné Ayachi Hammami.
Environ 7 000 étudiants venus d’Afrique subsaharienne résident en Tunisie, a-t-il ajouté, tandis que des estimations font état de plus de 20 000 ressortissants de ces pays, dont de nombreux sont sans-papiers.
En raison de la situation exceptionnelle, les sans-papiers peuvent désormais se déplacer sans crainte d’être arrêtés, a précisé à l’AFP une source gouvernementale sous couvert d’anonymat.
De concert avec le HCR
Conformément à l’annonce par le Conseil national de sécurité tunisien de la prolongation du confinement général jusqu’au 18 avril, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) continuera à s’appuyer sur des modalités de travail alternatives, à adapter et à maintenir les activités existantes, et à renforcer le soutien aux réfugiés et aux demandeurs d’asile pour relever les défis actuels et émergents.
Un soutien essentiel continue d’être fourni, tel que des soins médicaux d’urgence, un suivi de la protection, un soutien psychosocial, des abris, une aide en espèces et en nourriture, ainsi qu’une assistance juridique pour les cas urgents (c’est-à-dire les arrestations) et en détention. Les activités en personne telles que l’enregistrement, la vérification et les visites à domicile restent suspendues jusqu’à nouvel ordre.
Certaines conséquences en matière de protection liées aux mesures préventives COVID-19 sont apparues. Le plus important est que la fermeture des frontières internationales a un impact sur l’accès à l’asile.
Le HCR et ses partenaires disent surveiller la situation pour assurer le suivi de tout cas qui pourrait être porté à leur attention. De plus, le HCR évalue l’impact socio-économique de la fermeture de toutes les activités économiques non essentielles, qui a considérablement limité les possibilités de subsistance des réfugiés et des demandeurs d’asile et qui a un impact négatif sur leur capacité à satisfaire leurs besoins fondamentaux, laissant de nombreuses personnes dans le besoin.
Préparation et réponse
Au total, 30 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables vivant dans des logements précaires à Tunis ont été relogés dans des habitations plus sûres. Le HCR et son partenaire, le Conseil tunisien pour les réfugiés (CTR), ont continué à assurer le suivi, la gestion des cas et le soutien psychosocial. Des denrées alimentaires et des articles non alimentaires ont également été distribués.
442 réfugiés et demandeurs d’asile de différentes nationalités ont reçu de la nourriture et des articles d’hygiène de différentes organisations de la société civile à travers le pays (Sfax, Tataouine, Djerba, Zarzis, Ben Guerdane) sous la coordination de CTR, partenaire du HCR, qui mobilise également la société civile dans d’autres villes pour apporter sa contribution (Gabès, Sidi Bouzid, Gafsa, Kebili).
Les sessions de sensibilisation de groupe ont été remplacées par des sessions de conseil individuel par téléphone, fournissant des informations sur les mesures de prévention et d’hygiène à adopter et les modalités de continuité des activités pour les services du HCR et de ses partenaires. Depuis le début de la fermeture, 346 appels ont été passés par CTR aux réfugiés et demandeurs d’asile à Medenine, Gabes et Sfax.
L’Association tunisienne pour la gestion et la stabilité sociale (TAMSS), partenaire du HCR et promouvant les possibilités de subsistance, a poursuivi ses activités à distance par le biais d’appels téléphoniques aux réfugiés et aux demandeurs d’asile afin d’identifier les risques affectant leurs entreprises ou leurs emplois et de mettre en place des mesures de réponse. Le TAMSS a également poursuivi l’identification des personnes relevant de la compétence du HCR qui peuvent participer au programme (emploi salarié, travail indépendant ou formation professionnelle).
Partenariat et coordination
Dans ce contexte, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés participe activement aux structures de coordination mises en place avec le ministère de la Santé et le ministère des Affaires sociales ainsi qu’avec d’autres agences des Nations Unies et plaide pour l’inclusion des réfugiés et des demandeurs d’asile dans les mesures préventives prises au niveau national et pour qu’ils aient pleinement accès aux services de santé dont ils peuvent avoir besoin.
Le HCR et ses partenaires coordonnent leurs efforts avec le gouvernement tunisien pour assurer l’inclusion des personnes relevant de la compétence du HCR dans leurs programmes d’assistance.
Confrontées à de nombreux défis similaires à ceux du HCR, les ONG partenaires (le Conseil tunisien des réfugiés, l’Institut arabe des droits de l’homme et l’Association tunisienne pour la gestion et la stabilité sociale) ont réagi rapidement à la nouvelle situation dans un esprit de grande solidarité et de flexibilité envers les réfugiés et les demandeurs d’asile, assure le HCR.








