Le besoin se ferait-il sentir d’affecter au sein du ministère de la Santé un service dédié qui aurait vocation à se livrer à une arithmétique appliquée au nombre des vagues de Covid-19 qui déferlent sur la Tunisie ? Une comptabilité qui soit opposable à tout le monde alors que la numérotation fluctue au fil des jours et en fonction de celui qui se croit autorisé à immatriculer une vague de coronavirus.
Alors qu’un membre du comité scientifique dit s’attendre à une nouvelle vague , la 5ème du nom , qui devrait avoir lieu au cours du mois de septembre, tout en assurant que « ses répercussions pourraient être moins sévères dans le cas où la campagne nationale de vaccination avance » , une ex ministre de la Santé indique que « la Tunisie n’a pas encore dépassé la 3ème vague et le pic a été dépassé en juillet », estimant que « le mois d’octobre pourrait être marqué par une quatrième vague ».
Mais voilà que le 25 août, sur Radio Med, le médecin Zakaria Bouguerra a déclaré qu’on est sous la menace d’une sixième vague de la pandémie COVID-19, appelant à un reconfinement général pour « éviter la catastrophe ».
Bien que la courbe des contaminations et le nombre de décès aient connu une baisse considérable ces derniers jours, il a redit que l’on s’achemine vers une sixième vague de la pandémie
Le nombre de reproduction
Selon lui, le nombre de reproduction de base est l’indicateur le plus fiable pour estimer la situation épidémiologique en cas de pandémie. En effet, ce nombre représente le nombre moyen de personnes infectées par une autre personne. Il varie en fonction de trois facteurs principaux : la durée de la phase contagieuse, la probabilité d’une transmission de l’infection lors d’un contact, et le nombre moyen de contacts d’une personne contaminée.
« Ce nombre, bien qu’il ait été en chute à partir de la date du 25 juin jusqu’à la semaine dernière et qu’il reste encore inférieur à 1, il commence à croître ces derniers jours ce qui signifie qu’on est au début d’une nouvelle vague», a-t-il expliqué.
Pour ce qui est des citoyens vaccinés, leur nombre ne dépasse pas les 20%. Ce qui ne met pas les Tunisiens à l’abri selon le médecin puisque le nombre de ceux qui sont susceptibles d’attraper le virus est encore élevé.
« La meilleure solution n’est autre qu’un confinement général à l’instar du Laos qui est considéré un pays pauvre». Une comparaison à laquelle le médecin s’est essayé tout en écartant l’idée que le confinement général ne concerne que les pays développés qui ont une économie solide.
Type de vaccins
En fait, selon les recherches effectuées à ce jour, l’efficacité du vaccin diminue suivant deux variables; la mutation de virus et la mémoire immunitaire.
En outre, il y a des vaccins qui ont une grande efficacité mais avec une protection qui ne dure pas trop dans le temps tels que Pfizer et Moderna qui sont des vaccins à ARN messager. D’autres sont moins efficaces mais leur protection dure beaucoup plus dans le temps comme Astrazeneca qui est un vaccin composé de particules virales de l’adénovirus du chimpanzé. Devant ces deux alternatives, le choix s’avère difficile.
Responsabilité de l’Etat
« 140 décès à la date du 24 août 2021, ce n’est pas rien ! » s’exclame Dr. Bouguerra, qui en a imputé l’entière responsabilité l’Etat qui a une « politique de communication défaillante induisant en erreur le peuple tunisien en dissimulant les chiffres réels ».
De plus, l’horaire du couvre-feu qui est passé de 19h du soir à 22h puis à minuit, ne peut que faire empirer la situation, a-t-il dit.
« L’Etat doit annoncer un confinement général pour contrôler la situation surtout avec la mutation du virus ! Par rapport à la situation économique, l’Etat a la possibilité d’aider ceux qui sont affectés par le confinement surtout qu’il a reçu des aides de toute part », ajoute-t-il.








