La crise migratoire des Subsahariens en Tunisie vient de se signaler par un énième rebondissement avec des scènes d’agressions contre des passants perpétrées par des migrants bloqués à Tunis, qui ont aussi brisé des vitres de voitures, en réponse à la dispersion d’un sit-in par les forces de l’ordre.
Il s’agissait d’un sit-in par eux organisé depuis des mois devant le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) dans le quartier des berges du Lac à Tunis, pour protester contre les projets de réinstallation en Tunisie et pour demander au HCR de les réinstaller dans d’autres pays.
Les manifestants ont eu des accrochages avec les forces de sécurité, ont agressé des passants avec des armes et ont brisé des vitres de voitures, avant que la police ne prenne le contrôle de la situation et n’arrête un certain nombre d’agresseurs.
« Je ne suis pas surpris que le HCR ait appelé les forces de sécurité à disperser les sit-in, après la déclaration de son envoyé, Vincent Cochetel, dans laquelle il a appelé à punir les mères du désastre de Zarzis parce qu’elles envoient leurs enfants à la mort », a-t-il ajouté.
Le HCR a annoncé au début du mois qu’il suspendait ses activités en matière d’asile dans le monde entier en raison de la mise en place d’un nouveau système d’enregistrement.
Les migrants en Tunisie ont manifesté à plusieurs reprises devant le bureau de l’agence dans le quartier du Lac de la capitale, y compris mardi, lorsqu’ils ont érigé des barricades devant le bureau du HCR.
Le porte-parole du ministère de l’intérieur, Faker Bouzghaya, a déclaré que la police était intervenue à la demande du HCR et que 80 migrants avaient été arrêtés.
Un groupe de migrants a déclaré aux journalistes, dans un message textuel que « nous voulons être évacués immédiatement vers tout autre pays sûr qui nous acceptera et nous respectera en tant qu’êtres humains ».
« Nous sommes venus en Tunisie… pour nous réfugier, mais la Tunisie n’est pas sûre pour nous et nous ne pouvons plus y rester.
Un riverain a déclaré que les migrants « bloquaient la rue » et s’est plaint que les habitants n’avaient pas pu sortir de chez eux depuis 25 jours.
Après la dispersion des migrants par la police, un journaliste de l’AFP a vu des fenêtres et des caméras de surveillance du HCR brisées. Des employés municipaux ont enlevé les tentes des migrants et débarrassé leurs affaires.
Le HCR « profondément troublé »
Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, s’est déclaré « profondément troublé par les incidents violents qui ont eu lieu lundi et mardi matin à Tunis, lorsque des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants sont entrés de force dans ses locaux, causant quelques dégâts matériels et entraînant des interactions tendues avec les forces de police locales ».
Le HCR ajoute « comprendre les craintes et les frustrations des manifestants et respecter leur droit de manifester pacifiquement conformément aux lois nationales, mais nous dénonçons les récents incidents survenus dans nos locaux par un petit groupe de manifestants et nous demandons instamment à tous de s’engager avec nous dans la recherche de solutions significatives et pacifiques, comme cela a été proposé à plusieurs reprises depuis le début de la manifestation, et de laisser d’autres personnes dans le besoin accéder à nos locaux et à nos services », a déclaré Monica Noro, la représentante du HCR à Tunis.
Depuis le début de la manifestation, assure-t-il, les membres de notre personnel ont régulièrement discuté avec les manifestants pour écouter leurs préoccupations et trouver des solutions appropriées. Nous avons fourni des informations sur les options disponibles pour les réfugiés et les demandeurs d’asile dans le pays, ainsi que sur les limitations, en particulier en ce qui concerne les évacuations humanitaires et la réinstallation depuis la Tunisie.
Le HCR collabore étroitement avec le gouvernement tunisien et divers partenaires, y compris l’OIM, d’autres agences des Nations Unies et des ONG pour répondre aux défis et aux griefs auxquels sont confrontés les manifestants, en se concentrant particulièrement sur le bien-être des femmes et des enfants.
Le HCR réaffirme son engagement à continuer à fournir une protection et une assistance vitale aux personnes déplacées en Tunisie, et nous appelons toutes les parties à s’engager dans un dialogue constructif et à travailler pour répondre aux besoins aigus et trouver une solution pacifique à la situation dès que possible.








