L’année a mal commencé pour l’économie de la zone euro, avec une croissance quasi-nulle au premier trimestre, tandis que l’inflation a grimpé à 3% en avril, subissant les effets de la guerre au Moyen-Orient.
Sur les trois premiers mois de l’année, la progression du Produit intérieur brut des 21 pays partageant la monnaie unique a ralenti à 0,1% seulement par rapport au trimestre précédent, d’après une première estimation publiée jeudi par Eurostat.
Autre mauvaise nouvelle annoncée simultanément : l’inflation, gonflée depuis deux mois par l’envolée des prix de l’énergie liée à cette guerre, continue parallèlement de grimper.
Elle a atteint 3% sur un an en avril, après avoir atteint déjà 2,6% en mars, selon les données provisoires d’Eurostat, entraînée par des prix de l’énergie ressortis en hausse de 10,9% lors du mois écoulé, contre 5,1% le mois précédent.
La croissance de 0,1% enregistrée sur les trois premiers mois de l’année représente un ralentissement par rapport au taux de croissance déjà très modeste qui avait été enregistré au quatrième trimestre 2025 (0,2%).
C’est une déception pour les économistes, qui tablaient au contraire selon FactSet et Bloomberg sur une légère accélération de la croissance en début d’année, à 0,3%.
Si l’Allemagne a surpris positivement avec une croissance de 0,3%, meilleure qu’attendue, et la Finlande encore davantage (+0,9%), plusieurs pays ont vu leur activité économique reculer sur les trois premiers mois de l’année. C’est le cas pour l’Irlande (-2%), la Lituanie (-0,4%) et la Suède (-0,2%).
La France, elle, a dû se contenter d’une croissance nulle, autrement dit d’une stagnation de son PIB.
En soi, « les chiffres de la croissance du premier trimestre ne sont pas particulièrement révélateurs, car ils ont été à peine affectés par le choc énergétique et la perturbation des chaînes d’approvisionnement provoqués par la guerre au Moyen-Orient », estime Peter Vanden Houte, économiste de la banque ING.
Mais les premiers baromètres sur l’activité économique au mois d’avril, comme l’indice PMI Flash qui a montré une contraction au sein du secteur privé, n’incitent guère à l’optimisme.
« Nous prévoyons que le PIB continuera de croître à un rythme modéré aux deuxième et au troisième trimestres, mais la faiblesse des enquêtes d’activité et de confiance d’avril, conjuguée à des prix du pétrole beaucoup plus élevés que prévu, signifie que les risques sont orientés à la baisse », prévient le cabinet Capital Economics.
La Commission européenne, de son côté, met en garde depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient contre un « choc stagflationniste ».








