AccueilInterviewDe plus en plus de compétences tunisiennes cèdent aux sirènes de l’émigration

De plus en plus de compétences tunisiennes cèdent aux sirènes de l’émigration

Ces derniers jours, Il a été remarqué une augmentation notable du nombre d’ingénieurs, docteurs et  professeurs universitaires tunisiens souhaitant émigrer, ce qui créera un manque dans certaines spécialités dans le pays dans les années à venir.

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En effet, l’Agence tunisienne de coopération technique a reçu environ 25 000 demandes d’emploi à l’étranger, selon  son directeur général, Borni Salhi, dans un entretien avec Africanmanager ar.

Il a relevé  une forte demande sur les compétences tunisiennes l’étranger, soulignant cependant que « l’agence se trouve entre le marteau et l’enclume, autrement dit entre  la satisfaction des souhaits des postulants  et les craintes de perdre de nombreuses spécialisations dans les institutions tunisiennes ». Dans l’interview ci-dessous, on trouvera les réponses aux différentes questions liées à cette problématique :

• Quelles sont les différentes missions de l’agence sur le marché du travail ?

L’Agence de Coopération Technique a deux missions principales. La première est de recruter les compétences tunisiennes à l’étranger et d’explorer les opportunités d’emploi à travers 7 représentations encadrées par un consultant en coopération technique. L’agence est présente à travers ses bureaux en Arabie Saoudite (bureau à Djeddah et bureau à Riyad), au Koweït, à Oman, aux Emirats et à Qatar en plus d’un autre bureau en Mauritanie.  Deux autres bureaux seront ouverts au Canada et en Afrique subsaharienne.

Quant à la deuxième mission, elle porte sur le développement de la coopération technique Sud-Sud et de la coopération triangulaire à travers la mise en œuvre de programmes de formation et d’autres de la même nature au profit des cadres africains, ainsi que la réalisation d’études et de projets d’ordre économique, institutionnel, social et à caractère culturel avec ces pays.

• Quels ont été les résultats de la coopération technique en rapport avec  les circonstances actuelles liées à la crise du Covid-19 ?

L’aggravation de la crise sanitaire et la propagation du virus du Covid19 ont provoqué une baisse du nombre annuel des recrutés tunisiens  à l’étranger.

A la fin du mois d’août 2021, le nombre des inscrits auprès de l’Agence tunisienne de coopération technique a atteint 1 336, contre 981 au cours de l’année 2020, soit un taux de croissance estimé à 36%.

La part la plus importante en termes de recrutement est allée au secteur de la santé  dont 638 cadres ont été recrutés, soit 48% du total des recrutements, suivi par ceux des services et de l’enseignement avec 167 et 125 recrutés respectivement.

Les pays européens se taillent la  plus grande part des recrutements avec 506 cadres, soit un taux de 38%. Quant aux pays arabes, ils arrivent en deuxième position avec 484 recrutés, soit 36%, puis les pays nord-américains et asiatiques avec 218 recrutés.

L’Allemagne arrive en tête de liste, suivie du Canada.

• Avec la forte vague de fuite des cerveaux, la hausse du nombre des cadres inscrits à l’Agence de coopération technique est-t-elle considérée comme un point positif ?

Ces derniers temps, nous avons enregistré une demande croissante des titulaires de diplômes supérieurs et de ceux qui ont de l’expérience, tels que les ingénieurs, les médecins spécialistes ou les professeurs universitaires, et ce pour plusieurs raisons dont la plus importante est la volonté d’améliorer leur situation financière ou l’inscription de leurs enfants dans des écoles étrangères, ainsi que pour des raisons liées à la situation générale dans le pays.

En fait, l’Agence de coopération technique est entre le marteau et l’enclume, c’est-à-dire entre la satisfaction des souhaits des personnes inscrites à la recherche d’un emploi à l’étranger et le manque de compétences dans certaines spécialisations.

L’agence prend soin de consulter les directeurs des établissements publics dès lors qu’il s’agit d’un fonctionnaire du secteur public et en cas de refus,  l’agence annule les procédures d’affectation à l’extérieur.

En somme, les spécialités dans les universités tunisiennes doivent prendre en considération les exigences du marché intérieur et extérieur afin de réduire les taux de chômage.

• En l’absence de bureaux de l’agence en Europe, comment ce marché est-il traité alors qu’il est considéré comme le plus important pour l’emploi des compétences tunisiennes ?

Les pays européens relèvent de  l’administration centrale, et ce en coordination avec les ambassades tunisiennes à l’étranger.

En plus des 7 bureaux, nous travaillons actuellement à l’élargissement du réseau en ouvrant un nouveau bureau en Afrique subsaharienne et au Canada, mais compte tenu de la rareté des ressources financières de l’État, l’affaire a été reportée à une date ultérieure.

Dans le même contexte, il est à rappeler que l’expertise tunisienne est très demandée dans les pays africains, que ce soit par les entreprises tunisiennes qui y opèrent ou par les organisations tunisiennes qui s’y trouvent.

• Il est connu qu’on enregistre des fois des abus à l’égard des demandeurs d’emploi à l’étranger, alors quelles sont les garanties apportées par l’agence aux recrutés ?

L’Agence technique de coopération technique veille à offrir des emplois à l’étranger avec des salaires respectables. Elle est également soucieuse de garantir les droits des recrutés. Ceci est stipulé dans les contrats conclus entre les deux parties. En cas de litiges ou de problèmes, l’Agence intervient pour régler les différends tout en veillant  à ce que les droits des compétences tunisiennes à l’étranger soient respectés.

• Au vu de la crise sanitaire qui perdure, quelles sont les chiffres prévus avant la fin de l’année ?

Le nombre des affectations prévues avant la fin de l’année, s’élève à 2000  contre 3000 affectations avant la pandémie du COVID19.

Cette crise sanitaire a changé la nature des secteurs demandés. En effet, on enregistre actuellement une forte demande pour les secteurs de la santé et des médias.

Par ailleurs, les personnes souhaitant travailler à l’étranger, titulaires de diplômes supérieurs et titulaires d’un certificat professionnel peuvent accéder au site de l’agence sur Internet, et remplir le formulaire et fournir  les données nécessaires à la candidature.

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