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Déchets italiens: La Tunisie durcit le ton alors que la diplomatie poursuit son petit bonhomme de chemin!

Le scandale de l’importation des déchets italiens ne semble pas s’être  résolument engagé dans la voie qui préserve les intérêts  de la Tunisie, malgré les itératives professions de foi des autorités de la Péninsule, et même si une audience est programmée  cette semaine  par le tribunal italien saisi de l’affaire  pour s’y prononcer, comme l’a indiqué le ministre des Affaires locales et de l’environnement par intérim, Kamel Doukh.

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Dans une déclaration à Africanmanager ar, il a appelé l’Etat italien à assumer ses responsabilités vis-à-vis ce dossier en levant et rapatriant les déchets incriminés, annonçant la décision de dépêcher une délégation diplomatique de haut rang pour tenter de trouver une issue  à l’affaire.

Interrogé sur l’hypothèse où la partie italienne refuserait de lever les déchets, le ministre s’est borné à évoquer un « Plan B » dont il s’est gardé de dévoiler les détails mais soulignant l’existence d’une étude faite par les soins du ministère développant tous les scénarios possibles et envisageables.

Toutefois, le ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi, dans une déclaration à l’agence TAP, a assuré que l’affaire  s’achemine vers un dénouement, précisant qu’il  existe un consensus entre les autorités tunisiennes et italiennes pour de trouver définitivement une issue à ce dossier.

« L’affaire des déchets italiens a été parmi les dossiers soulevés lors des entretiens tenus aujourd’hui [mercredi] par le président de la République, Kais Saied, avec son homologue italien et avec le président du conseil des ministres, Mario Draghi », a précisé Jerandi, à l’issue de ces rencontres qui s’inscrivent dans le cadre de la visite officielle de deux jours effectuée par le chef de l’Etat à Rome.

« Cette affaire est actuellement entre les mains de la justice italienne qui doit se prononcer », a t-.il ajouté.

Un « funeste feuilleton »

Le fait est, cependant, que le scandale de l’importation illégale de déchets d’Italie n’a de cesse de prendre les allures d’un funeste feuilleton , depuis plus d’une année à partir de l’entrée en mai 2020, des premiers conteneurs à Sousse, soulignant la gravité que revêt la question environnementale en Tunisie ponctuée de  « catastrophes les plus emblématiques » dont l’impact perdure depuis des années, telles que la saturation de la plus grande décharge contrôlée de toute la Tunisie (Borj Chakir) et la destruction par l’activité industrielle, des systèmes écologiques dans le golfe et l’oasis de Gabès, à Gafsa et dans le golfe de Monastir.

Outre ces désastres écologiques, dont le traitement promis est renvoyé la plupart du temps, aux calendes grecques, ceux qui touchent des îles comme celles de Kerkennah. L’archipel souffre des déchets plastiques et de la pêche anarchique.

Des zones humides d’importance internationale sont hautement menacées, y compris le célèbre lac Ichkeul à Bizerte (trésor de la biodiversité et destination privilégiée des oiseaux migrateurs). Elles sont exposées actuellement, à tous les risques, d’après le coordinateur scientifique de l’Association des amis des oiseaux (AAO), Hichem Azefzef.

Aide au développement sans développement !

Pourtant l’environnement figure parmi les secteurs de choix ayant bénéficié de l’aide au développement. En Tunisie, environ 30 bailleurs de fonds internationaux sont en train d’apporter leurs aides et appuis à des projets environnementaux et aux activités liées, d’après l’ONG «Jamaity».

Toutefois, des questions se posent sur l’efficience de ces projets et de l’aide allouée et annoncée toujours en grande pompe par les donateurs, mais dont la contribution réelle à l’amélioration de la situation sur le terrain, demeure peu mesurable, d’autant que l’Etat lui même, et ses institutions sont souvent les premiers responsables des plus grands désastres écologiques en Tunisie.

Parmi les grands pollueurs en Tunisie, le FTDES cite l’ONAS, le CPG et le CGT , dénonçant les atteintes de ces deux derniers à l’environnement dans le bassin minier de Gafsa (surexploitation de la nappe et pollution du sol).

Est particulièrement dénoncé le parti pris de l’Etat depuis des dizaines années, en faveur des industriels et l’absence de volonté politique de sanctionner les entreprises pollueuses. Pour preuve, l’Etat donne des autorisations et est soupçonné d’être de connivence avec des investisseurs qui utilisent des produits nocifs à l’instar du coke (résidu de carbone) utilisé par les cimenteries, selon les exemples cités par le forum FTDES.

Face à cette situation et compte tenu de l’incapacité des institutions de l’Etat dédiées à la protection de l’environnement, à jouer leur rôle, en raison notamment, des problèmes de gouvernance qui les minent à l’instar de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), épinglée notamment par le rapport de la cour des comptes de 2018, le citoyen se retrouve ainsi, seul face à ceux qui violent ses droits, avec pour seul appui, celui de la société civile.

Rééditer l’échec !

La plupart des projets lancés, chaque année, que ce soit sur le plan national ou dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale, a tendance à répéter les mêmes démarches.

Le fameux volet de «renforcement des capacités » est à cet effet, une composante qui n’est jamais absente des projets de partenariat de la Tunisie avec les pays étrangers, mais il n’a jamais abouti à un changement mesurable, notamment, dans le domaine de l’environnement et en particulier dans la gestion des déchets.

«On refait la même chose depuis des années et on s’attend à un résultat différent », critique l’activiste de l’environnement, Wissem Hamdi, qui réagit à la dernière initiative annoncée dans le cadre du partenariat tuniso-allemand, le 20 mai 2021.

Il s’agit du projet «ProtecT» (Protection du climat à travers l’économie circulaire en Tunisie), lancé, devant une salle archicomble, dans un hôtel de luxe dans la Banlieue nord de Tunis.

Un contrat de mise en exécution du projet, moyennant un montant de 5 millions d’euros, a été signé pour développer ce concept de l’économie circulaire, au moment où le pays n’a pas réussi, depuis des années, à imposer le tri à la source et le traitement convenable des déchets, conditions indispensables pour passer à la circularité.

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