La Tunisie se prépare pour une nouvelle rentrée scolaire, ce 15 septembre 2023, et pourtant, les tensions ne sont pas près de s’apaiser entre la fédération générale de l’enseignement de base et le ministère de l’Education.
Un conflit qui a éclaté l’année dernière et s’est aggravé après l’échec des négociations entre les deux parties sur les demandes d’augmentation des salaires pour une « vie décente », selon le syndicat.
De ce fait, samedi 26 août 2023, la fédération a appelé au boycott de la participation au processus de nomination mené par le ministère de l’Éducation pour pourvoir les postes vacants à la tête des écoles, après avoir sanctionné leurs directeurs dans le contexte du respect de la décision de rétention des notes des élèves.
Rappelons que le 15 juillet 2023, le ministère de l’Education avait décidé de démettre 350 directeurs d’écoles primaires de leurs fonctions et de saisir le salaire d’un mois de 17 mille instituteurs qui ont refusé de remettre les notes des examens des élèves à l’administration en signe de protestation contre la non satisfaction de leurs revendications.
Et le 23 juillet 2023, l’organe administratif sectoriel de l’éducation de base a décidé de lever la décision de retenir les notes.
Dans ce contexte, la fédération accuse le ministère de l’Éducation de perpétuer ce qu’elle considérait comme un « coup d’État » contre les acquis du secteur, et a exigé qu’il s’abstienne de signer tout procès-verbal qui inclut l’attribution d’une école dont les directeurs ont été relevés de leurs fonctions pour avoir déféré aux décisions des structures syndicales liées au blocage.
« Nous avons perdu une manche, mais nous n’avons pas perdu la bataille »
Le secrétaire général adjoint de la fédération de base, Taoufik Chebbi, dans une précédente déclaration à l’agence de presse TAP, a fait savoir que la fédération invite le ministère à verser les salaires des enseignants qui ont appliqué la décision relative à la rétention des notes des examens et dont le nombre s’élève à environ 17 000 instituteurs. Ces derniers, a-t-il dit, n’ont pas perçu le salaire du mois de juillet bien qu’ils aient remis les notes depuis le 23 du même mois.
Le responsable a souligné que le secteur s’est dit prêt à poursuivre la lutte dès l’ouverture de la prochaine année scolaire après avoir organisé une série de séminaires évaluant les mouvements des enseignants.
« Oui, nous avons perdu une manche, mais nous n’avons pas perdu la bataille et nous ne tolérerons pas que notre secteur soit humilié. Nous reprendrons la lutte dès le lancement de la prochaine année scolaire », a-t-il prévenu.
« Certes, la crise sera reportée à la prochaine année scolaire, mais nous ne parlons pas d’un boycott de la rentrée scolaire », a-t-il déclaré, soulignant que le syndicat reprendra la lutte, après la tenue de réunions d’évaluation pour « élaborer des plans de lutte appropriés ».
Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, s’invitant dans la polémique, a déclaré que le chef du Gouvernement, Ahmed Hachani, doit ouvrir la porte au dialogue social afin de trouver une solution à cette crise « étouffante » vécue par les citoyens tunisiens.
Le syndicat s’est engagé à mettre en œuvre les conventions signées depuis 2019 pour permettre aux enseignants de progresser professionnellement, et à programmer l’affectation des enseignants adjoints (suppléants) par étapes.
En outre, lors de la Journée nationale du savoir, jeudi 10 août 2023, le président Kais Saied a souligné que la question de la rétention des notes ne pourra pas être acceptée à l’avenir, avertissant que « les élèves ne sont pas les otages des enseignants ».
Kais Saied a affirmé que les revendications des enseignants sont légitimes, mais s’engager dans la bataille pour libérer la patrie est un devoir sacré qui leur incombe à tous. « Légalement, la copie d’examen appartient à l’établissement d’enseignement », a-t-il déclaré.








