Une réunion consacrée aux zones humides a été organisée à Tunis, par le ministère de l’Environnement et du Développement durable et le Fonds mondial pour la nature (WWF) en Afrique du Nord.
Elle a permis de débattre des moyens de sensibilisation à la protection de l’environnement en général et surtout à la préservation de ces écosystèmes devenus de plus en plus vulnérables en Tunisie, bien qu’ils soient «vitaux» et «indispensables» pour l’homme et la nature.
Plusieurs intervenants ont évoqué la nécessité de cibler les jeunes générations et aussi les adultes, à travers des « contenus intelligents » et des supports adaptés à la conjoncture actuelle de la digitalisation et de l’innovation, indique TAP. Des pratiques ancestrales pourraient être repensées et revisitées pour sauvegarder et améliorer la gestion des ressources en eau, dont par exemple, les « Majels » (réservoirs et citernes) et les « Foskias » (fontaines)
En ce qui concerne les zones humides, des démarches ont été proposées pour « responsabiliser » et sensibiliser les populations vivant à leur proximité, en leur offrant des alternatives telles que des « emplois verts » pour ne pas porter atteinte aux richesses que recèlent ces zones.
Lors de cette réunion, l’experte en ressources en eau et changements climatique, Raoudha Gafrej, a jugé nécessaire de travailler dans une optique « de respect de la vie et du vivant » en général et aussi celle « du respect des droits de l’homme », pour réussir à ancrer le respect de la nature et l’environnement et partant protéger les sites de grande importance comme les zones humides et les sols.
Il faut mettre l’eau au cœur de toutes les stratégies, y compris celles relatives aux zones humides, car les écosystèmes ont besoin aussi, pour durer, de 30% des ressources en eau renouvelable a t-elle souligné, indiquant qu’en protégeant ces écosystèmes et aussi le sol, «nous protégeons des réservoirs d’eau et des mécanismes qui stockent plus d’eau que les barrages».
Pour des « politiques intégrées »
L’experte a par ailleurs, rappelé que la FAO a intégré l’indicateur « besoin des écosystèmes en eau » dans ses Objectifs de Développement Durable (ODD) et à son indicateur « ODD6 » concernant le « niveau de stress hydrique: prélèvements d’eau douce en proportion des ressources en eau douce disponibles».
En fonction de cette directive, les pays doivent mettre en œuvre des actions concrètes afin de développer des politiques intégrées de développement susceptibles de réconcilier les besoins en eau respectifs de l’agriculture et des écosystèmes.
Gafrej a encore, recommandé d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau pour la production alimentaire et la sauvegarde des écosystèmes naturels.
Membre depuis 1981 de la Convention Ramsar, traité international visant la conservation et l’utilisation durable des zones humides, la Tunisie compte environ 950 zones humides (y compris les barrages) dont 42 sont d’une importance internationale (Ramsar). Ces zones abritent une riche biodiversité et accueillent annuellement, près de 500 mille oiseaux.
Il convient de signaler que la Tunisie recèle une importante richesse spécifique (407 espèces), caractérisée par un taux d’endémisme relativement élevé (8,7 %), un grand nombre d’espèces rares, menacées et endémiques (118 espèces, dont 102 très rares et rares) et une grande diversité.
Les espèces rares menacées de disparition
Une étude menée par un groupes de chercheurs tunisiens met clairement en évidence la menace de disparition à court terme qui concerne la grande majorité des espèces rares des zones humides tunisiennes. Ce sont en effet très souvent des espèces à répartition morcelée et/ou réduite, et qui occupent des milieux extrêmement fragiles et fortement perturbés par les activités humaines (urbanisation, drainage, agriculture, pollution…).
Cette étude constitue une base pour d’autres plus ciblées portant sur le fonctionnement et la diversité des zones humides. Il apparaît nécessaire et urgent de poursuivre le travail initié depuis 3 ans, en conduisant des prospections systématiques des zones humides de la Tunisie à différentes périodes de l’année et sur plusieurs cycles annuels successifs, de mener en parallèle des études d’écologie fonctionnelle dans le but de mieux comprendre les processus et les déterminismes de la répartition de ces communautés à forte valeur patrimoniale, et de proposer sur ces bases des éléments concrets en vue de la conservation et de la gestion durable des zones humides de Tunisie.








