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jeudi 4 juin 2020
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Des jeunes ont transformé Corona en une opportunité. L’administration reste amorphe

Jamais un malheur ne vient tout seul, et dans toute catastrophe, il y a presque toujours un côté positif. L’adage qui dit le malheur des uns fait (ou peut faire) le bonheur des autres, est à ce titre à méditer. Encore faut-il savoir se mettre en dehors de l’urgence Corona, et réfléchir aux moyens de faire du malheur, une opportunité. Le besoin est la mère et le moteur de toutes les innovations, disait un autre adage qui se vérifie encore une fois lors de cette pandémie. A regarder le reste du monde, on trouve plusieurs exemples dans le monde, et en Tunisie aussi, qui attestent la véracité des deux adages, et on peut à ce titre partout citer quelques exemples.

Les meilleurs exemples nous arrivent de Chine où on a su construire des hôpitaux et transformer des usines pour fabriquer des masques en un temps record. La Corée du Sud qui fait un suivi digital des personnes contaminées, et qui a inventé un test pour détecter le Corona au volant de sa propre voiture ou tout simplement dans la rue. Un test, qui plus est, ne coûte que 4 dollars US et qui donne le résultat au bout de 15 minutes. Ceci, alors qu’en Tunisie le test importé coûte, selon le ministère de la Santé publique, 750 DD pour le kit, et qu’il faudra 7 heures pour avoir le résultat. Cela, outre le fait qu’il n’existe que 2 laboratoires d’analyses, l’un à l’Hôpital de la Rabta, et l’autre à l’Institut Pasteur de Tunis.

Plusieurs pays et des chefs d’État et de gouvernement ont constitué des groupes de réflexion pour trouver des solutions immédiates et simples dans plusieurs domaines, que ce soit le médical comme le président français Emanuel Macron, ou le président américain Donald Trump, avec les barons de l’industrie pharmaceutique pour trouver des vaccins. Ces pays ont déployé de grands budgets pour la recherche scientifique pour des applications digitales aux fins du suivi des personnes contaminées.

Certes, la Tunisie et le monde politique se sont signalés par quelques timides actions, comme la réunion du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh avec les présidents des sociétés opérant dans le secteur de l’industrie pharmaceutique et le président de l’Ordre des médecins de libre pratique.  Mais ces initiatives restent très limitées. Il devra y avoir plusieurs groupes de crise dans chaque ministère, réunissant les opérateurs publics et les chefs d’entreprise privés, pour proposer et trouver des solutions immédiates, chacun dans son domaine ; le ministère de l’Industrie pour rechercher avec les professionnels des solutions rapides pour la fabrication de masques, de matériel et de l’hydrogel, et le ministère de la Santé pour solutionner des problématiques de médicaments antirétroviraux et alléger les procédures de l’AMM pour les laboratoires qui proposent des médicaments gratuits, ou l’organisation du dépistage à grande échelle, et la recherche d’un vaccin, pourquoi pas. Pour mémoire sachez qu’un franco-tunisien, Docteur Charles Nicole, Directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, a eu le prix Nobel de médecine en 1928 pour ses travaux sur l’épidémie du typhus qui sévissait en Tunisie.

Le ministre des Tic pourra chercher avec les professionnels privés et publics du secteur des solutions de digitalisation des services publics, et raisonner les professeurs qui s’opposent à l’enseignement en ligne.  Tout comme le suivi en temps réel des malades confinés par GPS par leur GSM ou une puce dédiée. Le ministère du Commerce, de son côté, pourrait chercher à booster le E-commerce et les commandes en ligne avec livraison à domicile avec les acteurs de la grande distribution dans une optique de confinement intégral et total. Il est dommage de constater encore que l’administration reste amorphe et toujours bloquée dans ses procédures d’un autre temps, empêchant ainsi la Tunisie de faire sa seconde et vraie révolution.

La Tunisie regorge pourtant de compétences et d’entreprises innovantes dont certaines ont déjà déployé des solutions pratiques.  On pourrait citer, au moins, les cas de trois entreprises. D’abord, celui de cette Start up de Sousse qui vient de développer un robot de surveillance mis à la disposition du ministère de l’Intérieur.

Ou encore le Boot qui vous répond sur toutes les questions sur la Corona mis au point par une autre Start up à Tunis.  On pourrait finir par saluer les étudiants de l’Ecole des ingénieurs de Sousse qui ont su utiliser la technologie d’impression 3 D pour mettre au point et fabriquer plus de 400 masques à base de plexiglas et qui ont été distribués gratuitement aux hôpitaux publics.

Les pouvoirs publics doivent faire appel au génie tunisien, aux chercheurs aux industriels, et aux chefs d’entreprises privées, aux jeunes et même décerner des prix pour toute innovation, solution ou produit pour contrer ce fléau qui s’est installé dans nos murs et qui va durer au moins 3 mois.

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