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Des lois Fast-Food

AM*

La loi sur les artistes, la loi relative aux chèques sans provision, la loi sur la sous-traitance et la prétendue loi sur le travail… Toutes ces lois ont été adoptées dans un esprit populiste, sans étude sérieuse de leurs répercussions économiques et sociales. Elles sont devenues des lois « fast-food », dépourvues de vision et de réelle ambition réformatrice, n’offrant que des slogans pour la consommation politique et les surenchères.

Aujourd’hui s’ajoute à cette liste la loi de finances pour 2026, qui comporte des engagements, des dépenses et des dispositions additionnelles sans qu’une réflexion approfondie n’ait été menée sur la manière de générer les recettes réelles capables de couvrir ces charges. Et ce, alors que l’État traverse une crise financière et économique étouffante, marquée par un net recul de l’investissement, de la croissance et du pouvoir d’achat.

  • Il valait mieux augmenter le quota des voitures pour les concessionnaires

S’y ajoute également la loi populiste autorisant tout citoyen à importer, contre devises, une voiture de plus de sept ans d’âge, sans envisager le danger de transformer la Tunisie en décharge à ferraille et à épaves de voitures d’occasion. Sans mesurer non plus les pressions supplémentaires que cela ferait peser sur les réserves en devises, les infrastructures et l’environnement.

Au lieu de promulguer des lois inapplicables ou aux conséquences graves, il eût été bien plus sage d’augmenter le quota de voitures populaires, d’y ajouter d’autres catégories à des prix différenciés respectant le pouvoir d’achat des citoyens, et de s’orienter vers les voitures électriques modernes qui constituent l’avenir des transports et de l’énergie. Cela vaudrait mieux que d’engloutir le pays dans des rustines et des solutions démagogiques, impossibles à concrétiser sur le terrain.

  • Loi sur les chèques : craintes des effets négatifs

Même les modifications relatives aux chèques sans provision ont suscité une vive controverse dans les milieux économiques et juridiques, en raison de leur impact direct sur les transactions commerciales et la confiance financière. De nombreux professionnels et chefs d’entreprise ont exprimé leurs craintes quant aux effets négatifs sur le climat des affaires, en l’absence de solutions économiques et financières globales, qui traiteraient la crise à la racine, au lieu de se contenter de mesures temporaires.

  • Codes de l’investissement et des changes : éviter l’improvisation

Par ailleurs, la réforme du code d’investissement et du code des changes ne peut se faire de manière isolée ou improvisée. Elle doit être complète et cohérente entre les différents textes législatifs, afin d’éviter que l’État ne tombe dans de nouvelles contradictions juridiques qui entraveraient l’investissement au lieu de le soutenir. Ces réformes cruciales doivent être menées avec la participation de toutes les parties prenantes, notamment le gouvernement dans toutes ses composantes et la banque centrale, ainsi qu’en consultation avec le secteur privé, les organisations professionnelles et les experts économiques. Car l’économie réelle repose avant tout sur le secteur privé, créateur de richesse et d’emplois, tandis que le rôle du gouvernement doit rester correctif et régulateur, afin d’offrir un climat propice à l’investissement et à la croissance. Quant à l’Assemblée des représentants du peuple, sa mission principale devrait être d’amender et d’équilibrer entre les différentes parties pour garantir des lois applicables et bénéficiant du plus large consensus possible, et non d’adopter des lois populistes ou hâtives qui resteraient lettre morte et ne verraient jamais le jour.

  • Arrêter les PL en cours à l’ARP avant la catastrophe              

Aujourd’hui, il est impératif de stopper tous les projets de loi en cours d’examen au sein des commissions, en particulier le code d’investissement et le code des changes, avant que la catastrophe ne soit consommée et que l’économie tunisienne ne s’effondre sous l’effet de l’insouciance, des erreurs d’appréciation et de l’absence d’une vision économique claire. Parce que l’économie ne se gère ni par les slogans ni par les surenchères, mais par la confiance, la stabilité, l’encouragement à l’investissement, la protection des entreprises et des emplois.

Poursuivre l’adoption de lois confuses et précipitées ne ferait qu’accélérer la fuite des investisseurs, paralyser le circuit économique et asphyxier un secteur privé qui souffre déjà d’une situation catastrophique, au moment où la Tunisie a plus que jamais besoin de réformes profondes et réfléchies capables de restaurer la confiance en l’État et en l’économie nationale.

La Tunisie a aujourd’hui besoin d’un véritable sauvetage économique, et non d’expérimentations ni de législations improvisées qui pourraient précipiter le pays dans un effondrement encore plus grave que celui que nous vivons actuellement.

*Statut fb de Halim Bousema, député indépendant

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