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lundi 6 juillet 2020
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Désaccords sous la coupole : La Tunisie craint-elle d’éventuels conflits politiques ?

La période à venir en Tunisie semble devoir être complètement différente de celle qui est la sienne actuellment. Les désaccords et les conflits entre les présidents de la République et du Parlement, ainsi que les positions des politiciens et des groupes parlementaires, ont créé un terrain propice aux tensions dans le paysage politique du pays.

 Depuis l’annonce des résultats des élections législatives, la dispersion, la division et les clivages  se sont installés et intensifiés sur la scène politique. Ces désaccords ont abouti à un conflit politique entre les différentes parties. D’où la propension de ces dernières à avoir recours à tous les moyens pour atteindre leurs objectifs.

Des messages cryptés

Ces désaccords se sont révélés à travers le discours du président de la République, Kais Saied, dans la nuit de l’Aïd Al Fitr, où il avait lancé des messages implicites à plusieurs parties. Des messages ambigus et flous.
Dans son allocution, il a souligné qu’il présentera des initiatives législatives, en disant: « Que chaque partie assume ses pleines responsabilités devant Dieu, devant le peuple et devant l’histoire ».

Il a, ainsi, fait savoir que chaque citoyen a le droit à une vie digne, où sa liberté est préservée.
Sur un ton sévère, il a averti que  » quiconque compte semer le chaos et commettre des incendies volontaires sera sévèrement puni’’.

‘’Notre peuple n’a fait que réclamer son droit à la vie’’, a déclaré Saied. « Notre peuple veut une patrie où la dignité est préservée. Un pays dans lequel ses droits sont garantis. Tels ont été les propos du président de la République Kais Saied. Et de nombreux analystes ont qualifié ses messages de cryptés et indirects visant certaines parties… Selon eux, il s’agit de conflits profonds et des désaccords non annoncés.

Un appel au calme

De son côté, le même jour et à la même occasion, le président de l’Assemblée  des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, s’est adressé au peuple tunisien. Il l’a appelé à « la solidarité, au  calme et à l’harmonie ».
 ‘’Après le succès de la transition démocratique et politique, nous devons nous tourner vers la société, en particulier les catégories démunies et défavorisés pour atteindre nos objectifs.’’, a-t-il dit.

Selon lui, le pari aujourd’hui est de réussir en matière de développement… de vivre ce succès, comme celui en politique, dans la justice sociale ainsi que la liberté.

Pour sa part, le bureau exécutif du mouvement Ennahdha, a estimé que le mouvement a été la cible de campagnes de dénigrement. Des campagnes qui visent ses dirigeants, en particulier son président Rached Ghannouchi, et ce à travers les rumeurs et des mensonges, a-t-il dit.

Des tensions sous la coupole

Les tensions sous la coupole du Parlement se poursuivent depuis le début de la Législature. Certains considèrent que le président du Parlement abuse de ses prérogatives, définies par la Constitution et le Parlement et ce, après avoir été informés du contenu de l’entretien téléphonique entre lui et Al-Sarraj. En effet, la position prise par le président de l’Assemblée du peuple donne à penser  que la Tunisie contribuait à alimenter le conflit armé qui
déchire la Libye.

Pour sa part, le vice-président de l’ARP, Tarek Ftiti, a déclaré, lors d’une intervention radiophonique, que le comportement de Ghannouchi pourrait conduire à une crise diplomatique. Ftiti a, également, ajouté que le chevauchement entre la présidence du Parlement et la présidence du mouvement Ennahdha est devenu une
lourde charge pour le Parlement et lui a causé plusieurs problèmes.

Retirer la confiance à Rached Ghannouchi

À son tour, Abir Moussi, la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), a annoncé vendredi la suspension du sit-in après qu’il a été répondu à ses demandes.

‘’L’objectif d’améliorer la voie politique a été atteint. Reste à retirer la confiance du président du Parlement, Rached Ghannouchi’’, a-t-elle dit.  Selon elle, son parti est l’artisan  d’un nouveau tournant politique en Tunisie.

Il convient de noter que le bureau du PDL a décidé de tenir une séance plénière le 3 juin prochain, pour examiner la liste du PDL ainsi que la diplomatie parlementaire. Une occasion pour questionner Ghannouchi, selon elle.
Il est à préciser  que parmi les désaccords qui peuvent contribuer à alimenter le conflit entre les partis politiques figure la formation d’un nouveau bloc parlementaire en soutien au chef du gouvernement Elyes Fakhfakh.

D’où la publication d’un communiqué par le Mouvement Ennahdha le 14 mai 2020, dans lequel il a exprimé son rejet de cette proposition. Former un nouveau bloc parlementaire au Parlement alimenterait les divisions dans l’ensemble des blocs parlementaires, a-t-il affirmé.

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