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lundi 28 septembre 2020
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Et si Mechichi se faisait plaisir et copiait Saïed !

A peine a-t-il commencé à les recevoir que les partis politiques tunisiens qui avaient oublié que leur vote était une erreur du peuple, se sont mis à se pavaner de nouveau devant les caméras à la sortie de Dar Dhiafa, pour déblatérer sur leurs égos après avoir bu un thé (peut-être, ou une citronnade vu la chaleur) chez Mechichi.

De la fourberie de la position de Bhiri à l’insolence de celle d’Abbou

Le Makhlouf d’Al Karama dit avoir été élu pour gouverner et réclame une équipe gouvernementale à diviser en parts de gâteaux. Le Karoui de Qalb Tounes dit n’avoir aucun problème avec Mechichi. Homme de communication, il attendait certainement de voir s’il lui donne un ou plusieurs portefeuilles pour signifier clairement sa position.
Le Maghzaoui du Mouvement du peuple se retourne contre son partenaire dans le gouvernement d’Elyes Fakhfakh et voudrait un gouvernement sans Ennahdha. La politique n’a pas pour lui de mémoire, lorsqu’il dit que « Ennahdha ne veut pas gouverner avec les autres, mais par les autres ».
Le Nasfi de bloc de la Réforme prêche pour trêve politique, alors qu’il est déjà en vacances parlementaires. Le Abbou du parti de la bicyclette [ar], ose dire que « ce qui s’est passé avec le précédent gouvernement en termes de chantage et de blocage de toute tentative de lutte contre la corruption ne doit pas se reproduire ». Il oubliait, lui aussi, que le principal chantage était alors le sien, pour le nombre de portefeuilles qu’il réclamait.
Habitué dans son parti à la règle du secret dans la fourberie, le Bhiri d’Ennahdha qui avait signé un pacte avec un Fakhfakh qui avait été aussi choisi par le chef de l’Etat, s’était borné à dire que « le but est d’approfondir les discussions pour parvenir à la formation du gouvernement dans les plus proches délais et le soumettre au vote de confiance au parlement ». Spécialiste des pactes secrets, Rached Ghannouchi qui aurait aussi fait pacte avec ceux qui voulaient le descendre du perchoir, tentera-t-il la même chose avec Mechichi ?

Re-Pacte, ou Re-méthode Saïed ?

Tels ont donc été, en tout cas, les premières réactions des représentants de partis, jusque-là reçus par Hichem Mechichi. Personne, à la sortie de Dar Dhiafa, n’avait la tête de quelqu’un qui aurait obtenu ce qu’il voulait. Personne n’avait donné, à travers ses déclarations, l’impression qu’il avait compris ce que l’actuel ministre de l’Intérieur chargé de former le 8ème gouvernement, voudrait faire.
On sait pourtant, selon une personnalité qui pourrait être concernée par le prochain gouvernement et qui avait requis l’anonymat, qu’il n’est pas impossible que Mechichi copie la méthode Saïed. Lors des discussions, écrites, pour le choix de la personnalité la plus apte pour former un gouvernement, le chef de l’Etat n’en avait fait qu’à sa tête. Il avait alors mis de côté toutes les listes de personnalités qui lui avaient été envoyées par les partis, pour ensuite prendre de court tout son monde avec Hichem Mechichi.
Selon cette même source, à laquelle Africanmanager fait confiance, on pourrait en effet s’attendre à ce que Mechichi choisisse directement, et pour certains, en concertation avec son mentor Kais Saïed, les membres de son gouvernement. Il y aurait de nouvelles têtes, et d’autres un peu plus anciennes, indépendamment de la volonté de tous les partis politiques qui se croiraient faiseurs de gouvernements. Il en présenterait alors la liste au chef de l’Etat qui la transmettra à l’ARP. « De toutes les façons, les députés n’auront pas le choix », indique notre source qui reprenait là l’impression générale populaire.
Nous demeurons, cependant, de notre côté, sceptiques quant à la longévité du prochain gouvernement. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. La Tunisie est captive d’un régime d’Assemblée de fait. Et à moins de changer, d’abord, la loi électorale pour éliminer le mode électoral de la représentation proportionnelle, mettre en place la Cour Constitutionnelle pour contrôler les dérives dictatoriales des uns et des autres, et amender la constitution dans ce sens. Or, le tout ne peut se faire qu’à travers l’ARP. Et cette dernière ne se fera pas aisément dépouiller de ses pouvoirs. Une véritable quadrature du cercle !

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