La Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé mercredi ses taux d’intérêt pour la première fois de l’année, dans une proportion jugée trop timorée par le nouveau gouverneur de l’institution, tout juste promu par Donald Trump, qui a suggéré une diminution plus marquée.
La banque centrale des Etats-Unis a sans surprise abaissé ses taux directeurs d’un quart de point de pourcentage. Et une courte majorité de ses responsables ont laissé la porte ouverte à deux baisses supplémentaires d’ici la fin de l’année.
Les taux sont désormais compris entre 4% et 4,25%, soit toujours beaucoup plus élevés que ce que souhaite le président américain.
Aux Etats-Unis, la stratégie monétaire, relevant d’ordinaire d’un monde académique et feutré, a glissé vers la saga politique et la chronique judiciaire.
Donald Trump accuse depuis plusieurs mois la Fed d’avoir trop tardé à assouplir sa politique monétaire. Cette dernière « a eu raison d’attendre », a rétorqué mercredi son patron Jerome Powell.
Un seul responsable, promu par Trump, a voté contre la décision de mercredi: Stephen Miran, qui a rejoint la Fed seulement mardi et qui aurait voulu voir les taux d’intérêt baisser d’un demi-point, selon un communiqué de l’institution.
Miran a jusqu’ici été un défenseur zélé des initiatives du président, dont il dirige le Comité des conseillers économiques (CEA).
Il a pris ses fonctions seulement mardi, juste à temps pour la réunion. Lors d’un processus de nomination express au Sénat à majorité républicaine, il a affirmé qu’il siégerait en toute indépendance.
Il a aussi prévenu qu’il ne démissionnerait pas de son poste à la Maison Blanche, son mandat à la Fed n’étant prévu que pour durer quelques mois.
Le maintien de ce lien avec la présidence a révolté l’opposition démocrate, pour qui il ne fera qu’appliquer les injonctions de Donald Trump à baisser les taux.
Interrogé sur ce sujet, Jerome Powell a souligné que la Fed était « fermement déterminée à préserver (son) indépendance ».
Il a aussi refusé de commenter une affaire judiciaire en cours concernant une autre responsable de la Fed, Lisa Cook, que Donald Trump veut évincer, l’accusant d’avoir menti à des banques pour obtenir des prêts immobiliers personnels.








