La réponse à la vague de feux de forêt qui ravagent maintes régions de la Tunisie suggéré qu’elle se limiterait à circonscrire le sinistre bien danvantage qu’à prendre soin du sinistré. .Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), tout en insistant sur l’impératif de fournir l’accompagnement économique, social et psychologique aux personnes sinistrées, appelle l’État « à accorder les indemnisations nécessaires à tous ceux dont le logement ou la source de revenus ont été touchés par les incendies ». Il a l également préconisé une gestion plus efficace du Fonds d’indemnisation des dommages résultant des catastrophes naturelles.
L’organisation a, en outre, exhorté l’autorité de tutelle à renforcer les planification et d’anticipation dans le cadre de la stratégie nationale de prévention des incendies de forêt, afin de renforcer la capacité d’adaptation aux changements climatiques et de dépasser la simple intervention une fois la catastrophe survenue.
Dans le même contexte, le Forum a souligné la nécessité de réviser le système de gestion des zones forestières et de leurs périmètres, et d’adopter une approche participative permettant d’intégrer les habitants des zones forestières et les acteurs locaux dans les programmes de prévention et de lutte contre les incendies, considérant qu’ils sont les mieux placés pour détecter les risques à un stade précoce.
Plusieurs régions tunisiennes ont été récemment en proie à de violents incendies de forêts, dans un contexte climatique exceptionnel marqué par une hausse des températures et une vague de chaleur intense ayant atteint des niveaux records et persisté pendant plus d’une semaine, causant d’importants dégâts aux ressources forestières et aux terres agricoles menaçant ainsi la sécurité des populations et leurs moyens de subsistance, notamment dans les zones rurales et forestières.
Environ 4400 hectares de superficies forestières ont été ravagées par les incendies entre le 1er mai et 23 juillet 2026, contre 2705 hectares durant la même période de l’année dernière, avait déclaré à TAP le Directeur Général des Forêts de Tunisie au ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Mohamed Naoufel Ben Haha.
Entre le 11 et le 22 juillet courant , la Tunisie a enregistré 90 feux de forêt qui se sont principalement concentrés dans les forêts de Jbel Touila, relevant de la délégation de Nebeur, et de Jbel Tekrouna, relevant de la délégation de Sakiet Sidi Youssef (gouvernorat du Kef), dans la forêt de Cap Negro, relevant de la délégation de Nefza (gouvernorat de Béja), ainsi qu’à Jbel Ennadour à Rafraf et Jbel Sidi Ali Mekki (gouvernorat de Bizerte), Jbel Chahma (gouvernorat de Zaghouan) et dans la forêt d’Aïn Draham (gouvernorat de Jendouba), selon l’Office national de la Protection civile.
Cette vague d’incendies a affecté le couvert végétal, entraîné la mort de plusieurs animaux, détruit des cultures agricoles et des ruches, provoqué l’évacuation de plusieurs habitants et privé de nombreuses familles de leurs moyens de subsistance, mettant ainsi en évidence l’ampleur croissante des pertes environnementales et économiques subies par le couvert forestier et les communautés locales, regrette le FTDES.
Des « dysfonctionnements chroniques »
Pour le Forum , ces incendies traduisent « des dysfonctionnements structurels chroniques en matière de prévention, d’anticipation et de gestion des risques environnementaux », citant, à cet égard, l’insuffisance des effectifs des gardes forestiers, qui restent disproportionnés par rapport à l’étendue des zones forestières menacées et à l’ampleur croissante des risques, avec entre 400 et 600 hectares à surveiller par garde.
À cela s’ajoutent la faiblesse des mécanismes de surveillance et d’alerte précoce, ainsi que l’insuffisance de l’entretien des pistes forestières et des pares-feux, selon la même source.
L’organisation a estimé que « l’ensemble de ces lacunes prouve que la stratégie nationale et les politiques publiques actuellement mises en œuvre ne sont plus en mesure de suivre le rythme des changements climatiques accélérés que connaît le pays, notamment au cours de la dernière décennie, étant donné qu’elles manquent de l’efficacité et de l’approche globale nécessaires pour prendre en compte les dimensions sociale, économique et environnementale de l’écosystème forestier ».
Par ailleurs, le forum a salué les efforts des agents des forêts, de la protection civile et des unités de l’Armée nationale, qui ne cessent de se mobiliser pour lutter contre ces incendies durant cette période sensible.
Il a, par la même occasion, appelé les citoyens à adopter des comportements responsables et respectueux de l’environnement, contribuant à réduire les causes humaines des incendies, les exhortant également à organiser et à participer à des campagnes de reboisement visant à restaurer le couvert forestier dans les zones sinistrées.








