AM*
Malgré un environnement économique tunisien toujours contraint, Fitch Ratings confirme la solidité relative de l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI). L’agence maintient la note internationale à long terme à « B » avec perspective stable, tout en soulignant la forte dépendance de la banque au risque souverain.
L’agence de notation internationale Fitch Ratings a confirmé, le 3 mars 2026, la note de défaut émetteur à long terme (Long-Term Issuer Default Rating – IDR) de l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI) à « B », assortie d’une perspective stable.
Cette décision reflète l’opinion de Fitch selon laquelle la banque continue de disposer d’une capacité adéquate à honorer ses obligations financières à long terme dans le contexte actuel. La perspective stable signifie que l’agence s’attend à ce que les principaux facteurs de risque sous-jacents à la notation demeurent globalement inchangés au cours des 12 à 18 prochains mois.
- Un environnement opérationnel contraint
Fitch souligne que la notation de l’UBCI demeure limitée par la faiblesse structurelle de l’environnement opérationnel en Tunisie. L’analyse intègre un contexte marqué par une croissance économique modérée, une inflation persistante et des vulnérabilités macroéconomiques qui continuent de peser sur le système financier national.
Selon l’agence, l’environnement opérationnel devrait rester contraint à court terme, ce qui limite le potentiel d’amélioration significative de la notation. La qualité de crédit des banques tunisiennes reste en effet fortement corrélée à la situation souveraine du pays, élément central dans l’évaluation du risque bancaire.
- Une solvabilité autonome jugée adéquate
Malgré ce contexte, Fitch considère que la solvabilité autonome de l’UBCI — reflétée par sa solidité financière intrinsèque — soutient la notation actuelle.
L’agence met en avant plusieurs éléments. En premier lieu, des indicateurs de qualité des actifs jugés raisonnables. En second lieu, une rentabilité stable, bien que modeste, et enfin une structure de financement satisfaisante, reposant principalement sur une base de dépôts domestiques.
Ces facteurs contribuent à l’évaluation globale de la banque et attestent d’une capacité à absorber des chocs modérés, même dans un environnement macroéconomique difficile.
Fitch estime ainsi que l’UBCI maintient un profil de risque cohérent avec une notation « B », catégorie qui correspond à une capacité actuellement adéquate à honorer ses engagements financiers, mais plus vulnérable à une détérioration des conditions économiques que les catégories supérieures.
- Sensibilité au risque souverain
L’agence rappelle que la notation de l’UBCI est fortement influencée par la notation souveraine de la Tunisie. L’exposition importante de la banque au marché domestique signifie que son profil de crédit demeure étroitement lié à la capacité de l’État tunisien à stabiliser son environnement macroéconomique et financier.
Cette sensibilité au risque souverain agit comme un plafond implicite sur la notation des établissements financiers locaux. Une dégradation de la note souveraine pourrait ainsi exercer une pression négative sur les notations bancaires, indépendamment de la performance intrinsèque de l’institution.
À l’inverse, toute amélioration durable de l’environnement macroéconomique et des finances publiques pourrait soutenir, à terme, une évolution plus favorable.

- Position relative solide de l’UBCI dans le paysage bancaire
Parallèlement à la confirmation de la note internationale à long terme, Fitch a également confirmé les notations nationales de l’UBCI.La banque conserve ainsiune note nationale à long terme de « AA-(tun) » avec perspective stable, ainsi qu’une note nationale à court terme de « F1+(tun) ».
Ces notations nationales traduisent la position relative solide de l’UBCI dans le paysage bancaire tunisien. Elles indiquent que, comparativement aux autres émetteurs opérant dans le même environnement national, la banque présente un profil de crédit parmi les plus robustes.
La distinction entre notation internationale et notation nationale demeure essentielle : la première évalue le risque de crédit dans un contexte global, tandis que la seconde mesure la qualité relative au sein du marché domestique.
Une trajectoire stable à court terme
La perspective stable associée à l’ensemble des notations signifie que Fitch n’anticipe pas de changement majeur dans les fondamentaux de l’UBCI à court terme.
L’agence considère que la qualité des actifs devrait rester globalement maîtrisée, que la rentabilité devrait demeurer stable et que la structure de financement continuera à s’appuyer principalement sur les dépôts domestiques.
Toutefois, l’évolution future dépendra largement de la trajectoire macroéconomique tunisienne. Une détérioration marquée des conditions économiques ou une hausse significative du coût du risque pourraient exercer une pression négative sur la notation. À l’inverse, une amélioration durable de l’environnement national pourrait soutenir une révision plus favorable.








