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Fortes incertitudes sur le tourisme, entre effet papillon et choc des mots de D. Milad

La flèche de la courbe sur la photo derrière le ministre du Tourisme sur l’affiche était à la hausse. La réalité et les déclarations montrent  cependant qu’elle changera cette année 2022 de sens, certes sous l’effet papillon de la guerre entre Europe et Russie, mais pas que ! 

D’abord, parce que, comme le disait la présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), Dorra Milad, «les hôteliers ne sont pas encore prêts pour la reprise de leurs activités». La fille de l’illustre Aziz Miled qui n’aurait jamais été si mauvaise en communication, parlait le 1er mars, lors d’un séminaire organisé sous le thème de « La Tunisie est-elle prête pour la reprise touristique ? », et expliquait cela par « la dégradation de l’état des hôtels ». Des assertions, plutôt maladroites pour une professionnelle d’un secteur où l’image est déterminante, et où le « choc des mots est plus fort que le poids des photos », pour inverser un slogan publicitaire d’une revue française bien connue.

– La maladresse de Dorra Miled

Mais peut-être que Dorra Miled, qui parlait ce jour-là lors d’un séminaire où était présents les banquiers, au nom d’une corporation qui s’apprête à de nouvelles négociations salariales avec l’UGTT, avait-elle noirci le trait d’une manière volontaire. Et peut-être avait-elle oublié le b. a.-ba  du Marketing en période de Booking, et ce que penseraient les T0 que ses confrères courtisent, lorsqu’ils entendront ses affirmations.

Le tourisme tunisien, qui avait enregistré 9 millions de touristes en 2020, ne s’était pas complètement effondré malgré les 3,6 Milliards de pertes de cette année 2020. Comme presque toutes les années depuis bien avant la crise du Covid-19, les hôteliers tunisiens sont demandeurs d’encore plus de crédits bancaires et d’aides de l’Etat, alors que beaucoup roulent en grosses Berlines et que certains d’entre eux se marient en millions de Dinars.

Peut-être avait-elle aussi oublié qu’un bon gestionnaire prévoit toujours un montant à mettre de côté pour la maintenance, que plus d’un hôtelier avait par exemple redéployé ses bus vers d’autres activités pour les maintenir en activité.

Alors premier vice-président de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques (FTRT), Fouad Bouslama avait expliqué en juin 2021, lors d’une séance plénière à l’ARP gelée depuis le 25 juillet 2021, que les dettes litigieuses cumulées des unités touristiques, ont dépassé les 4 mille milliards depuis 35 ans, dont 58% d’intérêts bancaires, et les chiffres évoquent 300 hôtels endettés. Mais tous ne sont pas réellement endettés ou en faillite, et on les voit encore investir, mais dans d’autres secteurs plus lucratifs.

– L’effet papillon russe

Au cours du même séminaire, on a appris que les réservations actuelles sont de l’ordre de 50 % de ce qui a été réalisé durant la même période de 2019, et que « la Tunisie projette d’atteindre cette année 2022 entre 50 et 60 % des entrées touristiques réalisées en 2019 », selon les dires du ministre du Tourisme, Mohamed Moez Belhassine. Le ministre est certes, un tantinet optimiste, mais il est dans son rôle.

Or, on le sait comme un malheur ne vient jamais seul. A peine est-elle sortie de la pandémie du Covid-19 et serait devenue CovideSafe, que la Tunisie tombe sous l’effet de la guerre déclarée par la Russie contre l’Ukraine. 

En 2019, désormais année de référence après celle de 2010 qu’il faudra désormais oublier, la Tunisie avait accueilli quelque 630 mille touristes russes et 33.000 Ukrainiens, et le Booking pour ces deux nationalités serait déjà en place. En 2022, il faudra oublier ces deux nationalités de touristes d’une Europe qui regarde chaque jour les bombes russes, fait le compte de ses centaines de milliers de réfugiés et se prépare au pire. Et ce n’est pas le dernier vote tunisien contre l’agression russe de l’Ukraine qui améliorerait les choses. La Tunisie diplomatique a choisi son camp. Les Européens, dont le tourisme se referme depuis le Covid-19 sur ses terres, le comprendra-t-elle ainsi ?

On comprend ainsi mieux le pessimisme de Houssem Ben Azouz de la Fédération professionnelle mixte du tourisme, qui table plutôt sur la réalisation au mieux de 30 % des chiffres du tourisme pour l’année 2019 lorsque la Tunisie avait accueilli près de 9,5 millions de visiteurs. Un chiffre, qui avait été alors décrit comme étant une performance, puisqu’il était en hausse de 13,6% par rapport à la saison précédente ; et, parallèlement, des recettes en devises en hausse de 35,7% avec plus de 5,6 Milliards de dinars, selon le rapport de l’Office du tourisme tunisien pour cette année-là.  Des chiffres, désormais à oublier, non pas seulement à cause de la conjoncture internationale, mais aussi à cause de certains professionnels du secteur.

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1 COMMENTAIRE

  1. Jamais lu un article pareil qui excelle dans la médiocrité et les chiffres erronés:
    – Comment pouvez-vous prétendre que « le tourisme tunisien avait enregistré 9 millions de touristes en 2020? »
    – Vous affirmez que « beaucoup roulent en grosses Berlines et que certains d’entre eux se marient en millions de Dinars ». Vous voulez qu’ils roulent en 4cv? et qu’est-ce que ça peut résoudre comme problème s’il n’avaient pas de grosses berlines?
    – Vous critiquez la présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), Dorra Milad, quand elle dit: «les hôteliers ne sont pas encore prêts pour la reprise de leurs activités».
    Est-ce que vous voulez qu’elle mente ou fui la réalité?. Il est certain que beaucoup d’hôtels sont délabrés pour manque d’entretien à cause de leur fermeture prolongée.

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