Frederica Mogherini parle du partenariat privilégié avec la Tunisie, mais ne répond...

Frederica Mogherini parle du partenariat privilégié avec la Tunisie, mais ne répond à rien !

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A la veille du Conseil d’Association de l’Union européenne avec la Tunisie prévu pour le 17 mai, et alors que la question de l’accord de l’ALECA avec l’Union européenne fait polémique suscitant un débat très passionné, notamment pour le refuser, l’UE a publié mercredi 15 mai 2019, le nouveau rapport sur les développements dans les relations avec la Tunisie. Le rapport détaille des aspects majeurs de la coopération de début 2018 à mars 2019.

«Nous attachons une importance toute particulière à notre coopération avec la Tunisie, construite sur la base de notre histoire commune, de valeurs partagées et de respect mutuel. Des progrès importants ont été effectués lors de l’année écoulée dans le cadre de notre partenariat privilégié. Cet engagement envers les Tunisiens et l’avenir de la jeunesse spécifiquement, demeure constant pour accompagner l’établissement d’un Etat de droit démocratique durable, d’un pays sûr et prospère», a déclaré la haute représentante/vice-présidente pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini.

«L’UE a continué à mobiliser tous ses instruments de coopération afin d’appuyer notre partenaire tunisien. Ceci s’est traduit en 2018 par un ensemble de mesures d’aide financière se chiffrant à 305 millions d’euros sous forme de dons, le montant le plus élevé jamais alloué à la Tunisie au titre de l’instrument européen de voisinage. Au cours de cette même période, conjointement avec huit institutions financières européennes et internationales, j’ai lancé une initiative sans précédent afin de mettre l’accent sur l’importance pour la Tunisie de mettre en œuvre au plus vite ses engagements de réformes dans les domaines socioéconomiques pour le bénéfice de tous les Tunisiens», a souligné le commissaire à la politique européenne de voisinage et aux négociations d’élargissement Johannes Hahn.

Le rapport est structuré en ligne avec ces priorités stratégiques Tunisie – UE d’ici fin 2020, dans le but de décrire de manière aussi concrète que possible les avancées dans les domaines prioritaires du partenariat. Ces priorités ciblent le développement socio-économique inclusif et durable, la jeunesse, la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme, le rapprochement entre les peuples, la mobilité et la migration, ainsi que la sécurité et la lutte contre le terrorisme.
La Tunisie est engagée depuis 2011 dans une transition démocratique qui reste une source d’espoir au niveau régional et au-delà. Des avancées importantes ont été réalisées en 2018, et notamment la tenue d’élections municipales en mai 2018 que l’UE a pleinement appuyées et qui représentent une étape essentielle du processus de décentralisation. Cependant, le rapport note aussi que la transition ne pourra s’inscrire dans la durée que si elle est accompagnée par des avancées économiques et sociales de même envergure. Ainsi, en cette année d’importantes échéances électorales, il importe de continuer à progresser dans la mise en œuvre des Priorités Stratégiques du Partenariat Tunisie – UE ainsi que du Partenariat pour la Jeunesse Tunisie – UE.

Le rapport note également que les fonds de l’UE alloués à la coopération ont continué à renforcer le Partenariat Privilégié entre les deux parties. L’intense activité des relations pendant l’année écoulée s’est traduite par un engagement sans précédent de l’UE à partir de l’enveloppe de l’instrument de voisinage pour un montant total de 305 millions d’euros, sous forme de dons, dans des secteurs clés comme l’appui à l’innovation et les start-ups, la jeunesse, l’efficacité énergétique, la diversification du tourisme et à la rénovation des quartiers populaires. A ce montant s’ajoutent les lignes thématiques et les programmes régionaux.

  • Ce que Mogherini et Han ne disaient pas

L’UE reste le premier partenaire commercial de la Tunisie, destination d’environ trois quarts de ses exportations et source de plus de la moitié de ses importations en 2018. L’UE demeure le premier investisseur étranger en Tunisie, représentant plus de 85% de tout l’investissement direct étranger dans le pays, et avec plus de 3.000 entreprises européennes employant plus de 300.000 personnes.
Parmi les initiatives majeures en 2018 figurent des programmes d’appui à la compétitivité et aux exportations tant dans le domaine industriel qu’agricole, l’appui à la modernisation de l’administration et à la réforme fiscale, ainsi que l’appui à la préparation et la réduction des risques de catastrophes naturelles. L’impact et les résultats concrets pour les citoyens est au centre du suivi de ces initiatives.

Le communiqué de la Commission européenne oublie pourtant de répondre aux sévères critiques de toute la société civile tunisienne, quant aux dangers de l’accord de l’ALECA pour l’agriculture tunisienne, complètement désarmée en face d’une agriculture européenne hyper-dopée par les aides et les subventions. Le communiqué oublie aussi de répondre aux demandes de la société civile tunisienne pour un équilibrage des discussions de l’ALECA sur le secteur des services, en incluant les discussions sur la liberté de circulation dans l’espace européen aux Tunisiens.

1 COMMENTAIRE

  1. Le rapport de l’UE est plutôt diplomatique qu’objectif, dans la mesure où il ignore les problèmes réels de la Tunisie.
    En nous flattant sur la “transition démocratique”, elle ne fait que flatter une classe politique corrompue et alliée de l’économie souterraine parallèle.
    En appuyant le processus de “décentralisation” après les élections municipales de Mai 2018, l’UE appuie le déliquescence de l’état tunisien et se moque carrément des résultats négatifs de ces élections: combien de conseil municipal est démissionnaire pour incompatibilité entre ses membres à cause de leur divergences politiques? Combien de conseil municipal se trouve dans l’impossibilité de travailler à cause du manque de fonds?
    A quoi ont servi les dons de l’UE sauf à enrichir des politiciens et d’anciens prisonniers véreux?
    Comme vous le notez bien, l’UE n’a pas entendu la voix de la société civile très critique à l’égard de l’ALECA surtout dans son volet agricole.

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