« Le modèle du développement axé sur les industries chimiques polluantes doit être revisé », a fait savoir à l’agence TAP, Mohamed El Kdiri, membre du conseil régional de Gabès.
Le député a appelé dans ce contexte à la mise en place d’un nouveau modèle qui assure un développement durable en mettant en valeur l’emplacement stratégique du gouvernorat de Gabès, ses ressources naturelles et humaines ainsi que ses infrastructures modernes.
Il a par ailleurs invité les autorités concernées à s’engager positivement dans le mouvement pacifique qui se déroule dans la région, soulignant que tous les habitants exigent désormais le démantèlement des unités industrielles polluantes du Groupe Chimique Tunisien (GCT), en raison de la menace réelle qu’elles représentent pour leurs vies.
El Kdiri a expliqué qu’il est temps de sauver le golfe de Gabès en arrêtant le déversement de phosphogypse afin de préserver les ressources en eaux souterraines restantes, qui sont surexploitées dans l’industrie du phosphate. Il a signalé, à ce propos, que tous les indicateurs confirment que le gouvernorat de Gabès peut être un leader dans les secteurs de l’agriculture, des industries propres, du tourisme et des services, une fois la région se débarrassée de la pollution industrielle.
Des députés appellent à des mesures urgentes
Rappelons également que plusieurs autres députés ont appelé à réaliser des études scientifiques approfondies sur les effets de cette pollution sur la santé des habitants de la région et la propagation des maladies cancéreuses, dermatologiques et allergiques.
Lors d’une récente séance plénière, ils ont souligné la nécessité de garantir la gratuité des soins pour les malades victimes de la détérioration de la situation environnementale dans la région proposant la création d’une unité médicale spécialisée dans la détection précoce des cancers et le suivi sanitaire des victimes de la pollution.
D’autres députés ont évoqué les graves dégâts environnementaux causés par les émissions gazeuses toxiques et le rejet annuel de cinq millions de tonnes de phosphogypse en mer, qui ont entraîné une pollution de l’air et de l’eau et la propagation de nombreuses maladies.
La représentation nationale a également critiqué les promesses gouvernementales non tenues et l’absence de résultats concrets dans la lutte contre la pollution, estimant que les gouvernements successifs se sont concentrés sur les bénéfices économiques du Groupe chimique au détriment de la santé et de la qualité de vie des habitants.
Les députés ont, à cet effet, réclamé la mise en place de mécanismes de contrôle et de reddition de comptes pour les responsables de la détérioration de la situation environnementale et sanitaire à Gabès.
Au cours de la séance, le groupe parlementaire « La ligne nationale souveraine » a annoncé son retrait de la plénière, en signe de protestation contre l’absence d’annonce officielle d’un plan stratégique clair prévoyant un calendrier de démantèlement progressif des unités polluantes du Groupe chimique.
Par ailleurs, plusieurs députés ont appelé à renforcer la coordination entre le gouvernement, la société civile et les habitants de Gabès, afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre des solutions sanitaires et environnementales, et de restaurer la confiance entre l’État et la population grâce à la transparence et la communication régulière des résultats des actions entreprises contre la pollution industrielle.








