Gouvernement Jemli : avis partagés et divisions au parlement

Gouvernement Jemli : avis partagés et divisions au parlement

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Les réactions n’ont pas tardé suite à l’annonce très attendue, jeudi, de la composition de la nouvelle équipe gouvernementale proposée par le chef du gouvernement désigné Habib Jemli.

A l’intérieur du parlement, les avis étaient partagés. Contactés vendredi par l’agence TAP, certains députés trouvent que la composition proposée par Jemli comporte de bons profils et d’autres qui laissent planer plus d’un point d’interrogation, ce qui fait que le vote de confiance soit une décision difficile à prendre.
Hassouna Nasfi, président du groupe de la Réforme nationale (15 députés) a indiqué que son bloc se réunira aujourd’hui pour décider. Le chef du gouvernement désigné, s’est engagé à former une équipe indépendante des partis politiques et composée de compétences intègres, a-t-il fait observer ajoutant que seule la pratique permet de le vérifier.

Pour Nasfi certains noms figurant sur la liste de la nouvelle équipe suscitent des interrogations sur leur indépendance et leur compétence.

Le député qui n’écarte par l’éventualité d’apporter des modifications à la liste, juge insensé tout changement ciblant des membres qui font l’objet de réserves, après 45 jours de concertations.
Pour le groupe de la Réforme nationale, la composition proposée par le chef du gouvernement est “insatisfaisante” ce qui rend sa position équivoque à son égard.

De son côté, Abdellatif Aloui, député du groupe de la Coalition Al Karama (21 élus) qualifie la composition proposée de “gouvernement de raccommodage”. Les critères posés par Jemli ne sont plus aujourd’hui en sa faveur. Car Il aurait dû choisir parmi les compétences partisanes, en plus des personnalités indépendantes.

A priori, le groupe Al Karama ne votera pas le gouvernement Jemli, a-t-il affirmé, ne niant pas l’existence d’une petite minorité au sein du bloc qui préfère accorder sa confiance à la nouvelle équipe gouvernementale pour ne pas perdre plus de temps.

Il a indiqué que les réserves du bloc Al Karama concernent le ministre du Tourisme René Trabelsi, le ministre de la Planification et de la Coopération internationale Fadhel Abdelkefi, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé Maha Issaoui et la secrétaire d’Etat chargée de la diplomatie économique et des Tunisiens à l’étranger Sana Skhiri.

Concernant les remous soulevés par certains noms proposés dans l’équipe gouvernementale de Jemli, Belgacem Hassen (Ennahdha, 54 sièges) a déclaré que l’évaluation de l’équipe gouvernementale se fait en aval de son action et non en amont.

” Toutes les personnalités peuvent faire l’objet de critique et de fausses allégations ou d’accusations avérées mais le jugement et l’évaluation doivent se faire sur la base du travail accompli et non en référence à son nom” a déclaré le membre d’Ennahdha.

Il a ajouté que le mouvement Ennahdha a œuvré à ce que le gouvernement soit composé de compétences partisanes, mais étant donné l’échec de cette option suite à de longues tractations, Jemli a opté pour un gouvernement de compétences a-partisanes.
Il a précisé à cet effet, que le choix décidé par le chef du gouvernement désigné n’était pas celui d’Ennahdha.

Selon lui, il est de la responsabilité d’Ennahdha d’accorder sa confiance au gouvernement étant donné que c’est ce parti qui a choisi Habib Jemli. Le Conseil de la Choura se réunira ce samedi pour trancher.
Pour sa part, le porte-parole du bloc Al Moustakbal, (9 députés) Issam Bargougui a fait savoir dans une déclaration accordée à l’Agence TAP que ” la composition du gouvernement proposée par Jemli ne traduit pas la volonté populaire et consacre clairement les calculs partisans “.

” Notre bloc ne votera en faveur du gouvernement, qu’à condition d’apporter les rectifications nécessaires sur sa composition, avec l’impératif d’y impliquer tous les partis politiques ” a déclaré Bargougui.
Pour sa part, Iyadh Elloumi, dirigeant au parti Qalb Tounes, a annoncé, jeudi soir, lors d’une conférence de presse, que le conseil national du parti (38 députés) se tiendra dimanche prochain pour définir la position du parti à l’égard du vote de confiance au gouvernement proposé.
“Le parti va non seulement considérer les noms proposés pour le prochain gouvernement, mais aussi leurs programmes”, a-t-il souligné, précisant que l’éradication de la pauvreté constitue l’une des priorités de Qalb Tounes.
Evoquant la composition du gouvernement Jemli (28 ministres et 14 secrétaires d’Etat), Elloumi a souligné l’existence de “compétences réelles au sein de la composition du gouvernement”, ajoutant “qu’aucune orientation politique particulière ne se dégage de cette composition”.

De son côté, Zouhaier Maghzaoui, député du mouvement Echaâb, a déclaré, vendredi, à la TAP, que le bloc démocratique, regroupant 41 députés du mouvement Echaâb et du Courant démocrate ainsi que des indépendants, a décidé de ne pas accorder sa confiance au gouvernement proposé.

“Ce qui a été qualifié de gouvernement de compétences est dans le fond le gouvernement du mouvement Ennahdha et du parti Qalb Tounes”, a-t-il dit, estimant qu’Ennahdha “aspire à un gouvernement de quotas partisans, dénué de toute vision ou programme politique”.

Mabrouk Korchid, député du mouvement Tahia Tounes, a déclaré, jeudi, à la presse, que le parti (14 députés) ne votera pas la confiance au gouvernement Habib Jemli, estimant que la composition proposée “n’est qu’un gouvernement d’Ennahdha et le chef du gouvernement devrait dire la vérité au peuple tunisien”.
Le Parti destourien libre (PDL) qui compte 17 députés, avait fait part, dans plusieurs occasions, de sa décision de principe de ne pas voter la confiance au gouvernement proposé “tant que c’est un gouvernement Ennahdha”.

Habib Jemli avait annoncé, jeudi, la composition du gouvernement qui est composé de 28 ministres et 14 secrétaires d’Etat.

Le président de la République, Kais Saied, avait signé un message adressé au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, après avoir reçu la liste de l’équipe gouvernementale proposée, mercredi, par le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli.
En vertu de l’article 89 de la Constitution, la composition du gouvernement proposé doit obtenir une majorité absolue au parlement, soit au moins 109 voix.

TAP

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