AccueilLa UNEGrève générale: La Tunisie ferme boutique, le jeudi 16 juin

Grève générale: La Tunisie ferme boutique, le jeudi 16 juin

A la veille de ce jeudi 16 juin, les Tunisiens  sont suspendus à la grève générale décrétée par la puissante organisation syndicale UGTT en réaction à ce qu’elle qualifie d’ « atermoiements du gouvernement qui n’a pas satisfait ses revendications légitimes ». Mesure extrême, la grève générale a ceci de délétère qu’elle frappe de paralysie totale toute activité des services publics et induit un coup énorme pour la communauté nationale, sans parler de l’image qu’elle réfléchit pour les investisseurs, surtout ceux étrangers, auxquels est prêté le projet de s’implanter en Tunisie. 

Dans le même temps, elle porte à un degré plus toxique la relation entre le syndicat, d’une part,  et le gouvernement et le président de la République, d’autre part, déjà assombrie par un contentieux aux multiples épisodes qui empoisonnent d’un moment à l’autre l’ordonnance de la vie publique, troublent les prestations auxquelles ont droit les citoyens, et surtout, laissent de séquelles qu’il sera difficile d’effacer.

Le gouvernement   a été et demeure peu loquace sur la question, sauf pour avertir que « si la grève générale dans le secteur public est maintenue, il aura recours à la réquisition, afin d’assurer le service minimum pour les citoyens », comme l’a déclaré  sont porte-parole,  Nasreddine Nsibi, à quelques heures du débrayage.  Tout en assurant soutenir le droit à la grève et respecter les structures de l’UGTT  et ses institutions, il a affirmé « croire  toujours en la possibilité d’éviter la grève générale ».

Pour l’Organisation ouvrière, ce mouvement est « une opportunité pour les travailleurs d’exprimer leur attachement à leurs droits et manifester leur rejet de toute forme de harcèlement et de menaces y compris la réquisition qui est une mesure anticonstitutionnelle et illégale ».

Un communiqué de la centrale syndicale fait grief au gouvernement de «  de ne pas avoir  accordé suffisamment d’intérêt au préavis de grève publié le 31 mai 2022 suite à la réunion de l’instance administrative nationale le 23 du même mois »  Il rappelle qu’une  réunion s’était tenue lundi dernier, 13 juin, dans le cadre de la commission centrale de réconciliation et n’a pas abouti à des résultats positifs étant donné que le gouvernement n’a pas présenté des solutions à la hauteur des attentes de la centrale syndicale.

Puisant dans sa rhétorique, l’Organisation ouvrière  a dénoncé « la campagne de dénigrement, sans précédent, dont elle est la cible depuis l’annonce de la grève générale estimant que cela ne fait que renforcer les tensions, la violence et l’anarchie ».

« La situation sociale des salariés, toutes catégories confondues, s’est largement détériorée face à hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, la prolifération de la spéculation et de la contrebande et l’augmentation du chômage », note la même  source qui souligne  que « les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir n’ont pas réussi à trouver des solutions à ces problèmes et ont tous adopté des politiques et des choix impopulaires », souligne l’UGTT indiquant que le gouvernement actuel suit la même politique et tient à alourdir les charges des salariés et à ne pas mettre en application les conventions signées précédemment en leur faveur.

La sempiternelle circulaire 20 !

On ajoutera  à la liste de griefs syndicaux l’appel à l’abandon de la circulaire n°20, «  utilisée par tous les responsables pour fermer la porte du dialogue sous prétexte de consulter la présidence du gouvernement et l’autorité de tutelle ». L’Union demande aussi la mise en œuvre de tous les accords signés dans la plupart des secteurs et qui n’ont pas été appliqués, tels que la révision de certains statuts et de nombreuses conventions, ainsi que la réforme des entreprises publiques et l’étude de leur situation au cas par cas afin de les sauver.

Le syndicat a déclaré qu’il rejette le plan  que le gouvernement  projette de mettre en œuvre en matière de compensation et son orientation vers  la levée des subventions et l’octroi d’une indemnisation uniquement aux familles dans le besoin.

Y répondant, le gouvernement  a repris les propositions qu’il avait présentées lors de la  réunion 5+5, le 30 mai dernier, concernant la mise en œuvre des termes de l’accord du 6 février 2021, mettant l’accent sur sa valeur totale qui est de l’ordre de 1 000 millions de dinars dont  160 millions DT  ont été dépensés  et 140 millions de dinars ont été fixés  dans la loi de finances pour l’année en cours. Pour ce qui est du montant restant, estimé à 700 millions de dinars, le gouvernement a proposé d’en mettre en œuvre 25% au cours des années 2022 et 2023, les 50% devant l’ être mis en œuvre entre 2023 et 2024.

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2 Commentaires

  1. dans tous les pays démocratiques les grèves dans le secteur public sont toujours accompagnées par un service minimum garanti dans différents secteurs comme le transport la santé publique la poste etc .. pour ne pas importuner les citoyens et leur rendre services au minima et que les jours de grève ne sont pas payés par l’administration publique sauf en Tunisie qui accuse un gros déficit public que les institutions financières internationales exigent sa réduction avant tout accord d’une nouvelle ligne de crédit et qui distribue de l’argent qui n’a pas sous la pression du syndicat qui n’a pas en face depuis la révolution bénie un homme politique responsable comme les feux visionnaire Bourguiba , le bon gestionnaire Nouira et Ben Ali qui a instauré un contrat triennal d’augmentations négociées de salaire dans le public et le privé évitant les grèves récurrentes dans le pays et encourageant les investisseurs étrangers à s’installer en Tunisie .

  2. La seule conséquence certaine de cette grève est un nouveau coup dur pour l’économie tunisienne , engendrant des difficultés qui ne devraient pas exister.
    L’UGTT et un grand nombre de tunisiens prennent un malin et malsain plaisir à ruiner l’économie de leur pays , gratuitement , et à enlever le pain de la bouche de nos compatriotes pour nourrir un peu plus les Marocains , les Turcs et les Emiratis en leur offrant nos parts de marché sur un plateau en or massif.
    Il est temps de dissoudre ce syndicat mafieux ; l’UGTT , qui prend en otages notre pays et notre peuple , et dirige de facto notre pays , en le jetant contre un mur.
    Tunisiennes Tunisiens REVEILLEZ-VOUS

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